Comment Steve Jobs a manipulé son ami Steve Wozniak pour sauver le jeu vidéo Breakout et lancer une révolution technologique

Titre original : Il y a 50 ans, Steve Jobs a arnaqué son meilleur ami pour sauver ce jeu vidéo culte…

Avant de devenir l’un des visages les plus connus de la technologie moderne, Steve Jobs a participé à une mission qui semblait anodine : améliorer une borne d’arcade pour réduire ses coûts de fabrication. Pourtant, derrière ce défi technique se cache une histoire faite d’ingéniosité, d’amitié, de secrets et d’une décision qui marquera durablement sa relation avec celui qui l’accompagnait dans cette aventure.

Breakout, le défi impossible qui va réunir deux futurs géants de la tech

Lors de sa sortie, le jeu vidéo Pong, conçu par Atari en 1972, connaît un engouement et un succès sans précédent, si bien que, dans les bureaux de la firme, on a envie de capitaliser sur son concept pour asseoir son emprise sur le marché et déjouer les plans de la concurrence.

En gros, il s’agit de se concurrencer soi-même pour garder la mainmise ! En 1975, le fondateur d’Atari, Nolan Bushnell, imagine alors une variante de Pong, entièrement en solo, où le joueur se sert d’une balle et d’une raquette pour détruire un mur de briques. Il décide de l’appeler Breakout, mais le premier prototype conçu possède un gros problème…

Il y a 50 ans, Steve Jobs a arnaqué son meilleur ami pour sauver ce jeu vidéo culte…

On le sait, les entreprises de l’époque veulent profiter de l’explosion des jeux vidéo pour amasser des sommes folles, et si l’idée de Breakout paraît juteuse, elle n’est pas aussi rentable qu’espérée car la première version est beaucoup trop gourmande en circuits, alors que ces derniers coûtent cher, ce qui réduit considérablement la marge.

L’objectif est clair : il faut amoindrir les coûts de fabrication et Bushnell se dit qu’un de ses jeunes employés de l’équipe de nuit, alors payé cinq dollars de l’heure, pourrait trouver la solution et récupérer une jolie prime. L’un des salariés va alors émerger pour tenter de régler le problème : un certain Steve Jobs.

Il y a 50 ans, Steve Jobs a arnaqué son meilleur ami pour sauver ce jeu vidéo culte…

Pour le motiver, Bushnell lui propose 750 dollars s’il parvient à améliorer la borne avec un nouveau prototype, et à chaque fois qu’il réussit à retirer une puce sous la barre des 50, il lui promet un bonus de 100 dollars pour chaque composant supprimé.

L’opportunité est trop belle pour Steve Jobs, mais ses compétences techniques pour boucler cette mission sont limitées. Il a alors la bonne idée de contacter l’un de ses brillants amis de chez Hewlett-Packard, à savoir… Steve Wozniak !


Le jour où Steve Jobs a caché une partie de la vérité à son meilleur allié

Cependant, au moment de faire appel à ses services, Steve Jobs omet de mentionner deux points cruciaux. Le premier, c’est qu’il invente une fausse date limite de quatre jours. Atari n’avait pas imposé de date butoir, mais Jobs était censé prendre un avion pour se rendre dans une ferme de l’Oregon. Le second, c’est qu’il promet de diviser la récompense de base à parts égales, mais il ne lui fait absolument pas part de l’existence du bonus financier lié à la réduction du nombre de puces.

Au bout du compte, et par passion, Steve Wozniak accepte, et ce malgré son travail de jour qui l’occupe déjà pas mal de temps. « Ce fut la plus belle offre de ma vie, concevoir un jeu que les gens utiliseraient », a-t-il expliqué.

Il y a 50 ans, Steve Jobs a arnaqué son meilleur ami pour sauver ce jeu vidéo culte…

Pendant que Jobs prépare la machine, Wozniak fait des miracles et réduit le design sous la barre des 50 puces (les sources évoquent entre 42 et 45 puces). Le récit de cette histoire veut même que les ingénieurs étaient dans l’incapacité de comprendre le design de la carte ou de le reproduire tel quel en usine tellement il était optimisé et malin.

De son côté, Steve Jobs réussit le défi imposé par Bushnell et empoche la prime de base, ainsi qu’un énorme bonus, soit un total de 5000 dollars. Au moment de partager la somme, puisque Jobs n’avait pas mentionné les bonus liés aux puces ni la prime supplémentaire, il ne lui donne que 350 dollars, conservant le reste de l’argent pour lui.

Il y a 50 ans, Steve Jobs a arnaqué son meilleur ami pour sauver ce jeu vidéo culte…

Ce n’est que dix ans après cette histoire que Wozniak découvre cette « trahison » qui le brise émotionnellement. « J’ai pleuré, j’ai beaucoup pleuré quand j’ai lu ça dans un livre… J’aurais juste aimé qu’il soit honnête », confia-t-il. Confronté plus tard à cette histoire, Steve Jobs niera les faits en prétendant ne pas s’en souvenir et affirmant avoir toujours tout partagé avec Wozniak.

Quoi qu’il en soit, grâce à l’aide de Wozniak, Breakout a pu naître et connaître un succès retentissant, et ça a eu un impact considérable sur le jeu vidéo et l’informatique. D’une part, Breakout a inspiré la création de Space Invaders, tandis que Jobs et Wozniak ont embrayé sur la fondation d’Apple Computer et la conception du célèbre Apple II.