Microsoft face à la colère des fans : Gears of War et Clockwork Revolution menacés de non-exclusivité sur PS5

Titre original : Les 2 prochaines exclusivités Xbox finalement sur PS5 ? Microsoft réagit

Xbox assure que Gears of War: E-Day et Clockwork Revolution resteront entre ses mains et qu’ils ne migreront pas sur PS5. Une clarification nécessaire mais peu convaincante, tant la stratégie de Microsoft est devenue difficile à suivre ces derniers mois.

Un ancien trailer de Gears of War : E-Day a récemment fuité et, sur ces images, les logos d’anciennes plateformes, censées accueillir le titre, étaient encore visibles, à l'image de comme PS5.

Ces images ont provoqué un tollé chez les fans, qui se plaignent d’un manque de cohérence chez Xbox. La marque avait pourtant annoncé que certains jeux à licence resteraient exclusifs à Xbox, notamment Gears of War: E-Day et Clockwork Revolution lors du Xbox Games Showcase quelques jours plus tôt.

La réaction de Microsoft

La direction a donc dû réagir. Matthew Ball, directeur de la communication, a affirmé qu’il s’agissait d’une erreur et que les rumeurs de “non-exclusivité” concernant Gears of War: E-Day et Clockwork Revolution étaient fausses. Mais le mal étant fait, il a déclenché une vague d’indignation chez les personnes investies dans l’écosystème Xbox.

En somme, Xbox est souvent soumis à des exigences différentes de celles de ses concurrents, mais surtout parce que Microsoft, sa maison-mère, n’a plus la confiance de son public. Parce qu’en affichant les logos de ses concurrents, Xbox donne l’impression de seulement vouloir vendre des jeux à succès et développés par ses studios propriétaires, et ce au détriment de sa propre plateforme et pérennité.

Affiche du Xbox Games Showcase, 7 juin 2026

Les 2 prochaines exclusivités Xbox finalement sur PS5 ? Microsoft réagit

Un problème sous- jascent

Posons nous une question simple : si les jeux Xbox sortent sur PC, PlayStation, où ailleurs, que reste-t-il à la console Xbox ? Et pourquoi l’acheter ? Et pour aller plus loin, si les nouveaux utilisateurs n’affluent plus, est ce que Microsoft finira par abandonner la Xbox ?

D’autant plus que les produits Xbox ne plaisent plus autant qu’autrefois, en témoigne la fragilité actuelle du Xbox Game Pass. L'immense bibliothèque, accessible via un abonnement, bat désormais de l’aile. Si elle a parfois véhiculé l'impression d'être au dessus des autres — avec des prix abordables, des nouveautés régulières, des collaborations avec de nouveaux studios —, cela n’a duré qu’un temps.

Le financement des studios, la gestion des jeux et des machines, les nouveautés sur le cloud et l’entretien de bonnes relations avec les développeurs est de plus en plus compliqué au vu de la situation tendue au sein de chez Microsoft. Du coup le Gamepass en pâtit.

Quand on habitue les joueurs à toujours être au top de la disponibilité, de la diversité de jeu pour un prix relativement bas… chaque changement fait tâche. Et les joueurs se désintéressent. Quand des jeux sont retirés et les formules d’abonnement modifiées, on est en droit de penser que quelque chose de louche se trame de l’autre côté des studios.

Le cas Gears of War: E-Day et Clockwork Revolution n’est qu’une porte d’entrée vers une problématique plus large : Xbox veut-elle encore défendre sa console comme une vraie plateforme, ou seulement comme une simple passerelle vers ses services ?

Gears of War fait partie des franchises les plus associées à l’identité Xbox et aux consoles que Microsoft peut produire ; des jeux ambitieux et blockbuster à la fois.

Extrait gameplay Gears Of War E-Day (Oct 2026)

Les 2 prochaines exclusivités Xbox finalement sur PS5 ? Microsoft réagit

Donc sur le papier, ce retour aux exclus est assez logique. Après des années à racheter des studios, Xbox doit bien finir par montrer ce qui justifie encore l’existence de sa propre plateforme. Et ce n’est pas comme si elle n’avait pas de quoi faire, avec un portfolio chargé d’immenses licences ! Parmi elles, Fallout, Doom, Diablo, World of Warcraft, Overwatch, Candy Crush et surtout La saga Call of Duty avec Activision.

Plusieurs facteurs aggravants

Depuis plusieurs années, la branche gaming de Microsoft connaît une vague de licenciements dans l’optique de plusieurs plans de restructuration. Ajoutons à cela la fermeture de plusieurs studios acquis par la boîte en 2018. Bref, l’entreprise va mal. Mais cela n’est pas inhabituel dans l’industrie du jeu vidéo.

Dans un communiqué transmis aux équipes le 10 juin dernier, plusieurs problématiques sont soulevées : l’importance de Xbox dans l’industrie vidéoludique, un chiffre d’affaires en baisse par rapport à 2024 et surtout une infrastructure trop complexe, avec trop de filiales et une dépendance à des centaines de fournisseurs. Il se conclut avec l’information suivante : les cent prochains jours seront consacrés à la restructuration de l’entreprise. Asha Sharma, la nouvelle PDG de la boîte a réitéré ces propos lors d'une interview pour Bloomberg Tech le 5 juin.

Asha Sharma, à la tête de Xbox depuis février 2026

Les 2 prochaines exclusivités Xbox finalement sur PS5 ? Microsoft réagit

On sait aussi que les consoles Xbox Series ont du mal face à leur concurrent direct, la PS5, autant dans les ventes que dans la production des consoles. Le prix des composants aurait drastiquement augmenté ces dernières années, menant à des difficultés pour Xbox.

Bien que la direction et les équipes Microsoft aient le mérite d’être transparentes sur les difficultés de l’entreprise, ces révélations ne sont pas bonnes pour la confiance des joueurs ou des investisseurs. Dans ce contexte, annoncer que Gears of War: E-Day et Clockwork Revolution seront bien des exclusivités Xbox n’est absolument pas suffisant pour redresser la boîte comme le promet la direction.

Car Microsoft n’est pas une entreprise qui a besoin du jeu vidéo pour survivre, surtout à l’ère de l’IA. L’entreprise a passé des années à racheter des équipes pour montrer qu’elle avait du contenu. Seulement, la plus grosse entreprise du monde semble saboter son empire jeu vidéo et laisse tomber ses acquisitions.