Le coût des jeux vidéo ne tend pas à diminuer. Mais votre compte en banque, eh bien il souffre. Alors le débat fait rage… et une solution semble émerger. Enfin, une question : seriez-vous favorable à l’intégration de publicités supplémentaires dans vos jeux, si cette stratégie permettait de réduire leur prix ?
L’idée peut sembler presque provocatrice, mais les placements de produit et de marque existent en réalité depuis longtemps dans les jeux vidéo. Depuis les années 1980, pour être plus précis. Pole Position, simulation de course automobile, fait apparaître de vraies marques comme Pepsi ou Canon sur les panneaux entourant le circuit, pour plus de réalisme. Mais Tapper pousse le concept de la publicité encore plus loin. Ce jeu qui vous met dans la peau d’un barman est entièrement conçu autour de la bière Budweiser, qui a financé son développement.
La décennie suivante se révèle être charnière. Avec FIFA IS, NBA Live ou Gran Turismo, le réalisme sportif ne cesse d’être amélioré, notamment avec les panneaux publicitaires en bord terrain ou circuit. Seulement, aujourd’hui, la différence réside dans l’ampleur du phénomène…


Une pratique de plus en plus répandue
Sur mobile d’abord, les pubs sont devenues des éléments à part entière de l’expérience de jeu. Mais si, vous savez, ces vidéos promotionnelles qui coupent votre partie pour obtenir une vie supplémentaire, accélérer une construction ou débloquer une récompense. Souvent détestées (et parfois à juste titre), elles sont pourtant nécessaires pour maintenir l’écosystème du free-to-play en vie. C’est-à-dire que si vous n’avez pas besoin de payer vos jeux mobiles, c’est en grande partie grâce à ces annonces qui génèrent des revenus considérables, en plus des microtransactions. Toutefois, cette logique ne se limite plus au smartphone.
Sur consoles et PC, plusieurs grosses productions ont déjà intégré de vraies marques au sein de leur univers fictif. En haut de cette liste, il y a bien évidemment Death Stranding. Dans le jeu de Hideo Kojima, vous pouvez boire des canettes de Monster pour récupérer de l’énergie. Placement de produit amusant ou intrusion commerciale peu subtile ? À vous d’en décider.

Ce qui est certain, c’est que cette stratégie est amenée à se généraliser, tant les coûts de développement augmentent. À titre d’illustration, un jeu AAA moderne peut maintenant nécessiter plusieurs centaines de millions de dollars si l’on additionne développement, marketing et suivi post-lancement. Dans ce contexte, les gros poissons de l’industrie vidéoludique cherchent de nouvelles sources de revenus. La publicité in-game, sous toutes ses formes, apparaît alors comme une piste de plus en plus sérieuse.
Une stratégie soigneusement réfléchie
Et ça, Electronic Arts l’a bien compris. Depuis plusieurs années, le géant américain développe une branche dédiée à la publicité dans ses jeux vidéo, baptisée EA Advertising. Sa mission principale ? Mettre en relation les annonceurs et les franchises estampillées EA. Et pour intégrer des pubs dans une œuvre vidéoludique, les possibilités sont nombreuses. Comme ce qui se fait actuellement dans de nombreux jeux, les annonces pourraient prendre la forme d’affiches dynamiques, de panneaux actualisés en temps réel ou d’objets sponsorisés intégrés à l’environnement. Mais d’autres alternatives, moins courantes, existent également.

Certaines expériences pourraient proposer plusieurs modèles économiques. Par exemple, un tarif classique sans publicité et une version moins coûteuse car en partie financée par des partenariats commerciaux. Et puis, il reste l’éventualité redoutée par tout joueur qui se respecte : l’interruption vidéo imposée au milieu de la partie. Toutes ces options n’ont pas le même impact sur nos parties. Il est forcément plus facile d’accepter la présence d'une affiche discrètement fondue dans le décor que celle d’une pub bourrine qui met la partie en pause pendant 30 secondes.
Un sujet qui fait couler beaucoup d’encre
Ajoutez à cela la lassitude des consommateurs face à la multiplication des monétisations agressives comme les microtransactions, les battle pass, les contenus premium et autres éditions spéciales, et vous obtenez une communauté méfiante, presque défiante face à la présence de publicités sur les jeux consoles et PC. Personne n’a envie de payer un jeu au prix fort tout en étant exposé à davantage d’annonces. Pour convaincre les joueurs, il est donc nécessaire pour les éditeurs d’équilibrer la balance. Autrement dit, de leur proposer un avantage concret, que ce soit sous la forme d’un tarif réduit, d’un accès gratuit ou de bonus significatifs.
Mais il ne faut pas omettre le fait que les habitudes évoluent rapidement, surtout dans cette société de (sur)consommation dans laquelle on vit. Les plateformes de streaming vidéo et musical ont popularisé les formules financées par la publicité, que de nombreux utilisateurs ont fini par accepter pour réduire leurs dépenses mensuelles. Le jeu vidéo pourrait-il suivre la même trajectoire ? En d’autres termes, aimeriez-vous payer moins cher s'il y avait plus de publicités intégrées pendant vos parties ? N'hésitez pas à donner votre avis via le sondage ci-dessous.