Redécouverte de Weird Dreams : Un jeu vidéo bizarre et dérangeant des années 80 qui fascine encore aujourd'hui

Titre original : J'ai 19 ans et pourtant, j'ai adoré ce vieux jeu vidéo bizarre sorti il y a presque 40 ans

Le rétrogaming est pour moi un univers incroyable. Mon affection pour les émulateurs en tout genre s’explique donc logiquement. Et il y a quelques années, sur l’un d’entre eux, je suis tombé sur un jeu… pas comme les autres. L’expérience était si particulière qu’encore aujourd’hui, je m’en souviens très nettement.

1989, c’était il y a presque 40 ans. NES, Master System, Atari ST, Amiga 500… toutes ces machines 8 bits sont alors petit à petit remplacées par les consoles de la génération suivante sur le marché vidéoludique, qui lui assiste à la naissance de la rivalité historique entre Nintendo et SEGA. En Europe, Mario n’en est même pas encore à sa troisième “Super” aventure, tandis que Sonic… n’existe tout simplement pas.

Chez nous, l’année 1989 est aussi marquée par la sortie de jeux devenus cultes : SimCity, Prince of Persia, The Revenge of Shinobi ou Populous, pour ne citer qu’eux. Mais au milieu de toutes ces nouveautés, il y a un titre qui est d’abord sorti sur MS-DOS puis sur Atari et Amiga… et qui n’a pas du tout connu le même succès. Un titre aussi intriguant que dérangeant. Un titre qui porte le nom… de Weird Dreams.

J'ai 19 ans et pourtant, j'ai adoré ce vieux jeu vidéo bizarre sorti il y a presque 40 ans

Weird Dreams, ou la quintessence de vos cauchemars les plus bizarres

Je fouille dans la bibliothèque de jeux de mon émulateur, au point de me perdre dans ses tréfonds. Et là, je tombe sur Weird Dreams. Je pense d’abord avoir affaire à un titre horrifique. Mais la jaquette, qui tend plus vers l’étrange que vers l’horreur, attire mon attention… et la description titille ma curiosité. Je me dis “allez, je tente, et puis si j’aime pas j’arrête”.

Dès la cinématique de lancement (ou plutôt l’image fixe, on est qu’en 1989), je comprends que je suis en face d’un jeu qui se défait complètement des codes communs aux œuvres de son époque. Une sensation de malaise monte en moi. Je ne le sais pas encore, mais elle ne me quittera pas tant que je ne serai pas arrivé au bout de l’aventure…

La jaquette (avant/arrière) de la version Atari ST de Weird Dreams.

J'ai 19 ans et pourtant, j'ai adoré ce vieux jeu vidéo bizarre sorti il y a presque 40 ans

Puis le nom du jeu, de ses créateurs et de leur boîte apparaissent à l’écran : “Herman Serrano and James Hutchby - Rainbird”. Mais ce qui n’est pas indiqué, c’est que Weird Dreams est en réalité la séquelle d’un ouvrage écrit par Rupert Goodwins. Dans celui-ci, Steve, amoureux de sa collègue Emily, ignore qu’elle est possédée par un démon nommé Zelloripus.

Après lui avoir fait avaler de mystérieuses pilules, elle gagne progressivement accès à son esprit, provoquant des cauchemars de plus en plus étranges et douloureux. Alors que sa santé se dégrade et qu'aucun médecin ne comprend son état, Steve subit une opération du cerveau qui le plonge dans un ultime rêve.


Des niveaux qui feraient passer Inception pour un rêve ordinaire

Et c’est justement là que l’histoire commence. J’incarne Steve, allongé sur la table d’opération et prêt à retourner dans ses pires cauchemars. Je finis par atterrir dans ce qui paraît être une machine à barbe-à-papa géante. En haut de l’écran, il est indiqué que j’ai 5 vies, que mon rythme cardiaque est à 85% et que mon score est de 0% (normal, je viens de commencer). Le chrono tourne, mais il ne semble pas y avoir de limite de temps.

