La récente polémique de Stellar Blade : Blood Rain, annoncé lors du Summer Game Fest, permet de s’interroger sur un sujet plus global : la recherche permanente de surenchère de la part des développeurs.
Depuis sa création, le jeu vidéo n’a cessé de créer des polémiques, que ce soit la violence de DOOM ou de Grand Theft Auto, les scènes de sexe de Mass Effect ou encore les choix scénaristiques jugés “woke” de Last of Us 2. Aujourd’hui, une autre critique revient régulièrement : celle de la sexualisation des personnages, principalement féminin. Si cette vision de la femme existe depuis longtemps dans le jeu vidéo, le sujet devient plus délicat quand il concerne des persos à l’apparence très jeune.
Les gacha sont d’ailleurs l’exemple parfait avec des titres comme Genshin Impact, Zenless Zone Zero ou encore NIKKE qui possèdent une partie de leur communauté qui, selon moi, ne joue pas forcément au jeu pour son gameplay. Cependant, la polémique actuelle concerne une licence beaucoup plus récente et déjà très critiquée, Stellar Blade.
Le prochain jeu de Shift Up fait déjà polémique
En effet, comme vous le savez sûrement, le 5 juin 2026, lors du dernier Summer Game Fest, Stellar Blade : Blood Rain a été annoncé par ses développeurs, Shift Up. Le premier titre, sorti en 2024, était un action RPG de science-fiction qui avait déjà été remarqué par le grand public autant pour son univers que par le design de son héroïne Eve. Les développeurs ont donc continué sur leur lancée et ont présenté lors de la conférence leur prochaine protagoniste, Evie, qui a rapidement relancé les débats. Cependant , Shift Up ne s’est pas simplement contenté de garder l’apparence du premier jeu, ils ont en plus rajeuni le personnage, lui donnant un air très enfantin.

La polémique ne sort tout de même pas de nulle part. Le premier Stellar Blade avait déjà fait parler de lui pour ses personnages féminins aux proportions surréalistes, des costumes plus que suggestifs et une communication du créateur, Kim Hyung-tae, qui a toujours assumé ces choix. De plus, si le sujet est un peu plus vif aujourd’hui, ce dernier ne semble toujours pas décidé à calmer les critiques. Au contraire, ce dernier a déclaré que les tenues seront “encore plus attrayantes”, et que “nous avons volontairement fait d’Evie une fille plus petite et plus jeune”. Le studio assume donc complètement leur direction artistique, laissant entendre que la controverse ne modifiera pas leurs choix.
Cependant, le débat ne se résume pas qu’à une simple histoire de sexualisation. Depuis des années, le jeu vidéo est dans une forme de surenchère permanente. Les scènes sont de plus en plus violentes, les sujets abordés plus sensibles et engagés, les mondes plus vastes et le tout plus réaliste. Là où quelques pixels de sang pouvaient choquer les gens à l’époque, des jeux comme GTA V ou Marvel’s Wolverine auraient créé des émeutes. Si cette évolution peut paraître logique, cela peut aussi se traduire par la recherche constante de choc et de buzz.
Des choix artistiques problématiques mais qui sont payants
Dans un monde comme le nôtre, où des dizaines de milliers de jeux sortent chaque année, il est compliqué de se démarquer des autres propositions vidéoludiques. Parmi tout cela, une polémique peut permettre de faire parler d’un titre, le propulsant d’autant plus avec les réseaux sociaux. Résultat, Stellar Blade est maintenant plus connu pour la plastique de ses personnages que par son gameplay et son histoire. Avec ce contexte, il est difficile de ne pas se demander si tout ce “bad buzz” n’est pas recherché par les développeurs, cherchant à tout prix une visibilité et, au passage, un public.

Au sujet de Blood Rain, les développeurs sont certainement allés trop loin en sexualisant à ce point leur personnage principal et en la rajeunissant. Par ailleurs, si certains peuvent expliquer ces choix par une différence de culture entre l'Europe et l'Asie, cela n'en reste pas moins choquant pour nous autres Occidentaux. Au final, le jeu vidéo ne fait que s’adapter à notre société qui en demande toujours plus et va toujours plus loin. Et si Shift Up propose ce genre de visuel, d’autant plus sur une suite, c’est qu’ils ont trouvé un public prêt à payer pour ça... malheureusement.