Franchement, trois ans à poncer Street Fighter 6, c’est le pied absolu, mais il manque clairement un gros truc dans le tableau. Ou plutôt, il manque quelqu’un de crucial. Personnellement, j’attends désespérément le retour de ce boss originel de Street Fighter II.
Avec les DLC de Street Fighter 6, Capcom nous a régalé en nous ramenant des légendes absolues comme Akuma, ou carrément des invités surprises comme Terry Bogard et Mai Shiranui. Du coup, pas mal de nostalgiques, dont moi, réclament le retour des figures de l'âge d'or des années 90. Sauf qu'entre nous, tous les vétérans ne se valent pas sur le terrain, et il y a aujourd'hui un vide immense, une vraie place vacillante sur le trône de l'originalité, que seul le ninja espagnol de Shadaloo peut combler avec classe.
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Une griffe et un masque pour découper la méta
Regardons un peu ce qu'il reste dans le garage des recalés de Street Fighter II. Si on parle de Fei Long, on ne va pas se mentir, le clone de Bruce Lee est devenu totalement redondant avec le temps. Entre la vitesse pure de Jamie et les styles de kung-fu déjà bien représentés, un énième pratiquant de cet art martial n'apporterait absolument rien de neuf au gameplay actuel. Fei Long ferait clairement de la figuration face à la modernité des nouveaux visages, et son style de combat peinerait à se renouveler.
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Quant à T. Hawk, le géant amérindien, c'est exactement le même problème de doublon, mais en version poids lourd. Le jeu regorge déjà de chopeurs massifs, ultra terrifiants au corps à corps. Entre un Zangief plus en forme et terrifiant que jamais, une Marisa qui détruit des barres de vie entières en deux coups de poing, et la jeune Lily qui fait déjà tout le travail du vent et des armes traditionnelles mexicaines, T. Hawk ferait juste de l'ombre à sa propre tribu.
Balrog le boxeur américain serait, lui aussi, une fausse bonne idée pour renouveler l'expérience. Le profil type du puncheur lourd, qui refuse de kicker et qui passe son temps à foncer en ligne droite avec des "dash punchs", on l'a déjà dans le roster, et en tellement mieux. L'excellent Ed, avec son style de boxe psychique ultra moderne, et stylisé, remplit déjà parfaitement ce rôle de boxeur technique et vif. Vega, à l'inverse, propose un concept de gameplay unique au monde, capable de basculer l’issue du combat d'un style d'allonge chirurgical à un combat à mains nues imprévisible.

L'élégance de Vega au milieu des brutes
Intégrer Vega dans le roster de Street Fighter 6, ce serait un coup de génie thématique et visuel absolu. Le jeu transpire le style urbain, la "street culture" et l'expression de soi par le vêtement et l'attitude. Vega, avec son obsession pour la beauté plastique, son narcissisme poussé jusqu'à la folie et son masque vénitien, collerait magnifiquement à cette ambiance moderne où le look compte autant que la puissance des poings.
De plus, l'univers de ce sixième opus tourne énormément autour de la reconstruction du monde et des traumatismes après la chute définitive de l'organisation criminelle Shadaloo. On sait aussi via le mode solo que Juri, ancienne membre de Shadaloo, se cherche un nouveau but dans la vie, et que Chun-Li éduque la relève après ce triomphe. Voir débarquer un ancien lieutenant de M. Bison, toujours aussi sadique et obsédé par le sang, viendrait pimenter les interactions en mode World Tour de façon magistrale.

Pour finir, sur le pur plan des mécaniques de jeu, Vega apporterait une verticalité aérienne, et une grâce féline qui manquent cruellement au casting actuel de SF6. Face à la brutalité d'un Luke, à la technicité lourde d'un Ryu ou à l'arrogance un peu pop d'un Ken, le style de corrida virevoltant et les sauts contre les murs de Vega offriraient un spectacle absolument parfait pour les tournois. Capcom, s'il vous plaît, écoutez le cœur des fans et rendez-nous notre griffeur espagnol préféré, la scène e-sport n'attend plus que lui pour briller de mille feux.