Imaginez tomber sur un jeu déjà surprenant en lui-même. Maintenant, vous le lancez et vous tombez sur un personnage encore plus déconcertant, au point de ne plus être jouable en dehors de son pays d’origine. Eh bien, c’est exactement ce qu’il s’est passé à la fin des années 1990.
En 1996 sort X-Men vs. Street Fighter sur les bornes d’arcade japonaises. Ce crossover assez inattendu entre Marvel et Capcom, qui va mettre quelques mois à arriver sur les consoles de salon internationales, est le premier d’une longue série qui va finir par compter 7 opus.
Mais ici, c’est sur le second volet de Marvel vs. Capcom que l’on va s’attarder : Marvel Super Heroes vs. Street Fighter, sorti l’année suivante. Car au milieu de tous les personnages stylés qui composent le roster, comme Captain America, Chun-Li, Spider-Man, Ken ou Ryu, il y en a un qui dénote particulièrement (et non, je ne parle pas de Shuma-Gorath).

Un personnage très atypique…
Son nom ? Norimaro. S’il ne vous dit rien, ne vous inquiétez pas, c’est normal. Il n’est ni du MCU (Marvel Cinematic Universe, pour les curieux), ni de l’univers de Street Fighter. Et cerise sur le gâteau, il n’apparaît pas dans la version occidentale du jeu. Un personnage sacrément mystérieux… et bizarre. Au premier coup d'œil, Norimaro semble reprendre tous les clichés du “nerd” : tenue d’écolier japonais, lunettes vissées sur le nez, timidité excessive et hygiène de vie… douteuse.
Ses déplacements et ses attaques diffèrent complètement des autres personnages, ils paraissent chaotiques, comme s’il ne savait pas lui-même ce qu’il faisait là. Pour se défendre, il met son sac sur son visage, tandis que son attaque à longue portée consiste à… jeter tout un tas d’objets de son sac, comme des compas ou des poupées. Il est aussi capable, au milieu du combat, de prendre des photos ou de demander un autographe.


Petite référence vidéoludique : dans l’une de ses attaques spéciales, Norimaro se cosplaye et reprend les tenues de divers figures du jeu vidéo, dont Mega Man. D’ailleurs, certains de ses moves, jugés inappropriés, ont carrément dû être retirés de toutes les versions du jeu. Par exemple, il pouvait penser à un personnage féminin de manière… disons suggestive, et s’effondrer en saignant du nez, ce qui causait des dégâts à l’adversaire.
… mais inconnu au bataillon
Maintenant, il est normal que vous vous demandiez pourquoi un tel personnage a été ajouté à Marvel Super Heroes vs. Street Fighter et surtout, pourquoi il n’est pas dans la version occidentale du jeu. Mais en réalité, la raison est assez logique. Norimaro est inspiré d’un vrai comédien japonais, Noritake Kinashi, qui a gagné en popularité dans les années 1990 grâce à des émissions TV. Ce dernier est d’ailleurs le créateur du personnage et le détenteur de ses droits, à la suite d’un partenariat avec Capcom.

Il est donc évident qu’en dehors du territoire nippon, Norimaro ne parle à personne. C’est une référence très locale. Ajoutez à cela des problèmes de licence avec Marvel, qui ne souhaitait pas voir ce personnage dans un jeu portant le nom de la marque, et vous comprenez mieux pourquoi Capcom a décidé de le retirer des versions américaines et européennes du jeu, sorties en 1999 sur la première PlayStation. Mais ne vous inquiétez pas, où que vous viviez dans le monde, vous pouvez jouer avec Norimaro dans Marvel vs. Capcom Fighting Collection : Arcade Classics, sorti en 2024 !