Tom Hanks refuse de remaker le classique 'Harvey' et défend son statut de chef-d'œuvre

Titre original : « N'y touchez pas. C'est parfait, » : Tom Hanks refuse de faire un remake de ce film culte

Hollywood adore recycler ses classiques, mais Tom Hanks sait quand il faut dire non. Pressenti à plusieurs reprises pour le remake du cultissime film d’Henry Koster, l’acteur américain a catégoriquement refusé d’y toucher.

L'industrie cinématographique souffre d'une véritable addiction à la nostalgie. Depuis des décennies, les grands studios hollywoodiens n'hésitent pas à puiser allègrement dans leurs vieux catalogues pour offrir une seconde jeunesse aux succès d'antan. Même si cette démarche est assez souvent critiquée, figurez-vous que certaines des plus grandes stars d'Hollywood s'y investissent tout de même régulièrement. Tom Hanks, par exemple, a déjà prêté ses traits à des réinventions modernes. On se souvient de son rôle décalé dans Ladykillers des frères Joel et Ethan Coen en 2004, une relecture du Quintette de la mort de 1955. Plus récemment, son interprétation poignante dans Le Pire Voisin au monde (2022) n'était autre qu'une adaptation du film suédois Mr. Ove sorti en 2015. Pourtant, l'acteur aux deux Oscars possède une ligne rouge qu'il refuse farouchement de franchir.

Un chef-d'œuvre intouchable du septième art

Le cinéma regorge d'œuvres considérées comme des reliques sacrées. C'est exactement le statut dont jouit l'incontournable Harvey, réalisé par Henry Koster en 1950. Porté par le légendaire James Stewart, ce long-métrage raconte l'histoire rocambolesque d'Elwood P. Dowd, un homme d'apparence tout à fait ordinaire dont le meilleur ami est un lapin géant invisible mesurant plus de deux mètres. Cette comédie fantastique, brillante et atypique, a marqué des générations entières de spectateurs par sa poésie singulière et sa douceur incomparable.

Ce n'est donc pas une véritable surprise si les producteurs hollywoodiens ont longtemps lorgné sur cette pépite pour la remettre au goût du jour. Trouver le bon comédien pour succéder à la légende James Stewart semblait d'ailleurs être une évidence absolue. Avec son aura indéniable de "Monsieur Tout-le-Monde" éminemment attachant et sa bienveillance naturelle à l'écran, Tom Hanks cochait absolument toutes les cases pour reprendre ce flambeau si lourd à porter.

James Stewart

« N'y touchez pas. C'est parfait, » : Tom Hanks refuse de faire un remake de ce film culte

Le refus catégorique face à Steven Spielberg

Les tentatives pour ressusciter ce classique de la comédie ne datent pas d'hier. Dès l'année 1999, la puissante société de production Miramax commence à faire tourner le nom de la star pour porter une toute nouvelle itération du projet. L'idée fait son chemin dans les coulisses de l'industrie, sans jamais vraiment se concrétiser. Mais dix ans plus tard, en 2009, l'affaire prend soudainement une tournure particulièrement sérieuse. Le grand Steven Spielberg en personne exprime publiquement son désir de réaliser ce fameux remake. Ayant déjà collaboré avec l'acteur sur des immenses succès commerciaux comme Il faut sauver le soldat Ryan, Arrête-moi si tu peux ou encore Le Terminal, le prestigieux cinéaste voit logiquement en lui le candidat idéal pour incarner ce personnage lunatique.

La réponse du principal intéressé a pourtant eu le mérite d'être limpide et sans appel. Lors de la vaste tournée promotionnelle du film Seul au monde à l'aube des années 2000, le média américain Entertainment Weekly l'avait directement interrogé sur cette rumeur persistante qui enflait à Hollywood. Tom Hanks n'y était pas allé par quatre chemins pour exprimer son opposition ferme, justifiant sa position avec beaucoup de respect pour l'œuvre originelle.

C'est comme dire que nous allons faire une nouvelle version de La vie est belle ! Pour quoi faire ? Laissez-la tranquille. Le film Harvey est parfait tel qu'il est, merci.

Une histoire ironique d'insatisfaction

Le destin de cette comédie culte cache pourtant un paradoxe assez amusant. Si la star de Forrest Gump considère l'œuvre originale comme littéralement indépassable, d'autres acteurs n'ont clairement pas eu les mêmes scrupules au fil des décennies. Le petit écran a en effet accueilli plusieurs déclinaisons télévisées, mettant notamment en scène des personnalités reconnues de la télévision américaine comme Harry Anderson ou encore l'inénarrable Leslie Nielsen.

La véritable ironie de cette histoire rocambolesque réside toutefois dans l'attitude de James Stewart lui-même. Contrairement à l'adoration inconditionnelle du public pour son rôle mythique, l'acteur n'était pas pleinement convaincu par sa propre prestation dans le long-métrage de 1950. Frustré et animé par une volonté farouche de corriger ses erreurs pour sublimer son jeu d'acteur, il a même lourdement insisté pour reprendre son rôle d'Elwood P. Dowd dans l'une de ces adaptations télévisées mineures. Une formidable leçon d'humilité qui nous rappelle que la perfection d'un grand classique réside bien souvent uniquement dans l'œil émerveillé de celui qui le regarde, et non dans celui de son créateur.