Vous avez déjà forcément entendu le terme Big Three, que ce soit pour le tennis masculin, la NBA ou encore l’automobile. Eh bien, pour ceux qui ne le savaient pas, le surnom est aussi donné pour certains mangas, qui ont permis au plus grand magazine du genre de ne pas s’effondrer.
Aujourd'hui, le terme Big Three est utilisé à toutes les sauces. Pour certains, Dragon Ball en fait partie, d'autres estiment que des œuvres plus récentes les ont remplacés, avec Demon Slayer, Jujutsu Kaisen ou encore My Hero Academia. Pourtant, historiquement, le Big Three n'a jamais désigné les trois meilleurs mangas de tous les temps, ni même du moment. Cette appellation fait référence à une période bien précise de l'histoire du manga, durant laquelle One Piece, Naruto et Bleach ont dominé les ventes, les discussions et surtout les pages du Weekly Shōnen Jump.
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Pourquoi parle-t-on du Big Three ?
Contrairement à ce que beaucoup pensent, le terme Big Three n'a jamais été créé officiellement par la Shueisha (l'une des plus grandes maisons d'édition de mangas). Il s'est progressivement imposé au sein de la communauté manga, notamment en Occident, pour désigner les trois séries qui régnaient sans partage sur le Weekly Shōnen Jump dans les années 2000 : One Piece d'Eiichiro Oda, Naruto de Masashi Kishimoto et Bleach de Tite Kubo.

Ce choix ne repose donc pas uniquement sur leur qualité ou leur popularité, mais sur le fait que ces trois mangas étaient publiés simultanément dans le même magazine et connaissaient un succès colossal au même moment. Ensemble, ils faisaient vendre des millions de tomes, remplissaient les grilles des chaînes de télévision avec leurs adaptations en anime et faisaient découvrir le manga à une nouvelle génération.
Avec ces explications, vous comprenez donc que, non, Dragon Ball n'en fait pas partie, contrairement à ce que l'on peut souvent entendre dans la bouche des fans. En effet, le manga d'Akira Toriyama s'est terminé en 1995, plusieurs années avant que le phénomène du Big Three ne prenne réellement forme. L'importance de cette œuvre est malgré tout incontestable et, sans DBZ, une très grande partie des titres que nous avons connus depuis n'existeraient pas. Son influence est même l'une des raisons pour lesquelles One Piece, Naruto et Bleach ont pu connaître un tel succès. En réalité, Dragon Ball appartient davantage à la génération qui a préparé le terrain qu'à celle qui a ensuite porté le Weekly Shōnen Jump pendant les années 2000.
Ces trois mangas ont permis de redresser le Weekly Shōnen Jump
À la fin des années 1990, le Weekly Shōnen Jump n'est plus tout à fait l'intouchable qu'il était auparavant. Après la conclusion de séries cultes comme Dragon Ball ou Slam Dunk, le magazine voit progressivement son nombre de lecteurs diminuer. Shueisha a alors besoin d'une nouvelle génération de séries capables de prendre la relève et de convaincre les lecteurs d'acheter le magazine chaque semaine.

C'est précisément à ce moment que One Piece, Naruto et Bleach vont exploser. One Piece débute en 1997, Naruto en 1999, puis Bleach en 2001. Les trois œuvres ne rencontrent pas immédiatement le même succès, mais elles finissent rapidement par devenir les locomotives du magazine. Chaque nouveau chapitre est attendu avec impatience et leurs volumes s'écoulent à des millions d'exemplaires.
Le Weekly Shōnen Jump profite alors pleinement de cette dynamique. Même si le magazine ne retrouvera jamais l'engouement de l'époque, notamment à cause de l'arrivée du numérique, cette nouvelle génération lui permet de stopper son déclin et de conserver sa place de référence dans l'industrie. Même encore aujourd'hui, il est impossible de parler de manga sans évoquer au moins l'un de ces trois noms, d'autant plus que certains ne sont pas encore finis.

C'est aussi ce qui explique pourquoi le Big Three reste un terme unique. Depuis, d'autres mangas ont connu un succès phénoménal. Demon Slayer a battu des records de ventes, Jujutsu Kaisen a conquis le monde entier et l'Attaque des Titans est devenue une œuvre majeure de la pop culture. Pourtant, aucun d'entre eux n'a partagé ce contexte très particulier où trois séries dominaient simultanément les pages du même magazine au point d'en devenir le visage.
Le Big Three représente une génération
Si le terme Big Three continue d'être autant utilisé aujourd'hui, ce n'est donc pas uniquement parce que One Piece, Naruto et Bleach sont devenus des classiques. C'est surtout parce qu'ils représentent probablement la dernière fois où trois mangas ont réussi, en même temps, à définir une génération entière de lecteurs. Depuis, le marché s'est énormément diversifié, les plateformes de streaming ont changé la manière de consommer les anime et les mangas sont beaucoup plus accessibles. Ce qui rend l'apparition d'un nouveau Big Three de plus en plus improbable.