L'impact des liens sociaux sur l'échec des nouveaux jeux multijoueurs : Analyse de Tim Sweeney, PDG d'Epic Games

Titre original : Si les nouveaux jeux multis bident, c'est à cause de vos potes

Le monde du jeu vidéo observe récemment de nombreux échecs commerciaux successifs pour des titres multijoueur. Le patron d’Epic Games livre son analyse sur cette situation complexe et pointe la fidélité absolue des groupes de joueurs envers les jeux en ligne déjà bien établis pour expliquer ces revers monumentaux.

Ces dernières années, l'industrie du jeu vidéo traverse une période très délicate suite aux lancements désastreux de plusieurs titres multijoueur. Concord, Highguard, Marathon... Les studios peinent de façon systématique à conserver les joueurs plus de quelques petites semaines malgré des budgets promotionnels souvent colossaux. Et pour le patron de Fortnite, il y a une explication logique à ça.

Voir cartes VBucks sur Fnac

L'impossibilité de migrer un groupe entier vers un nouveau jeu vidéo

Le directeur général d'Epic Games a pris la parole dans les médias pour décrypter ce phénomène destructeur que l'on a pu observer ces derniers temps. Tim Sweeney explique que les joueurs aiment profiter de leur temps libre avec leurs véritables cercles amicaux de la vie quotidienne. Le directeur explique par conséquent que la migration d'un groupe complet vers un nouveau jeu relève pratiquement de l'exploit impossible de nos jours. Les joueurs ont déjà tissé des liens sociaux extrêmement solides au sein des licences majeures comme Fortnite, Call of Duty, Counter-Strike 2 ou encore Apex Legends.

Le patron justifie cette dynamique avec une déclaration très claire lors d'une interview à Inven Global : "Les utilisateurs ont tendance à apprécier les jeux avec leurs groupes d'amis réels, et il est presque impossible de déplacer ce groupe d'amis entier d'un jeu existant vers un jeu complètement nouveau".

Cette barrière sociale bloque les nouvelles licences pour trouver un public suffisant et survivre face aux mastodontes de ce secteur très concurrentiel. Tim Sweeney ajoute une autre précision majeure sur ce sujet : "Il n'y a aucune raison de laisser ses amis derrière soi et d'aller seul vers un nouveau jeu". Le confort des habitudes sociales l'emporte de façon systématique sur la curiosité de la découverte.

Des budgets exorbitants et la mécanique perverse de la rétention financière

La fidélité à un seul jeu constitue un obstacle majeur pour les nouveautés, mais il existe de très rares exceptions à cette règle de l'industrie. Tim Sweeney reconnaît que seuls les succès mondiaux massifs parviennent à provoquer cette migration globale de la communauté une fois de temps en temps. Le directeur évoque tout de même d'autres éléments pour justifier la mort très prématurée des récents titres en ligne. La création de ces jeux nécessite des ressources financières astronomiques pour rivaliser avec les leaders de ce secteur économique. Les calendriers de production requièrent des durées beaucoup trop longues pour s'adapter aux évolutions rapides des attentes du public.

La combinaison de ces facteurs économiques avec la réticence des joueurs crée un cocktail totalement fatal pour les nouveaux projets. Les grands éditeurs conçoivent d'ailleurs leurs propres systèmes de rétention pour verrouiller les joueurs avec un modèle économique très spécifique. L'omniprésence des saisons régulières et des passes de combat monétisés donne l'impression aux utilisateurs d'avoir beaucoup investi au sein du jeu de base. Cette stratégie de monétisation décourage de façon très efficace les consommateurs de recommencer une nouvelle progression à zéro sur un autre jeu fraîchement sorti sur le marché. Un vrai cercle vicieux !