Final Fantasy Resonance : un portage premium qui redonne vie à un classique mobile et réinvente l'avenir de la saga

Titre original : Ce Final Fantasy reprend le meilleur d'un jeu noté 17/20 et il faut que ça continue !

Le nouveau Final Fantasy a été présenté lors du Nintendo Direct 2026. Un nouvel épisode qui reprend le même concept qu’Octopath Traveler : Champions of the Continent. Une idée que je trouve super maline sur laquelle le studio doit embrayer à fond !

Le phénix renaît de ses cendres mobiles

Ce nouveau projet, c'est Final Fantasy Resonance. Derrière ce titre se cache en réalité le portage premium d’un jeu mobile gacha, à savoir Final Fantasy : Brave Exvius. Pour cette transition sur plateformes de salon, Square Enix a prévu toute l’histoire de la Saison 1, disponible d’un seul bloc. Mais surtout l’intégralité des personnages est directement incluse dans le jeu, sans le moindre achat supplémentaire ou mécanique de loterie frustrante.

Ce procédé de réhabilitation n'est pas inédit pour l'éditeur, qui l'a déjà employé avec brio sur sa licence probablement la plus influente de ces dix dernières années : Octopath Traveler. En décembre 2025, Square Enix avait en effet appliqué exactement la même recette en regroupant le contenu colossal de Octopath Traveler : Champions of the Continent (le préquel mobile du premier épisode, noté d'un superbe 18/20 dans nos colonnes) pour le reverser intégralement dans une version premium sur PC et consoles baptisée Octopath Traveler 0.

Un passif qui donne raison à la stratégie

Si l’on se fie uniquement aux agrégateurs de notes comme Metacritic, ce "Zéro" est synonyme d’excellence avec un solide 84/100 pour 40 évaluations. Ayant moi-même adoré y investir 60 heures de ma vie, j’y ai retrouvé tout le sel de la licence : des musiques incroyables, un système de combat sous tension et une profondeur de gameplay que l’on ne retrouve que trop rarement ailleurs.

Avec le recul, le titre souffre certes un peu de sa nature de portage, affichant une histoire aux allures de patchwork qui peine à tenir debout, surtout en son milieu. Et s'il reste à mes yeux moins bon que l'indétrônable Octopath Traveler 2, il prouve que cette stratégie fonctionne et qu’il y a un public demandeur.

Si l'on ne dispose pas des chiffres exacts par épisode, rappelons tout de même que la franchise Octopath cumule plus de 7 millions d’exemplaires vendus à travers le monde !

On aurait pu penser que c’est le succès critique et commercial d'Octopath Traveler 0 qui a poussé Square Enix à réitérer l’expérience avec Final Fantasy. Pourtant, l'idée vient de plus loin. Comme le rapportent le producteur Keisuke Nakashima et le réalisateur Hiroto Furya dans une interview accordée à IGN au début du mois de juin 2026, le concept mûrit chez eux depuis un long moment :

Si l'on remonte à l'origine de cette idée ou de ce concept, on pourrait dire que cela remonte à environ six ou sept ans. Si j’ai voulu créer ce jeu, c’est parce qu’en observant le paysage actuel de Final Fantasy, on constate que l’évolution vers la 3D est devenue la norme. Les jeux les plus récents proposent un gameplay davantage axé sur l’action, avec des graphismes en 3D, et regorgent d’un contenu très riche et dense. C’est en quelque sorte ce qui constitue aujourd’hui l’expérience Final Fantasy dominante.

Les deux hommes expliquent que ce sont d’abord les retours des joueurs, désireux de profiter d'une expérience complète sur consoles sans l'aspect free-to-play, qui les ont poussés à franchir le pas. À cela s'ajoute un argument financier implacable : concevoir une version payante et définitive d’un jeu mobile déjà existant permet de minimiser drastiquement les coûts de production en rentabilisant les assets originaux. Une logique industrielle et éditoriale implacable que mon collègue Jinxeb a d’ailleurs déjà largement analysée et détaillée dans nos lignes.

L'avenir de FF doit-il passer par la 2D-HD ?

Sur le papier, cette approche semble rendre tout le monde gagnant-gagnant. Les joueurs profitent d’un soft massif sans repasser à la caisse toutes les semaines, et le studio s'assure une manne financière évidente en recyclant ses propres créations. Mais à mon sens, cela doit devenir une véritable stratégie à long terme pour remettre la licence Final Fantasy sur le devant de la scène.

Resonance est en effet le tout premier épisode de la saga à adopter le style 2D-HD, un comble quand on sait que Square Enix a déjà décliné ce moteur visuel sur de nombreuses autres franchises. Pérenniser une série de spin-offs Final Fantasy dans ce style graphique permettrait à l’éditeur de maintenir sa marque sous les projecteurs, sans devoir se presser ou se sacrifier sur des productions techniquement pharaoniques.

Le public a prouvé qu’il restait extrêmement friand de gameplay au tour par tour. Répondre à cette demande permettrait de générer des revenus réguliers pour amortir les coûts de développement des futurs gros morceaux (comme un potentiel et inévitable Final Fantasy XVII), tout en offrant aux créateurs une marge de manœuvre artistique.

En fin de compte, l'objectif idéal serait de revenir aux fondations mêmes de Final Fantasy : faire du tour par tour, du pixel-art et des aventures indépendantes la force de frappe principale de la série. Les opus modernes en 3D (le XVI et ses successeurs) deviendraient alors une sorte de laboratoire secondaire, chargé d'explorer le champ des possibles en termes de gameplay, d'univers et de narration. Ce qu’a toujours fait Final Fantasy, au fond.