Plus de trente ans après avoir marqué durablement l’animation japonaise, un monument du cyberpunk s’apprête à faire son retour sous la forme d’une nouvelle série. Au programme : cybercriminalité, corps artificiels et interrogations toujours aussi troublantes sur ce qui définit encore l’être humain.
Le futur n’a jamais été aussi proche. Entre intelligence artificielle, surveillance numérique et corps augmentés, les thèmes de Ghost in the Shell résonnent aujourd’hui avec une étrange familiarité. La franchise imaginée par Masamune Shirow en 1989 revient pourtant avec une toute nouvelle série animée, simplement baptisée The Ghost in the Shell. Produite par le studio Science SARU, elle sera disponible sur Prime Video à partir du 7 juillet 2026, avec un épisode inédit chaque semaine.
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Mais avant de se retrouver dans les recommandations de la plateforme, Motoko Kusanagi et la Section 9 ont fait un passage inattendu au cinéma. Les deux premiers épisodes ont été projetés en avant-première ces 3 et 4 juillet dans plusieurs salles françaises, accompagnés d’un making-of de trente minutes. Une manière de rappeler que, malgré sa diffusion pensée pour le streaming, Ghost in the Shell reste une œuvre qui mérite l’obscurité d’une salle et un écran géant.

Un retour aux sources pour la Section 9
Cette nouvelle adaptation ne cherche pas à effacer les précédentes versions de la licence. Elle arrive après le film culte de Mamoru Oshii sorti en 1995, les séries Stand Alone Complex, les films Arise ou encore l’adaptation hollywoodienne avec Scarlett Johansson. Chaque génération a eu son Ghost in the Shell, avec ses propres choix visuels et narratifs.
The Ghost in the Shell semble toutefois vouloir revenir à l’ADN du manga original. On y retrouve le Major Motoko Kusanagi, cyborg au corps entièrement artificiel, à la tête de la Section 9, une unité spéciale chargée de lutter contre les cybercrimes et les menaces qui traversent un monde ultra-connecté. Au fil de ses enquêtes, l’équipe se retrouve confrontée à des conspirations internationales et à une figure insaisissable : le Puppet Master, hacker mystérieux devenu l’un des antagonistes les plus emblématiques de la SF japonaise.
Derrière cette nouvelle version, on retrouve Science SARU, studio déjà remarqué pour DanDaDan, Inu-oh ou The Colors Within. La réalisation est confiée à Mokochan, tandis qu’EnJoe Toh, connu notamment pour Godzilla Singular Point, signe le scénario. Un duo qui pourrait apporter une énergie plus contemporaine à un univers souvent associé à une ambiance froide, contemplative et très philosophique.

Un classique du cyberpunk face à son propre futur
Ghost in the Shell n’est pas une licence comme les autres : son film de 1995 a marqué durablement l’animation mondiale et influencé de nombreuses œuvres de science-fiction, de Matrix à des jeux vidéo comme Deus Ex ou Cyberpunk 2077. Son mélange d’action, de réflexion sur l’identité et de fascination pour les réseaux informatiques continue d’alimenter l’imaginaire collectif.
Cette nouvelle série arrive aussi à un moment où ses thèmes ne relèvent plus seulement de la fiction. Les débats autour de l’IA générative, de la collecte de données ou de la place des technologies dans nos vies donnent une nouvelle portée aux interrogations de Motoko Kusanagi : qu’est-ce qui définit encore un être humain lorsque le corps, la mémoire et la conscience peuvent être modifiés ?
Cette nouvelle adaptation devra surtout prouver qu’elle a quelque chose à ajouter à une œuvre déjà largement revisitée. Entre le poids du film de 1995, les différentes séries et l’évolution très réelle des technologies qu’elle interroge, The Ghost in the Shell arrive avec un héritage considérable, mais aussi avec un terrain de jeu plus actuel que jamais.