SEGA et la Nintendo 64 : Une Opportunité Manquée qui a Redéfini l'Histoire des Consoles de Jeu

Titre original : Comment SEGA a refusé la Nintendo 64 : l'erreur historique qui a changé le jeu vidéo

L’histoire du jeu vidéo cache parfois des secrets qui auraient pu modifier le cours du temps de manière définitive. Par exemple, SEGA a eu l’opportunité d’intégrer la technologie de la Nintendo 64 au sein de sa machine… mais des désaccords ont ruiné ce projet.

Le milieu des années 90 marque une période de transition pour les constructeurs avec le passage indispensable à la 3D. De son côté, SEGA préparait la sortie de la Saturn pour succéder à sa Megadrive avec beaucoup de pression face à l'arrivée de nombreux rivaux sur le marché dont Sony et sa PlayStation. L'avenir de la firme nippone reposait sur des choix stratégiques pour conserver sa place de leader. Et malheureusement, le constructeur japonais semble être passé à côté d'une opportunité en or...

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Une technologie révolutionnaire ignorée par SEGA

L'ancien président de la division américaine de SEGA a raconté les coulisses de cette occasion manquée avec beaucoup de détails. Tom Kalinske explique que le chef de Silicon Graphics, société américaine qui construisait des stations de travail (workstations) dédiées aux domaines de l'infographie, de la 3D, du traitement vidéo, a pris contact avec lui pour lui présenter un composant novateur.

L'ingénieur Jensen Huang avait conçu cette puce avec des capacités très supérieures aux normes de cette époque. Le directeur et son collègue Joe Miller ont adoré cette proposition matérielle après une démonstration dans les bureaux de leur partenaire. Tom Kalinske a donc invité les responsables de la maison mère pour valider cette alliance avec un immense enthousiasme.

L'équipe japonaise a examiné le matériel avec attention puis a décidé de rejeter l'offre. Les ingénieurs estimaient que la taille de cette puce engendrerait de trop nombreuses pertes lors du processus de fabrication. Le conseil d'administration a par conséquent refusé cette intégration car elle coûterait beaucoup trop cher à produire pour une machine de salon. La direction préférait conserver un contrôle total sur les pièces de son futur appareil de divertissement au lieu de faire confiance à un partenaire externe.

Tom Kalinske rapporte sa discussion avec le fondateur de Silicon Graphics Jim Clark avec cette citation : "Jim m'a appelé plus tard et il a demandé ce qu'il devait faire, j'ai répondu qu'il y avait cette autre entreprise à Seattle à qui il devrait aller parler".

Le triomphe de Nintendo et les difficultés de la Saturn

La recommandation du directeur a poussé la société Silicon Graphics dans les bras du rival de SEGA de manière très directe. Nintendo a récupéré cette puce pour construire sa future console et pour révolutionner l'industrie avec des jeux légendaires comme Super Mario 64 et The Legend of Zelda : Ocarina of Time. De son côté, SEGA a continué le développement de la Saturn avec sa propre architecture composée de plusieurs processeurs pour pallier ce refus. L'absence de cette puce graphique a poussé les équipes nippones à complexifier la conception de la console pour atteindre une qualité visuelle acceptable.

Ce choix a transformé la programmation des logiciels en un véritable cauchemar pour les concepteurs du monde entier. Les développeurs devaient utiliser des polygones à quatre côtés au lieu des formes triangulaires pour modéliser les décors et les personnages. Cette méthode archaïque forçait les studios de création à repenser toutes leurs méthodes de travail pour s'adapter aux lubies de la marque. Une telle structure exigeait des efforts colossaux pour exploiter la puissance de la machine face à la simplicité des autres systèmes.

Résultat : la division américaine de SEGA a subi les décisions de la hiérarchie et cette rupture de communication a précipité la chute de la marque dans la guerre des consoles. Cette erreur a permis à Nintendo de s'imposer dans le secteur des consoles face à SEGA avec une technologie refusée par son adversaire quelques mois plus tôt. Pour autant, ils ont quand même dû faire face à un autre mastodonte dont ils ont aussi refusé l'offre auparavant : Sony et sa PlayStation. Quelle ironie !