Officialisé en grande pompe lors du dernier Nintendo Direct après des mois de rumeurs, le remake d’Ocarina of Time sur la future “Switch 2” a d’ores et déjà marqué les esprits. Mais derrière l’immense frisson nostalgique provoqué par cette annonce historique pour tout amoureux de la franchise, une étrange ombre au tableau soulève quelques interrogations. Pour être honnête, un petit détail m’interroge et me fait peur concernant le remake déjà tant attendu.
C’est la nouvelle qui a secoué la planète jeu vidéo ces derniers jours. Le secret de polichinelle le mieux gardé de l’industrie a enfin trouvé sa confirmation officielle. Après plusieurs mois de rumeurs, initialement colportées par le leaker NateTheHate dont la fiabilité n’est plus à prouver, Nintendo a mis fin au suspense lors de son Nintendo Direct du 09 juin dernier. Ce remake d’Ocarina of Time a servi de clou du spectacle. À travers une bande-annonce revenant sur les toutes premières minutes du jeu original, "Big N" a choisi de poser le ton et de dévoiler sa nouvelle direction artistique, sans pour autant montrer de séquences de gameplay. Une mise en bouche calculée pour ce titre phare destiné exclusivement à la Nintendo Switch 2.
Ocarina of Time Switch 2 : une révolution vécue dans mon coin
Pour comprendre mon rapport avec ce titre, il faut remonter le temps. Ocarina of Time est l'un de mes tout premiers jeux d’aventure. À l'époque, je ne suivais absolument pas l’actualité des médias spécialisés : Internet en était encore à ses balbutiements et mon argent de poche ne me permettait pas d'acheter des magazines papier. Je jouais dans mon coin, innocent, sans même avoir conscience que ce titre sous mes yeux était en train de provoquer une révolution historique sur l'ensemble du marché mondial.
S’il est indéniable que cette œuvre a influencé de façon irréversible l’industrie du jeu vidéo, notamment en posant les bases modernes du genre action-aventure, il est fort probable que le titre original ait aujourd'hui perdu de sa superbe concernant son gameplay pur. Sur ce point précis, c’est à Nintendo que revient la tâche de nous convaincre en présentant, on l’espère très bientôt, la jouabilité réelle de cette mouture Switch 2.

Reste que c’est aussi et surtout son ambiance ainsi que son univers qui portent Ocarina of Time vers les sommets.
L’opposition radicale entre le royaume d'Hyrule, paisible et lumineux lorsque Link est enfant, et ce même monde devenant totalement apocalyptique une fois Link adulte, fonctionne toujours à la perfection. On s’attache avec facilité aux différents personnages, bien que certains connaissent un destin tragique. La variété esthétique des environnements offre une raison supplémentaire de s'investir, magnifiée par un level-design de donjons uniques et un équipement d'une grande diversité.
Le tout est, bien évidemment, porté par une bande-son originale que l'on peut qualifier de magistrale. Il est difficile de croire que cet équilibre parfait va être fondamentalement bousculé dans le remake. Les quelques notes des Bois Perdus entendues dans le trailer nous en donnent un premier aperçu flatteur. Bien que la direction artistique divise déjà, j’ai envie de croire qu’elle sera modernisée de façon pertinente et suffisamment efficace pour nous faire retrouver cette ambiance si unique et viscérale du jeu original.
Entre peur et excitation
C'est ici que l'enthousiasme laisse place au doute. Prévu exclusivement sur la future console de Nintendo, le constructeur s'est contenté de révéler un simple "2026" en guise de fenêtre de sortie. Un détail précis qui a immédiatement fait tilter plusieurs spectateurs et analystes attentifs. Pourquoi refuser d’annoncer une date de sortie précise pour une première présentation officielle ? Et surtout, pourquoi ne pas avoir montré la moindre seconde de gameplay si le jeu est censé sortir dans les six prochains mois ?
D’abord, parce que la firme de Kyoto nous a habitués à une certaine rigueur. "Big N"a pris l'habitude systématique de sortir ses jeux dans les six mois qui suivent leur révélation globale. Seul l'attendu Fire Emblem: Fortune’s Weave fait aujourd'hui exception à cette règle (à mon grand désarroi) avec sa sortie programmée douze longs mois après son annonce. La grande question reste alors de savoir quand Nintendo compte parler plus en profondeur d’Ocarina of Time. À ce stade, plusieurs options stratégiques sont envisageables :
- Un Nintendo Direct dédié entre août et septembre : Une présentation majeure qui coïnciderait idéalement avec la levée des embargos de la presse si le jeu est rendu jouable à la Gamescom.
- Une vidéo de présentation surprise' : Une diffusion brute, publiée sans aucun teasing préalable directement sur l'application Nintendo Direct, à la manière de ce qui avait été fait pour Star Fox.
- Un Nintendo Direct général au mois de septembre : Une prise de parole plus globale axée sur le line-up de la nouvelle console où Zelda occuperait une place centrale.
Mais c’est justement cette fiabilité habituelle de Nintendo vis-à-vis de son calendrier qui m'inquiète le plus ici. Une sortie calée en 2026 signifie qu'un écart de trois ans se sera écoulé depuis la sortie de Tears of the Kingdom. Si l’on considère que ce sont potentiellement les mêmes équipes internes qui sont impliquées sur ce remake — bien qu'un studio externe ne soit pas à exclure du tout —, il y a fort à parier que cette nouvelle édition n’engage comme réelles nouveautés que des innovations purement visuelles et une meilleure fluidité technique. Rien en termes de gameplay repensé, aucun contenu inédit à l'horizon : nous n'aurions droit qu'à un meilleur emballage.
C’est une perspective qui me fait peur. Cela dit, le simple fait de poser ces mots par écrit m’aide déjà à relativiser mon appréhension. Si j’ai cette crainte, c’est probablement parce qu’Ocarina of Time possède une signification immense dans mon parcours de joueur. En me remémorant la pléthore de secrets à découvrir et la richesse d'une aventure dont la structure récompense constamment la curiosité, je suis certain d'une chose : je vais adorer parcourir à nouveau Hyrule dès sa sortie sur Switch 2.
À l'unique condition que cette nouvelle direction artistique matche pleinement avec mes attentes. Mais au-delà de mon propre cas, j’ai surtout hâte de découvrir le ressenti de milliers de nouveaux joueurs qui vont pouvoir, enfin, poser les mains sur ce chef-d'œuvre mémorable. De la peur ? Pas vraiment : c'est clairement de l'excitation.