Russell Crowe critique sévèrement Gladiator II, le qualifiant de "fiasco" et déplorant une trahison de l'essence du premier film.

Titre original : Russell Crowe, 62 ans, à propos de la suite de son blockbuster des années 2000 : « C'est un fiasco, ils ont échoué »

Des années après avoir marqué l’histoire du cinéma, la plus grande des épopées romaines, portée par l’acteur Russell Crowe, continue de faire parler d’elle. Alors que son retour sur grand écran devait raviver la flamme d’un classique adoré, certains choix ont divisé les spectateurs… et même son ancien héros. Entre vision artistique, héritage oublié et critiques acerbes, cette suite révèle une fracture profonde autour de ce qui faisait réellement la force du film original.

Russell Crowe avait protégé l’âme de Gladiator… jusqu’à la suite

Lorsqu’on établit la liste des films les plus cultes des années 2000, on cite très rapidement Gladiator de Ridley Scott. Au-delà du talent du réalisateur à cette époque, l’implication des acteurs dans le processus créatif a également permis au long-métrage de renforcer son aura.

Parmi les membres du casting, il y avait bien évidemment l’acteur australien Russell Crowe, et il a ardemment défendu sa vision du long-métrage, quitte à s’opposer aux producteurs. On raconte que ces derniers insistaient lourdement pour inclure des scènes de sexe entre son personnage, Maximus, et Lucilla, impératrice romaine et fille de Marc Aurèle, et Russell Crowe ne voulait pas en entendre parler.

« J'ai refusé en bloc. J'ai dit : “C'est l'histoire d'un homme qui venge la mort de sa femme et de son enfant. Il ne peut pas y avoir un moment dans son périple où il s'arrête pour coucher avec quelqu'un. Ça n'a aucun sens, ça détruit tout le voyage” », explique-t-il. Finalement soutenu par le réalisateur, Russell Crowe, inondé de lettres de menaces, a fini par triompher comme son personnage dans l’arène.

D’ailleurs, l’incarnation de cette droiture et le respect de cette quête de justice intime de Maximus représentent selon lui les fondations morales du long-métrage, l’âme même de ce « Gladiator ». Mettant pourtant en scène une histoire de vengeance, c’est ce supplément d’âme qui a pavé la voie de la consécration du film de Ridley Scott.

Russell Crowe, 62 ans, à propos de la suite de son blockbuster des années 2000 : « C'est un fiasco, ils ont échoué »

Malheureusement, lors du développement de la suite, sortie en 2024, Russell Crowe (et par extension, Maximus) a été mis à l’écart. Ridley Scott n’a pas une seule fois consulté l’acteur et il s’en est toujours justifié de manière assez froide en déclarant : « Pourquoi le ferais-je ? Il est mort ». Au lieu de retrouver l’intimisme du premier volet et au détriment de la subtilité, le réalisateur et les producteurs ont préféré jouer la carte du « grand spectacle », de l’action et de la nostalgie artificielle, et ça s’est payé cher au box-office.

Pour Gladiator II, ce n’était pas vraiment la catastrophe, mais environ 465 millions de dollars de recettes pour 310 millions de dollars de budget, ce n’est pas ce que l’on appelle une réussite, et Russell Crowe a un qualificatif bien particulier pour résumer la situation.

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Russell Crowe ne mâche pas ses mots face à Gladiator II : il parle d’un fiasco

Du côté des spectateurs, Gladiator II n’est jamais parvenu à s’extirper de l’ombre du film original, et il a souvent été qualifié de « pâle copie », voire de « coquille vide ». Presque tout rappelle le long-métrage de 2000 sans en égaler la qualité : le scénario, indigent, est presque un calque du premier volet, le héros joué par l’acteur Pedro Pascal est perçu comme un sous-Maximus auquel on a fait vivre les mêmes traumatismes (perte de sa femme, esclavagisme, passage dans l’arène, rébellion contre la cruauté des empereurs…). Même du côté de la mise en scène et de la photographie, le résultat paraît en dessous.

Russell Crowe, 62 ans, à propos de la suite de son blockbuster des années 2000 : « C'est un fiasco, ils ont échoué »

Parmi les critiques qui sont adressées à Gladiator II, on peut mentionner le fait que le film est jugé visuellement peu convaincant, trop ponctué d’effets numériques (les singes, les requins, les batailles navales artificielles) et de couleurs criardes. Mais ce qui ne passe surtout pas, c’est le désintérêt pour la réalité historique du récit, finissant de lui conférer ce statut de « blockbuster sans âme ni émotion » qu’on lui attribue souvent. Cependant, si les spectateurs et les critiques se sont chargés d’assassiner le film à l’aide de leurs commentaires, c’est surtout Russell Crowe qui a porté le coup fatal.

Récemment, l’acteur participait à une masterclass dans le cadre du Festival du film de Taormine en Italie, et l’interprète de Maximus, désormais âgé de 62 ans, n’a pas mâché ses mots en qualifiant cette suite de « fiasco ». Pour lui, c’est comme si les producteurs avaient trahi le récit de Maximus du premier volet, car ils n’auraient pas compris l’essence même du chef-d’œuvre des années 2000. « Ce n’était pas le faste. Ce n’était pas le contexte. Ce n’était pas l’action. C’était le fondement moral ».

Russell Crowe, 62 ans, à propos de la suite de son blockbuster des années 2000 : « C'est un fiasco, ils ont échoué »

En plus de pointer du doigt le manque de compréhension de l’âme de la saga, Russell Crowe a insisté sur l’échec financier du film. « Qu’ils aient détruit ce cœur moral dans le deuxième film, c’est très intéressant… Au box-office, ils ont échoué. Et ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas compris pourquoi le premier avait marché. Ils ont oublié qu’il avait un cœur moral. »