Les joueurs de Pokémon Go, involontaires contributeurs au développement de drones militaires grâce à leurs données

Titre original : Les joueurs de Pokémon auraient, sans le savoir, participé au développement de drônes militaires américains

Plus de 10 ans après le lancement de Pokémon Go, Niantic Spatial, une branche des développeurs du jeu, a décidé de s’associer à une entreprise travaillant avec des services militaires. Ce partenariat inquiète les joueurs quant à l’utilisation de leurs données.

Sorti en 2016, Pokémon Go a sûrement été le plus gros phénomène en termes de jeu mobile de l’histoire. En même temps, qui n’a jamais rêvé de capturer des Pokémons dans la vraie vie ? Pour autant, même 10 ans plus tard, le jeu continue de vivre avec des mises à jour régulières et une communauté toujours présente.

Selon Active Player, un site estimant l’activité des joueurs dans l’industrie vidéoludique, environ 10 millions de personnes se connectent quotidiennement sur le jeu mobile, une statistique assez impressionnante quand on connaît l’âge du jeu. Cependant, les informations de tous ces joueurs ont probablement été utilisées pour une activité qui n’a rien à voir avec la capture de créature.


Un partenariat assez particulier de la part des développeurs de Pokémon Go

En effet, Niantic Spatial, une société issue de Niantic (développeurs de Pokémon Go), spécialisée dans la cartographie 3D du monde réel, a récemment signé un partenariat avec l’entreprise Vantor, spécialisée dans l’intelligence géospatiale (images satellites, cartographie en 3D, etc) et qui travaille en parallèle pour des services de défense et de renseignement, notamment américains. Le but était donc de mettre en relation l’expertise de Vantor avec les données de Niantic Spatial afin d’améliorer principalement la navigation de drones en cas d’absence de données GPS ou de brouillage de signaux.

Les joueurs de Pokémon auraient, sans le savoir, participé au développement de drônes militaires américains

Pour autant, la fonction scan du jeu permet aux joueurs de scanner un PokéStop en échange de récompenses. Or, si aucune mention de l’utilisation des données de joueurs de Pokémon Go n’a été faite dans leur partenariat, c’est bien de là que Niantic tire son expertise en termes de technologie GPS. Aucune précision n’a non plus été faite concernant la participation de l’entreprise à des événements militaires, pourtant liée à Vantor.

Comme le rapporte Trouw, un média néerlandais, dans son enquête, si l'entreprise utilise bien le système de Niantic Spatial, il est plus que probable que les données des joueurs soient aussi mises à contribution. On parlerait donc d’environ 30 milliards d’images de lieux réels prises par les utilisateurs dans leurs chasses aux Pokémon. Si Vantor a nié leur utilisation directe des données du jeu mobile, ils n’ont pas voulu préciser si l’IA utilisée avait été entraînée grâce à ces dernières, ce qui n’a pas de quoi rassurer les joueurs.


Des prises de parole ambiguës de la part des deux entreprises

La complication supplémentaire vient par ailleurs de cette fameuse intelligence artificielle. En effet, il est difficile de savoir précisément sur quoi une IA a été entraînée, du moins, sans une transparence à 100% de la part des entreprises. Niantic Spatial a d’ailleurs admis avoir utilisé les données de Pokémon Go pour une version antérieure de leur système, avec le consentement des joueurs, ce qui diffère un peu du discours de Vantor.

Pour autant, il y a quelques jours, les développeurs de Pokémon Go ont abordé ce fameux partenariat dans une interview donnée à IGN, précisant que le partage des données ne fait pas partie de l'accord, affirmant donc qu'aucun scan de joueurs n'a été utilisé.

Les joueurs de Pokémon auraient, sans le savoir, participé au développement de drônes militaires américains

Si tout cela semble maintenant à peu près clair, il reste toutefois à voir si les prises de paroles des deux entreprises arrivent à satisfaire les joueurs. A titre personnel, je risque tout de même de faire un peu plus attention aux choses que je scanne au cours de ma carrière de dresseur.