Le célèbre mangaka Boichi, connu pour le succès planétaire Dr. Stone, tire la sonnette d’alarme. Selon lui, l’obsession des jeunes créateurs pour le Weekly Shonen Jump menace directement l’avenir et la diversité du manga.
Le piège de la formule unique
L'industrie du manga fait rêver le monde entier, mais son hégémonie cache une fragilité créative. Le dessinateur sud-coréen Boichi, qui a fait les beaux jours du Weekly Shonen Jump avec Dr. Stone, constate une tendance inquiétante chez la nouvelle génération d'artistes. Pour lui, vouloir copier à tout prix le modèle du géant de l'édition est une erreur fondamentale qui pourrait standardiser toutes les œuvres futures.
When we look at people around the world who dream of building a manga industry, their goal is often Weekly Shōnen Jump.
— Boichi (@Boichi_Bo1) March 29, 2026
As someone who is part of Shōnen Jump, I am very grateful for that.
However, if your goal is Shōnen Jump itself, you cannot build a strong and vibrant manga…
Le succès colossal de séries comme One Piece, Demon Slayer ou Jujutsu Kaisen a tendance à occulter ce qui fait la véritable force du milieu. Le mangaka rappelle que la surproduction de titres calqués sur le même moule narratif ou visuel n'a aucun sens d'un point de vue artistique. Si le marché est capable de générer des dizaines de milliers de propriétés intellectuelles par an, cette quantité devient stérile si toutes les histoires se ressemblent.
Si toutes les œuvres produites ressemblent à celles du Shonen Jump, que ce soit dans le style artistique, les personnages, les thèmes, la narration ou les idées, alors quelle est la valeur de produire 10 000 ou même 50 000 de ces œuvres chaque année ? Ce ne serait rien de moins qu'un désastre – Boichi
Viser l'originalité plutôt que le Shonen Jump
Pour illustrer son propos, Boichi cite en exemple l'un de ses mangas préférés, une œuvre singulière qui traite simplement de l'élevage des vaches. C'est cette capacité à explorer tous les sujets possibles, des récits sur de grands philosophes aux témoignages personnels sur la maladie, qui garantit la survie du secteur.
L'auteur conclut son message par un conseil précieux destiné à tous les créateurs en herbe à travers le globe : « Si vous voulez vraiment que le manga existe dans votre pays, ne visez pas le Shonen Jump, visez la diversité dans le manga. »