Je vous explique ce que moi-même je ne savais pas à ce moment-là : le rythme cardiaque remplace la barre de vie habituelle. Si je suis à 75bpm, tout va bien. Si je passe à 100, c’est que je suis en danger. Et si j'approche des 170, je meurs et je perds une vie. Comme il n’y a pas de point de sauvegarde, il faut tout recommencer. Au bout de la cinquième vie, c’est Game Over et retour à l’écran titre. Mon cœur bat de plus en plus vite quand je suis à proximité d’un ennemi, d’un obstacle ou que je me trouve dans la même zone depuis trop longtemps.

J'ai 19 ans et pourtant, j'ai adoré ce vieux jeu vidéo bizarre sorti il y a presque 40 ansJ'ai 19 ans et pourtant, j'ai adoré ce vieux jeu vidéo bizarre sorti il y a presque 40 ans

Bon, c’est pas tout mais il faut que je sorte de cette machine géante. Je laisse les bouts de sucre s’accrocher à moi et j’attrape le bâton qui me tire vers le haut. Maintenant, me voilà face à une abeille plus grande que moi. Ah ! Les bouts de sucre ! Je les disperse au sol pour attirer l’insecte, qui laisse tomber une orbe. C’est ça que je dois récupérer ! Il y en a 3 en tout, et c’est ce qui va me permettre de vaincre le boss final. Un boss qui, je vous préviens d’avance, est assez perturbant.

J'ai 19 ans et pourtant, j'ai adoré ce vieux jeu vidéo bizarre sorti il y a presque 40 ansJ'ai 19 ans et pourtant, j'ai adoré ce vieux jeu vidéo bizarre sorti il y a presque 40 ans

15 minutes. C’est le temps qu’il m’a fallu pour atteindre le boss final. C’est très court, je vous l’accorde, mais ce n’est peut-être pas plus mal au vu de la bizzarerie et de la difficulté des niveaux. Devant moi se dresse un cerveau avec un œil, autour duquel tournent 3 cerveaux que je dois taper avec un poisson. Non, je n'ai pas ingéré de substance douteuse, je vous rassure. Mais cette description résume bien Weird Dreams : des ennemis et des situations à la fois rocambolesques et déstabilisants. Je viens à bout de cette créature, ce qui me ramène sur la table d’opération. Steve est sauvé ! Enfin, presque…


Un jeu que j’adore… presque à contrecoeur

Weird Dreams consiste en une succession de tableaux devant lesquels il faut se triturer l’esprit pour les résoudre et avancer. “Tableaux” n'est pas un terme choisi au hasard, car les différents niveaux du jeu ont été inspirés par les œuvres de Salvador Dalí. Ajoutez à cela des ennemis à l’apparence cauchemardesque, une complexité très élevée par moments, des temps de chargement très longs et une musique… moyenne, et vous obtenez logiquement un jeu dérangeant, presque malaisant.

Mais c’est ça que j’ai adoré. Ce jeu n’est pas comme les autres, c’était déjà un ovni dans l’industrie vidéoludique à sa sortie et c’en est encore un aujourd’hui. Je ne me souviens pas de Weird Dreams pour son protagoniste, son gameplay ou sa musique, mais pour les émotions qu’il a installé en moi le temps de la partie. Jamais aucun jeu ne m’avait mis mal à l’aise sans me dégoûter pour autant. Et je crois que je ne suis pas le seul à partager cet avis.

Edward, créateur de contenu spécialisé dans le jeu vidéo, (@edwardretrodecouverte sur YouTube) a consacré une vidéo entière à ce titre, sur laquelle je suis tombé peu après y avoir joué. Dans celle-ci, il raconte ce qu’il a ressenti face au jeu. Ce malaise mélangé à de la curiosité, je pense que c’est une sensation commune à tous ceux qui ont eu ce titre entre les mains.

Quand vous vous souvenez d’un jeu même des années après y avoir mis les mains dessus, c’est qu’il avait forcément un petit truc en plus. Et pour moi, l’un de ces jeux, c’est Weird Dreams. Alors, si vous voulez vous laisser tenter par l’expérience, c’est disponible sur Steam pour moins de 10€.