L'impact de l'eSport sur la santé physique des joueurs : une étude révèle des comportements surprenants et des risques liés à la sédentarité

Titre original : Les joueurs sont-ils en meilleure santé physique que la population générale ? Une étude se penche sur la question

On ne compte plus les représentations du joueur lambda vissé sur son siège, chips à la main et souris dans l’autre, dont le taux de sucre dans le sang ne peut qu’excéder le manque d’exercice physique. On est taquins, car personne ne se retrouve dans cette représentation stéréotypée. Simplement parce que c’est bien plus nuancé que ça. Ce cliché n’est pas nul, disons, mais affligeant. La science est de notre côté, alors kickons cette idée en deux minutes chrono.

Les clichés ont beau avoir la vie dure, les études récentes sur l’eSport et le jeu compétitif racontent une histoire un peu moins confortable pour les amateurs de caricatures.

Posons les bases. Le docteur Michael Trotter est spécialiste de la santé dans le monde du jeu vidéo. Enseignant et conférencier à l’Université de Technologie du Queensland, il a sorti plusieurs études ces dernières années sur le sujet, dont une qui a retenu notre attention. Intitulée “The Association between Esports participation, Health and Physical Activity Behaviour”, elle explore les habitudes de santé de plus de 1400 gamers réguliers (leur âge n'est pas indiqué), dans 65 pays.

Aucun dégât sur la barre de vie

En première place des pires comportements en matière de santé : le tabagisme. Avec 68 000 décès par an en France (Santé Publique France, 2023), cela représente 11% de la mortalité totale de nos citoyens. Mais dans le cadre de cette étude, rares sont les bureaux et chambres de joueurs sentant le tabac froid, ou les touches de clavier jaunies par les résidus de filtre. L’étude du Dr Trotter est formelle. 92% des interrogés ne sont pas fumeurs du tout. De tout le panel, il n’y a que 3.7% de joueurs fumeurs quotidiens. Ce qui tranche pas mal avec la moyenne de 18.7% de fumeurs dans la population générale.

Avec la deuxième place sur le podium de l’hygiène de vie douteuse : l’alcool. C’est vrai que l’alcool est rare sur les tables de jeux, avec une exception pour quelques canettes de bière un peu tièdes à cause de l’ordi qui surchauffe. Il faut croire que les joueurs préfèrent les sodas et autres boissons sucrées excitantes (on n’a jamais dit qu’elles étaient saines quand même…), car 65% déclarent ne jamais boire. Seulement 0.5% des interrogés boivent quotidiennement et 35% hebdomadairement.

Les grands joueurs d'e-sport (ici, l'équipe nationale de Corée du Sud) sont généralement fit.

Les joueurs sont-ils en meilleure santé physique que la population générale ? Une étude se penche sur la question

Et arrivons à une partie plus nuancée chez les joueurs car inhérente à la sédentarité qu’implique le jeu : le surpoids/l’obésité. L’étude ne valide pas le cliché du gamer en surpoids. Au contraire, l’échantillon de 1400 personnes se trouve davantage dans la fourchette d'un IMC sain (45%) que dans la population générale de référence (35%).

Bouger autre chose que les mains

Mais… l’étude rapporte un couac. '''En bref, il y a moins d'obèses parmi les gamers, mais les concernés le sont sous des formes graves. Les joueurs sont à 6.38% en obésité morbide (de stade III) contre 2.35% pour le reste des habitants de leur pays. Donc avec 4.03 points de plus pour l’obésité morbide, les stratégies de prévention sont légitimes à poser.

Mais pas de panique ! Car le surpoids n’implique pas nécessairement une mauvaise santé et que tout ça peut s’atténuer grâce à l’activité physique. Mais les joueurs en manquent drastiquement. Toujours selon l’étude du Dr. Trotter, 80% d’entre eux n’atteignent pas les recommandations de l’OMS qui définit 30 mn d’activité physique quotidienne, 5 fois par semaine.

Mais on le comprend rapidement, ce n’est pas jouer qui cause l’obésité, c’est tout simple : rester assis trop longtemps et être sédentaire provoque ce genre de problème. Et la sédentarité apporte pléthore d’autres soucis de santé : troubles musculo-squelettiques, cholestérol, déformation de la colonne vertébrale…

Attention aussi au syndrome de la fesse morte ! Ou comme le dit notre cher Lonny dans The Office “C’est le syndrome du gros cul, Michael.” (se moquant du mode de travail trop ‘pépère’ de ses supérieurs à cols blancs). C’est qu’il n’a pas tort, Lonny, alors on cherche de quoi prévenir le surpoids et la sédentarité avant qu’ils n’apparaissent. Les spawnkill, tout au mieux. Et des solutions, on en a trouvées, même si vous avez un peu la flemme de bouger de votre fauteuil.

Ne finissez pas comme ce personnage de South Park, icônique bien que non-nommé.

Les joueurs sont-ils en meilleure santé physique que la population générale ? Une étude se penche sur la question

Jouer, ça fait suer !

Une étude menée par la plateforme Stakester et relayée par le Daily Mail nous a rassuré sur le potentiel à faire de l’exercice sans (presque) rien faire, quand le sport n’est pas notre tasse de thé.

Cinquante joueurs volontaires ont été équipés d’appareils connectés mesurant leur fréquence cardiaque et dépense énergétique pendant plusieurs parties de FIFA et de Call of Duty : Warzone. Ils ont aussi effectué des séries d’abdominaux pour calibrer et comparer les calories dépensées. Résultat : pour une heure de session de jeu, les hommes auraient brûlé 210 calories, les femmes 236, soit plus de mille squats.

L’étude contextualise aussi les chiffres avec des aliments traditionnellement consommés par les joueurs: il faut environ 1h de jeu pour brûler une barre chocolatée à l’huile de palme (dont nous tairons le nom) (celui de la planète rouge). 1h20 pour une portion moyenne de frites issues d’un fast-food au clown flippant.

Après, la perte de calories est cohérente avec le rythme stressant des jeux étudiés : être en permanence en danger sur Warzone ou durant les dernières minutes de son match FIFA augmente le rythme cardiaque et fait couler pas mal de sueur (qui colle à la manette) ! Donc on peut estimer qu’une session calme et un jeu cosy ne produit pas le même effet.

Les joueurs sont-ils en meilleure santé physique que la population générale ? Une étude se penche sur la question

Mais si vous souhaitez absolument faire beaucoup d’exercice avec l'écran sous les yeux, le Virtual Reality Institute of Health and Exercise a étudié des jeux VR et les a classés en fonction de leurs dépenses énergétiques.

Le jeu de boxe The Thrill of the Fight (9 à 15 kcal/mn), de fitness Supernatural (12 à 13 kcal/mn) et le simulateur de tir à l'arc Hollowpoint (7.5 à 12 kcal/mn) seraient les plus efficaces pour atteindre vos objectifs. Le célèbre Beat Saber et son maniement de laser (6 à 7.5 kcal/mn) a également été étudié mais il n'a pas atteint le top 3.

Alors oui, on peut dire que jouer à des jeux peut favoriser la perte de poids, tout en restant fun. Reste à vous de choisir l’activité qui vous plaît le plus.