Les craintes d'un fan face au spin-off de The Big Bang Theory : entre nostalgie et déception

Titre original : J'ai peur que le nouveau spin-off de The Big Bang Theory ne ruine l'héritage de la série

Quand HBO a annoncé Stuart Fails to Save the Universe, mon sang n’a fait qu’un tour. On parle quand même d’un spin-off de The Big Bang Theory. J’ai cette fâcheuse impression qu’on s’apprête à détruire tout ce qui faisait le charme de la série originale.

The Big Bang Theory, c’était onze ans de rires et de répliques cultes chez une bande de geeks dysfonctionnels. Stuart, le gérant de la boutique de BD, c'était le loser magnifique, le mec touchant qu'on adorait plaindre mais qui restait un second rôle parfait. Le voir propulsé au centre d'une intrigue cosmique en mode sauveur de l'humanité, ça me laisse un vieux goût de trop-plein dans la bouche. On est en plein syndrome du spin-off de trop, celui qui risque de tacher une fin de série pourtant hyper réussie.

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La machine à billets d’HBO est en marche

On ne va pas se mentir, la vraie raison d'être de ce projet, c'est l’argent. Après le carton monumental de Young Sheldon, qui a prouvé qu'on pouvait exploiter la licence en mode nostalgie, les décideurs d'HBO ont vu les dollars s'allumer dans leurs yeux. Ils se sont dit qu'il y avait encore un filon d'or à exploiter et que le public regarderait n'importe quoi tant qu'on y collait l'étiquette de l'univers de Sheldon Cooper. C'est pour moi une stratégie de studio cynique, un calcul comptable pour alimenter la plateforme de streaming.

J'ai peur que le nouveau spin-off de The Big Bang Theory ne ruine l'héritage de la série

Le succès de l'enfance de Sheldon a donné une confiance aveugle aux producteurs, qui pensent aujourd'hui détenir la formule magique du spin-off infaillible. Mais ils oublient que la magie d'une sitcom, ça ne se duplique pas à l'infini dans un laboratoire marketing. À force de vouloir capitaliser sur l'amour des fans, ils risquent surtout de dévaluer la marque. Young Sheldon avait une vraie fraîcheur et une proposition différente, alors qu'ici, on sent pointer la suite purement commerciale déguisée en cadeau pour les fans.


Un scénario vu et revu qui fait flipper

Quand on se penche sur le pitch de Stuart Fails to Save the Universe, on frôle quand même le ridicule. Stuart, le mec qui galère à payer son loyer et qui a peur de son ombre, devient le dernier rempart de la Terre face à une menace cosmique. C'est du vu et revu, une recette de cuisine hollywoodienne qui sent le réchauffé à plein nez. On prend le anti-héros maladroit, on le balance dans une situation surréaliste, et on attend que les gags faciles s'enchaînent. C'est l'opposé de l'humour ancré dans le quotidien qui faisait le sel de la série mère.

J'ai peur que le nouveau spin-off de The Big Bang Theory ne ruine l'héritage de la série

Ce scénario bateau me fait craindre le pire pour la cohérence globale de l'univers. On va se retrouver avec une avalanche de clichés de science-fiction bas de gamme et des situations tellement absurdes qu'elles vont briser toute la tendresse qu'on avait pour le personnage. J'ai l'impression de lire une mauvaise fanfiction écrite par un scénariste en panne d'inspiration, qui coche désespérément toutes les cases du cahier des charges.


Le paradoxe du fan : on va tous regarder quand même

Le pire dans toute cette histoire, c'est que je sais pertinemment comment ça va se finir. On va tous être devant nos écrans le jour du lancement, moi le premier, malgré toutes mes plaintes. C'est le super-pouvoir de la nostalgie qui nous pousse à cliquer sur "Play" même quand on sait qu'on va être déçu. On a tellement partagé de moments avec ces personnages qu'on ressent le besoin viscéral de voir ce qu'ils deviennent, comme pour prendre des nouvelles de vieux copains de fac.

J'ai peur que le nouveau spin-off de The Big Bang Theory ne ruine l'héritage de la série

Les audiences seront probablement au rendez-vous, et HBO fêtera son nouveau coup de génie marketing. On râlera sur Twitter, on critiquera les incohérences de l'intrigue, mais on regardera la saison jusqu'au bout dans l'espoir secret d'apercevoir un caméo de la bande originale. C'est ce qui rend l'entreprise si rentable pour le studio : ils n'ont même pas besoin de faire une bonne série pour cartonner. Notre curiosité et notre attachement au passé suffiront amplement à faire de ce projet un succès, qu'il détruise le mythe ou non.