Hideo Kojima : Sa collaboration avec l'IA dans un projet artistique pour Prada ne remet pas en question sa vision créative dans le jeu vidéo

Titre original : Hideo Kojima fait volte-face face à l'IA ? Pas vraiment en fait... On vous explique

Hideo Kojima, le papa de Metal Gear et Death Stranding, s’est affiché dans un court-métrage promotionnel pour Prada 100 % généré par IA. Forcément, sur les réseaux, c’est le feu et tout le monde crie à la trahison totale.

Kojima est apparu, il y a quelques semaines, aux côtés du réalisateur Nicolas Winding Refn dans un clip spatial au style ultra-rétro, conçu spécialement pour l'événement "Prada Mode" à New York. Le truc, c'est que le rendu visuel de cette vidéo est entièrement façonné par une intelligence artificielle générative. Pour les fans absolus du créateur japonais, le choc esthétique est particulièrement rude à encaisser. Comment le maître de la mise en scène cinématographique dans le jeu vidéo a-t-il pu valider un tel projet ?

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Le créateur face à la machine

Pourtant, si on reprend les récentes déclarations de Kojima, on se rend vite compte qu'il n'a jamais caché ses "doutes" vis-à-vis de cette nouvelle technologie. Pas plus tard que l'an dernier, lors de diverses interventions, il expliquait de manière très philosophique que pour lui, le véritable rôle des humains était de “rivaliser avec les capacités de l'IA”. Le game designer insistait sur le fait que la création par IA n'était pas pour tout de suite dans le domaine de la fiction.

Mais attention à ne pas surinterpréter ses propos, car Kojima n’est pas du tout un technophobe ringard resté bloqué à l'âge de pierre, et son discours sur la modernité a toujours été plus subtil qu'il n'y paraît. Dans ses sessions de développement pour ses futurs jeux très attendus comme OD ou PHYSINT, il admet volontiers vouloir utiliser l’IA pour optimiser les tâches de production les plus rébarbatives.

L’outil technique l'intéresse donc énormément pour repousser les limites du jeu vidéo, mais il refuse catégoriquement de lui confier la vision artistique globale ou l'écriture du scénario. L'IA doit exécuter les ordres, optimiser les textures, mais sûrement pas décider de la direction émotionnelle ou politique d'un projet de si grande envergure.

Hideo Kojima fait volte-face face à l'IA ? Pas vraiment en fait... On vous explique

Pourquoi Kojima ne trahit personne

Alors, comment expliquer la présence surprise de sa silhouette dans ce fameux clip expérimental pour Prada ? Déjà, il faut comprendre que pour Kojima, une publicité conceptuelle pour une marque de luxe et un jeu vidéo à gros budget, ce n'est pas du tout le même délire créatif ni les mêmes enjeux professionnels. Ce projet visuel mené avec son ami Refn a été pensé dès le départ comme une pure "expérimentation artistique", un terrain de jeu pop et décalé.

Hideo Kojima fait volte-face face à l'IA ? Pas vraiment en fait... On vous explique

Aussi et surtout, Kojima adore traîner avec l'élite d'Hollywood, les grands réalisateurs et les icônes du style mondial. S'afficher fièrement dans un projet ultra conceptuel pour une maison de haute couture comme Prada, cela nourrit énormément son image de marque personnelle d'icône branchée. Pas de panique donc, Kojima ne compte pas confier les clés de ses prochains scénarios complexes à ChatGPT ou Midjourney, il prête simplement son image célèbre pour une collaboration marketing éphémère et un peu geek sur les bords.