Conflit juridique autour d'un film de science-fiction culte : Luc Besson blanchi des accusations de plagiat pour 23 millions d'euros

Titre original : Ce film de SF culte devant la justice pour plagiat : 23 millions d'euros étaient en jeu !

Est-ce qu’on doit encore présenter encore Le Cinquième Élément ? Sorti sur nos écrans en 1997, le blockbuster spatial à la française signé Luc Besson s’impose aujourd’hui comme un joyau du genre, aussi divertissant que visuellement révolutionnaire. Et si le public a immédiatement adopté les aventures de Korben Dallas et Leeloo, les coulisses de la production cachent un secret bien moins reluisant : une colossale plainte pour plagiat qui aurait pu totalement saborder le projet.

Quand les maîtres attaquent l'élève

Pour comprendre l'origine de ce conflit, il faut plonger dans la jeunesse du cinéaste français. Luc Besson a grandi en dévorant les œuvres de Jean-Claude Mézières et de Jean Giraud, plus connu sous le pseudonyme de Moebius. Fasciné par leurs univers futuristes et dystopiques, le réalisateur n'a pas hésité une seconde lorsque la Warner Bros a donné son feu vert pour le film : il a tout simplement engagé ses deux idoles de toujours pour concevoir le monde visuel du long-métrage.

Au total, sept illustrateurs de génie ont travaillé d'arrache-pied pendant un an, accumulant plus de 8 000 dessins originaux. Puis, l'absence d'un acteur principal idéal force la production à se mettre en pause. La machine s'arrête, et le temps passe avant que le projet ne reparte de plus belle quelques années plus tard.

Une ressemblance un peu trop prononcée ?

C'est précisément au moment de cette relance que le rêve vire au cauchemar. L'univers foisonnant imaginé par Moebius et Mézières prend enfin vie sur grand écran, mais les deux artistes ne font plus partie du voyage. C'est ce quiproquo qui va mettre le feu aux poudres. Estimant que Luc Besson s'est un peu trop largement inspiré de leur chef-d'œuvre de la bande dessinée, L'Incal, Alejandro Jodorowsky et Jean Giraud décident d'attaquer le cinéaste en justice pour plagiat.

Les montants réclamés par les deux auteurs sont astronomiques. Ils exigent pas moins de 13,1 millions d'euros pour concurrence déloyale, 9 millions d'euros au titre des dommages et intérêts, ainsi qu'un pourcentage oscillant entre 2 % et 5 % sur l'ensemble des recettes d'exploitation du film. Pour couronner le tout, Jodorowsky demande personnellement une rallonge de 700 000 euros.

Ce film de SF culte devant la justice pour plagiat : 23 millions d'euros étaient en jeu !

Le verdict sans appel de la justice

La contre-attaque n'aura finalement pas l'effet escompté par les plaignants. En 2004, la justice tranche définitivement en faveur de Luc Besson, balayant les accusations de contrefaçon. Les magistrats ont estimé que les similitudes pointées du doigt ne reposaient que sur de "maigres fragments" de l'œuvre graphique. De plus, la justice a rappelé que Moebius avait été gracieusement rémunéré par la Warner Bros lors de la phase préparatoire, rendant ses concepts légitimement exploitables par la production.

Bien que Luc Besson ait été débouté de sa demande de 100 000 euros pour procédure abusive, le réalisateur s'en sort blanchi, confortant sa place de créateur d'une œuvre majeure de la pop culture.