Une combi à capteurs, des câbles de cascade et de sacrées courbatures : j’ai infiltré le studio de Mocap du prochain Tomb Raider Catalyst. Entre révélations exclusives de l’équipe et crash-test physique en direct, je vous emmène dans l’envers du décor de l’action.
À la base, je devais juste faire une interview confortablement assise sur un canapé. Mais c’était sans compter sur un message de mon rédac’ chef qui a tout fait basculer : « Hey, ça serait bien si t’enfilais la combi et que tu demandais à faire une cascade toi aussi ! » C’est comme ça que je me suis retrouvée en Pologne, dans les hangars de Platige, le temple de l’action européenne (où ont été tournés des images de The Witcher 4 ou Kingdom Come Deliverance 2). Moi qui n'ai pas fait de sport depuis mes cours d'EPS au lycée, j'allais devoir incarner Lara Croft pour de vrai.
Maddie Page, la Lara de l'ombre
Lara Croft est l'héroïne la plus célèbre de l'histoire du jeu vidéo depuis 1996. Mais pendant que tout Internet débat pour savoir quelle est la meilleure version du personnage, je suis allée à la rencontre de celles et ceux qui souffrent le plus physiquement pour lui donner vie, et qu'on ne voit jamais, dont Maddie Page, doublure corps du dernier trailer de Catalyst. C'est elle qui encaisse les vrais bleus pour que les mouvements soient ultra-réalistes.
Maddie combine sa passion des arts martiaux et du cinéma, mais sur le plateau, le plus dur reste invisible :
« C'est fou, ça demande énormément d'imagination. On n'a pas les vrais costumes pour te donner cette sensation de "Ok, je suis une femme badass". Tu es toujours dans la même combinaison... l'imagination c'est la compétence numéro un pour ce job. »
Pour ma part, après avoir été équipée par Martha, j'ai tenté un mouvement "basique" : marcher, sauter, et braquer les doubles pistolets. Dans ma tête, j'étais fluide, j'étais dangereuse. En réalité : J'ai décollé d'à peine un mètre du sol, suspendue à des câbles. Le coordinateur des cascades, Maciej Kwiatkowski, m'a vite rappelé que la magie de la motion capture est un travail d'équipe hyper exigeant, où le plateau doit tricher physiquement pour aider le moteur graphique (l'Unreal Engine 5) :
« En réalité, nous les performeurs, on ne fait que livrer de la data brute. Ce n'est pas aussi romantique qu'on voudrait le croire. Ce qu'on voit dans le produit final, c'est Lara créée par des dizaines d'artistes et d'animateurs qui repassent derrière notre performance. »
Une Lara de 35 ans plus mûre
J'ai profité de ma présence pour cuisiner Tomek, le réalisateur, afin d'en savoir plus sur la direction de ce nouvel opus :
« La nouvelle Lara a 35 ans. Elle est plus mature, plus expérimentée. La différence principale avec la trilogie Survivor, c'est que ce nouveau jeu n'est pas aussi sombre. C'est plus coloré, plus tourné vers l'aventure... ça ressemble beaucoup plus aux anciennes œuvres façon Indiana Jones. »
Trente ans après l'époque des écrans cathodiques et des Pentium MMX, le mythe est toujours intact. Je rentre à Paris avec de sacrées courbatures, mais avec une certitude : derrière la perfection des pixels, il y a des passionnés qui se jettent sur des matelas de gym pour nous faire vibrer.
Alors, hâte de découvrir qui est la Lara Croft de 2026 ? Regardez mon reportage vidéo complet en tête d'article !