Nostalgie de la Kinect : Retour sur une technologie emblématique des Xbox 360 et One, absente de la Series X/S

Titre original : Les Xbox 360 et One avaient quelque chose qu'aucune autre console ne possède : je suis dégoûté de ne pas le retrouver sur Series…

Vendredi, 16 heures. La cloche sonne. Je sors à tout berzingue de l’école, avec une seule idée en tête : rentrer chez moi pour allumer la Xbox 360 de la maison. Mes jeux favoris du moment ? Pas FIFA 15, GTA V ou Forza Horizon, bien que ces titres n’étaient que pures merveilles, mais 3 jeux… pas comme les autres, disons.

Sur l’écran de la télé, une bille blanche ornée d’un X rayonnant de vert tournoie sur elle-même, accompagnée d’une petite musique qui me procure encore aujourd’hui une sensation de bonheur. Je souffle, soulagé de pouvoir jouer. Ah ! attends ! J’ai oublié quelque chose !

Au-dessus de la télé se trouve un accessoire qui, au premier abord, pourrait passer pour une barre de son ou une caméra de surveillance haute technologie. Mais il n’en est rien.Cet accessoire, vous l’avez peut-être deviné, c’est la Kinect. Il faut bien que je l’allume pour lancer Kinect Adventures, Kinect Sports ou Kinect Héros !

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Une technologie en avance sur son temps…

La Kinect, ou devrais-je dire Project Natal (son nom de code), connaît une sortie mondiale en novembre 2010. Ce périphérique, conçu deux ans plus tôt par Microsoft et d’abord destiné à la Xbox 360, permet de contrôler l’interface de la console sans utiliser de manette. Il détecte votre voix et vos mouvements et les convertit en commandes, ce qui explique d’ailleurs son nom : “Kinect” est un mot-valise composé des termes anglophones “kinetic” et “connect”. Destinée au grand public avec une expérience proche de certains jeux Wii, cette technologie est vendue avec Kinect Adventures pour un prix d’environ 150 euros.

Et c’est un carton. Deux mois après sa sortie, Microsoft annonce avoir vendu huit millions de Kinect, dont un million en seulement dix jours. Quelques semaines plus tard, elle rentre même au Livre Guinness des records comme étant “l’accessoire high-tech le plus vendu dans un court laps de temps”. Mon père et moi avons cédé face à ce joujou pas comme les autres, et n’avons pas regretté notre choix ! En même temps, à l’époque, les promesses étaient grandes et le catalogue paraissait rempli de titres qualitatifs.


… mais désavouée par la communauté Xbox

Au lancement, une dizaine de jeux sont disponibles, en plus des 3 cités précédemment. Parmi eux, on peut retrouver Kinectimals, Kinect Star Wars, Dance Central, Fighters Uncaged ou Sonic Free Riders pour ne citer qu’eux. Le hic ? Après l’effet de nouveauté, il est apparu que peu de jeux exploitent vraiment le potentiel du capteur. Ajoutez à cela la méfiance des joueurs “hardcore”, qui ne veulent pas avoir affaire à des jeux “casuals” et préfèrent garder leur manette et leurs habitudes, et vous obtenez le schéma classique du succès commercial fulgurant qui se transforme petit à petit en échec sur le long-terme.

Les Xbox 360 et One avaient quelque chose qu'aucune autre console ne possède : je suis dégoûté de ne pas le retrouver sur Series…Les Xbox 360 et One avaient quelque chose qu'aucune autre console ne possède : je suis dégoûté de ne pas le retrouver sur Series…

Malheureusement, ce n’est pas tout. À sa sortie, le contrôle vocal de la Kinect ne peut se faire qu’en anglais, en espagnol ou en japonais. Il faudra attendre plus d’un an pour que le français, l’allemand et l’italien ne soient ajoutés à la liste. Mais ce doute planant qui s’installe au fil des mois ne semble pas déranger Microsoft, qui crée une deuxième version de son produit pour accompagner la sortie de la Xbox One et l’arrivée de la console sur PC. Une version qui ne s’est jamais retrouvée dans mes mains, tant son existence semblait déjà dénuée de sens.


Des souvenirs plein la tête

Alors, restons sur la Xbox 360. Ah là là, Kinect Adventures… sans doute le jeu que j’ai le plus saigné parmi les 3. J’avais passé des heures à créer un avatar à mon image (sans le combo bandana + casquette, je vous rassure), j’en étais trop fier. J’adorais ce niveau avec un bateau gonflable, dans lequel il fallait sauter pour se jeter de la cascade et s'accroupir pour atterrir en douceur dans l’eau. À la fin de chaque session de jeu, j’étais en sueur, je m’étais suffisamment défoulé pour la semaine entière mais que nenni, je pensais déjà à reprendre mon aventure le lendemain. La définition du bonheur. Ou plutôt, ma définition du bonheur.

Les Xbox 360 et One avaient quelque chose qu'aucune autre console ne possède : je suis dégoûté de ne pas le retrouver sur Series…

La production de la Kinect s’est arrêtée en 2017, dans l’anonymat le plus total. Mais malgré la logique évidente de la décision, j’ai ressenti ce qui pouvait s’apparenter à du dégoût mêlé à de la tristesse… ou de la nostalgie, sûrement. Mon âme d’enfant aurait adoré voir cette technologie débarquer sur Series, peut-être sous une nouvelle forme, avec une autre utilité ou un catalogue complètement repensé. Passer mes après-midi à lâcher mes meilleurs tirs en finesse, à tenter des strikes ou à échapper aux méchants de mes films Pixar préférés, j’aurais aimé le faire avec mon petit frère. Accepter que tous ces souvenirs soient issus d’une époque dorénavant révolue, c’est difficile à accepter…