À l’approche de la sortie très attendue du remake de Zelda: Ocarina of Time, Nintendo choisit de lancer la période estivale de sa Switch 2 en ressuscitant Fox McCloud. Une tentative évidente de capitaliser sur l’impact culturel de Mario Galaxy, le film, qui enchaîne les records en ce milieu d’année 2026. Pourtant, derrière la vitrine technologique de ce remake de Lylat Wars (sorti initialement sur Nintendo 64 en 1997), se pose la question habituelle : cette modernisation graphique justifie-t-elle à elle seule de relancer les moteurs de l’Arwing ?
Star Fox Switch 2 : les grosses infos à savoir
- Genre : Rail-shooter spatial orienté action et scoring
- Résumé du jeu en quelques mots : Star Fox Switch 2 est un remake fidèle du classique Lylat Wars sorti en 1997 sur Nintendo 64. Aux commandes de l'Arwing de Fox McCloud, le joueur doit traverser le système solaire de Lylat pour repousser les forces du docteur Andross. Le titre propose des embranchements secrets et un système de points basé sur le verrouillage des cibles pour débloquer des médailles. Un mode coopératif local asymétrique et des défis inédits sont également de la partie.
- Date de sortie : Le 25 juin 2026.
- Plateforme : En exclusivité sur Nintendo Switch 2.
- Prix : 69,99€ en digital sur la boutique Nintendo.
- Durée de vie du contenu solo : ~ 1 heure et demie pour boucler la campagne en ligne droite, et environ 3 heures pour en faire le tour et obtenir les premières médailles.
Un scénario intouché et une narration d'un autre temps
Fidèle à la réputation des productions de l’époque, Nintendo fait le choix d’une reproduction à l’identique de la trame narrative originale. L'action prend place dans le système de Lylat, menacé par le docteur Andross. Ce scientifique de génie, exilé sur la planète Venom après que ses recherches en biotechnologie ont été jugées dangereuses par Corneria, décide de mener une offensive globale. Après la disparition du pilote James McCloud envoyé en éclaireur, c'est son fils, Fox McCloud, qui reprend le flambeau cinq ans plus tard. Épaulé par son escadron composé de Falco, Peppy et Slippy, le joueur doit repousser l’envahisseur à travers les différentes planètes du système.
Si l’intrigue servait avant tout de prétexte à l’action en 1997, elle montre de sérieuses limites en 2026. L'expérience souffre particulièrement de la brièveté de sa campagne principale, bouclée en à peine une heure et demie. Ce format extrêmement court empêche toute forme d'immersion ou d'attachement envers les personnages, d'autant que le déroulement de l'intrigue s'avère particulièrement prévisible et dépourvu de véritables surprises. Les briefings de missions, qui tirent profit des améliorations graphiques, n'apportent non plus rien de spécial.

Une boucle de gameplay portée par le scoring, mais figée dans le passé
Il faut que dire qu'on ne joue pas à Star Fox pour son histoire, mais plutôt pour son gameplay.
En matière de structure, chaque mission s'étend sur une durée moyenne de 5 à 10 minutes, alternant phases d'esquives, éliminations en masse d'ennemis et affrontements contre des boss de fin de niveau. Le titre conserve son principal atout d'époque : son système de routes alternatives. Remplir des conditions ou des objectifs secrets permet de bifurquer vers d'autres secteurs du système solaire, donnant accès à des niveaux plus exigeants.
La rejouabilité repose ainsi intégralement sur la recherche du score parfait (scoring). En exploitant les tirs chargés et le verrouillage, les déflagrations permettent d'éliminer plusieurs cibles simultanément pour engranger des bonus de points ("Hits"). L’équilibrage demeure toutefois très rigide : l’obtention du laser bleu facilite grandement la progression grâce à sa puissance de feu, tandis que le retour au laser vert de base après avoir subi des dégâts corse excessivement l'expérience.

Malheureusement, l'ergonomie globale accuse son âge. Manquer une médaille d'or sur un niveau spécifique impose de relancer l’intégralité de la campagne, un choix frustrant qui engendre une répétitivité précoce après seulement trois heures de jeu. Les phases ouvertes (déplacements libres) déçoivent également : les confrontations s'avèrent relativement molles, se résumant trop souvent à tourner en boucle sur soi-même pour cibler l'adversaire : le même ressenti qu'il y a 30 ans on vous dit !
De plus, les variations de gameplay historiques via le Landmaster (le char terrestre) ou le sous-marin peinent à convaincre, la maniabilité du véhicule blindé restant particulièrement lourde.
Enfin, l'intelligence artificielle des coéquipiers n'a bénéficié d'aucune révision moderne. Plus encombrants qu'utiles, Falco, Slippy et Peppy se laissent constamment déborder par l'ennemi (particulièrement en zone ouverte) et sollicitent l'aide du joueur à grand renfort de messages radio intempestifs. Sans pour autant nous filer un coup de main en cas de situation inverse ! Un constat d'autant plus regrettable que leur survie reste indispensable pour décrocher les précieuses médailles d'or.

Une vitrine graphique séduisante pour la Switch 2
Sur le plan purement visuel, Star Fox livre une prestation remarquable et démontre les capacités de la nouvelle console de Nintendo. Le nouveau design des personnages, bien que potentiellement clivant selon la sensibilité des joueurs, s'avère très respectueux des intentions esthétiques originelles du créateur de la franchise.
Le titre brille par la variété et la lisibilité de ses environnements, qu'il s'agisse de paysages sous-marins ou d'ambiances spatiales très colorées. Les cinématiques de transition se révèlent flatteuses pour la rétine, même si la brièveté du titre pousse rapidement à les passer lors des sessions de jeu répétées. Du côté de l'ambiance sonore, les réorchestrations des thèmes iconiques de la saga s'avèrent de très bonne facture.

