Vous vous rappelez quand Sony et Nintendo se faisaient une guerre sans merci ? Eh bien, en 2004, le monde du jeu vidéo a tremblé. Les deux mascottes absolues de la PlayStation ont débarqué ensemble… sur Game Boy Advance.
À la fin des années 90, Crash Bandicoot et Spyro le Dragon sont les rois de la PS1. Sauf qu'au début des années 2000, Universal Interactive, qui détient les droits des deux franchises, décide de capitaliser à fond. Les deux héros deviennent multiplateformes et vont avoir droit à leur jeu sur Game Boy Advance. Après avoir développé plusieurs jeux solo réussis pour Crash et Spyro sur ce support, les développeurs de Vicarious Visions se disent qu'il est temps de frapper un grand coup.
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Quand Cortex et Ripto font du troc de méchants
C'est ainsi que naissent deux cartouches distinctes mais interconnectées : Crash Bandicoot : Fusion et Spyro : Fusion. L'histoire commence quand les deux grands méchants des licences, le Dr. Neo Cortex et Ripto se rencontrent par hasard dans le néant spatial. Fatigués de se faire botter les fesses par leurs ennemis jurés respectifs, ils décident d'allier leurs forces et leurs technologies. Les deux vilains ouvrent alors des portails dimensionnels pour fusionner leurs mondes, forçant nos deux héros à intervenir rapidement pour sauver leurs univers.

Au début, c'est le quiproquo. Crash et Spyro se croisent et, persuadés que l'autre est un espion à la solde des méchants, commencent par se friter gentiment. Les deux stars comprennent ensuite qu'elles poursuivent le même but et s'allient pour de bon. Le joueur traverse alors des niveaux truffés de mini-jeux variés (phases de shoot, courses, puzzles) pour collecter des cristaux et libérer les zones de l'emprise du duo maléfique. Finalement, Crash et Spyro battent les méchants à plate-couture lors d'un combat épique, et se quittent bons amis en se promettant de se recroiser autour d'une bonne pile de fruits Wumpa.
Le business du crossover et l'après GBA
Pourquoi un tel projet ? C'est avant tout une stratégie commerciale, directement inspirée du succès colossal de Pokémon. En sortant deux versions en même temps, l'éditeur pousse à l'achat et à l'interaction. Pour débloquer la totalité des cartes à collectionner virtuelles dans chaque jeu, il fallait obligatoirement posséder un câble Link et échanger ses données avec un pote qui avait l'autre cartouche.

C'était un coup de génie marketing pour maximiser les ventes auprès des cours de récré. De plus, réunir ces deux icônes du jeu de plateforme des années 90 permettait de créer un événement nostalgique fort, tout en capitalisant sur le savoir-faire des développeurs de Vicarious Visions qui maîtrisait la GBA sur le bout des doigts.
Après ce double coup d'éclat en 2004, Crash et Spyro ne se sont plus jamais quittés, devenant de vrais running gags de l'industrie. On a pu les revoir s'affronter sur des pistes de karting, notamment dans Crash Nitro Kart ou plus récemment dans le génial Crash Team Racing Nitro-Fueled en 2019, où Spyro était un personnage jouable invité avec son propre circuit.


Le petit dragon a aussi rendu la pareille au marsupial en l'accueillant dans la franchise Skylanders Imaginators en 2016, avec un niveau dédié et des figurines à leur effigie. Même si leurs chemins éditoriaux ont parfois été chaotiques, ces deux-là restent définitivement liés dans le cœur des joueurs, prouvant que les meilleures amitiés naissent parfois d'une rivalité de salon.