Une technique irréprochable mais un manque de modernité
Du point de vue technique, l’optimisation est au rendez-vous. Que ce soit sur le dock en mode salon ou en configuration portable, le titre affiche une fluidité constante et ne souffre d'aucun ralentissement notable. On regrettera cependant que Nintendo n'ait pas profité de la puissance de la Switch 2 pour densifier le nombre d'ennemis à l'écran ou accentuer la sensation de vitesse. Le rythme global reste calqué sur l'œuvre de 1997, laissant parfois place à des moments de latence ou à des phases de jeu assez vides.
Des nouveautés anecdotiques et dispensables
Les rares ajouts intégrés à cette édition s'avèrent malheureusement décevants. Le mode "Défi", censé renouveler l'intérêt sur le long terme, se contente de recycler les niveaux de la campagne avec des objectifs que le joueur remplit déjà naturellement durant l'aventure principale, sans apporter le moindre contenu inédit. Il n'y a aucun nouveau niveau !
L'autre "grande" nouveauté réside dans l'apparition d'un mode coopération en local, mais sa proposition s'avère contre-intuitive. Plutôt que d'offrir un écran scindé avec deux Arwings, les développeurs ont opté pour un partage des tâches sur un même vaisseau : un joueur gère le pilotage tandis que le second s’occupe des tirs. Cette configuration rend les trajectoires et la visée inutilement complexes.
Enfin, l'intégration de la fonction souris – pourtant convaincante sur des titres comme Metroid Prime 4 ou Cyberpunk 2077 – s'avère ici ratée. Son activation bascule automatiquement la vue en mode cockpit, ce qui obstrue considérablement le champ de vision et nuit à l'expérience globale.

Un multi qui aurait pu avoir du charme
Comme mon collègue Carnbee l'a noté dans sa preview, je ne crois pas que Nintendo ait décidé de tout parier sur le nouveau mode multioueur de Star Fox. Toujours est-il qu'il souffre, comme le contenu solo, d'un cruel manque de diversité : 3 arènes seulement, avec chacune leur objectif particuler. Il faut ramener la cargaison d'un vaisseau pirate dans l'une ; contrôler une zone dans une autre ; ou encore récupérer des collectibles pour la dernière.
Ce système d'objectifs aurait mérité mieux, notamment avec une optimisation des armes spéciales que l'on récupère (mines, champ de force : pensez objets dans Mario Kart). Sauf qu'il tombe en désuétude à partir du moment où l'on comprend que rien ne sert de jouer les objectifs.
De fait, pour gagner, il suffit de marquer des points. Et la source la plus rentable de points reste, comme dans tout jeu de tir qui se respecte, d'éliminer le maximum d'adversaire. Les 3 différentes cartes servent alors juste de cadre différent pour le multijoueur... Et encore ! En ligne, en parties aléatoires, il n'y a pas de système de votes. De quoi pouvoir retomber sans difficulté sur la même map 3 - 4 - voire 5 fois d'affilée.
L'un des niveaux consiste à ramener un colis de pirate.

On recommande :
- Aux nostalgiques de l'ère Nintendo 64 : Si vous cherchez une machine à remonter le temps textuelle pour revivre vos souvenirs de 1997 avec des graphismes de 2026, la fidélité absolue au matériau d'origine vous comblera.
- Aux amateurs de scoring pur et dur : Les joueurs qui aiment refaire en boucle (mais vraiment en boucle) les mêmes niveaux pour optimiser chaque tir, mémoriser les vagues d'ennemis et décrocher toutes les médailles d'or y trouveront leur compte.
On recommande pas :
- Si vous attendez un jeu avec un scénario développé, la campagne d'une heure et demie vous laissera un immense goût d'inachevé.
- Aux amateurs de variétés : le jeu manque de quality of life, avec des défis que l'on est obligé de refaire pour les compléter ; ou encore une campagne qui nécessite d'être faite une dizaine de fois pour tout débloquer.
- Aux amateurs de coopération et de nouveautés : Si vous espériez du sang neuf, des défis inédits ou un vrai mode multi en écran scindé, passez votre chemin ; les ajouts de ce remake sont totalement anecdotiques, voire ratés.
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Conclusion
Points forts
- Le système d'embranchements marche toujours bien
- Une vraie amélioration graphique
- La réorchestration des thèmes
- Techniquement impeccable
Points faibles
- Des nouveautés ratées (co-op, souris, défis)
- Une rejouabilité mal réalisée avec une campagne bien trop courte
- Encore dans son jus
- Un multi qui ne fait pas illusion
Note de la rédaction
En se montrant trop respectueux du matériau d'origine, ce remake de Star Fox rate sa cible. Nintendo remet au goût du jour un genre daté sans y insuffler la moindre modernisation de gameplay ni de contenu supplémentaire digne d'intérêt. C'est textuellement le jeu de 1997, transposé en 2026 avec l'intégralité de ses écueils structurels, à commencer par une durée de vie famélique et une IA archaïque. Face à une concurrence moderne et à la tendance actuelle des remakes capables de réinventer de vieilles formules, la proposition de Star Fox s'avère insuffisante... et me fait peur avant la sortie de The Legend of Zelda : Ocarina of Time sur Switch 2 en cette fin d'année. En espérant que plus d'efforts y soient investis.