Deux ans après sa sortie remarquée (plus de deux millions de copies vendues), Granblue Fantasy: Relink s’offre un retour fracassant avec son extension massive, Endless Ragnarok. Débarquant sur PC, PlayStation 5, PlayStation 4 et Nintendo Switch 2, ce DLC colossal double presque la mise en termes de contenu. Entre un mode rogue-lite inédit, une difficulté intelligemment repensée et un casting XXL, Cygames livre-t-il la formule ultime pour les amoureux d’action-RPG ? Allez, c’est l’heure de remettre les voiles vers le monde de Zegagrande pour découvrir notre verdict complet.
Il y a un peu plus de deux ans, la franchise Granblue Fantasy sautait enfin le pas pour fouler les terres occidentales, bien décidée à se faire une place dans le cœur des amateurs d’action-RPG japonais. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'en près de trente mois, le monde du jeu vidéo — tout comme le royaume céleste de Zegagrande — a bien changé.
Depuis son lancement, Cygames a régulièrement enrichi Granblue Fantasy Relink de diverses mises à jour, introduisant de nouvelles quêtes particulièrement corsées ainsi que des personnages inédits (Seofon et Tweyen). Pourtant, malgré ce suivi rigoureux, personne au sein du studio ne s'attendait à devoir plancher sur... une extension complète !

Si nous vous partagions récemment nos premières impressions sur Granblue Fantasy Relink : Endless Ragnarok, l'heure de la préversion est désormais révolue. Nous avons pu explorer la mouture finale de fond en comble. L'occasion idéale, pour ceux qui auraient manqué le coche il y a deux ans, de se laisser enfin tenter.
Pour les vétérans, c'est aussi un véritable renouveau : les développeurs ont concocté une aventure qui muscle généreusement la durée de vie globale, promettant une expérience transfigurée.
En somme, alors que les fans de la première heure reçoivent un supplément massif de contenu — environ 1,5 fois le volume du jeu original —, les nouveaux venus profitent d’une édition complète à un tarif attractif de 60 euros (l'extension seule étant proposée à 30 euros pour les possesseurs du titre original).

Dès lors, Endless Ragnarok vaut-il son pesant d'or, et constitue-t-il la porte d'entrée idéale pour les retardataires ? C’est tout l’objet de ce test, basé sur mon expérience de cette extension disponible sur PC, PS5, PS4... et Nintendo Switch 2 !
Endless Ragnarok sème le Chaos dans Granblue Fantasy Relink, mais les vieux démons persistent…
Autant crever l'abcès d'entrée de jeu : les conclusions de notre test de fin janvier 2024 restent parfaitement valables, tant cette extension conserve les forces du titre d'origine. Si un bref temps d'adaptation s'avère nécessaire pour retrouver ses automatismes avec chaque héros, les sensations manette en main se révèlent toujours aussi grisantes.
La nuance majeure réside dans l'intégration de ce nouveau contenu au sein de la progression globale. Ainsi, le mode Néant chaotique devient accessible dès le chapitre 6 de la trame principale. En revanche, le gros des festivités d’Endless Ragnarok — à commencer par le redoutable mode de difficulté Chaos et sa ribambelle de missions — exige d'avoir vu le bout de la campagne et d'avoir terrassé le redoutable Bahamut.

Ce contenu s'adresse avant tout aux amateurs de endgame, quitte à reconduire la structure qui faisait parfois défaut au jeu de base. La progression narrative est ici intimement liée à la réussite de défis à la difficulté corsée. Le rituel reste immuable : composition de l'équipe, sélection dans les menus, puis téléportation immédiate en arène pour terrasser une créature — le plus souvent un Ragnarion, une variante inédite ou redessinée d'un boss connu.
À l'instar du jeu de base, cette extension manque cruellement de ce liant organique qui aurait pu sublimer l’ensemble. Il est regrettable de devoir se contenter de cinématiques distillées au compte-gouttes en guise de narration, tout en restant prisonnier d'une boucle de progression répétitive qui nous retient indéfiniment autour du comptoir de quêtes de Folca. Heureusement, la donne change subtilement dès qu'il s'agit de se jeter dans l'arène.

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Combats titanesques, stratégie et casting enrichi : Endless Ragnarok mise tout sur le grand spectacle
Cette extension place définitivement le titre sous le signe du Chaos. Un terme à prendre au sens noble, puisque la philosophie des combats de boss a été profondément repensée. Dommage que la lisibilité de l'action reste parfois très précaire en raison du déluge d'effets visuels à l'écran, ce qui complique parfois l'adaptation à ces nouvelles mécaniques.
Avec le rang de difficulté Chaos, les développeurs n'ont pas cherché à concevoir des pics de difficulté injustes ou artificiels. Tirant les leçons des critiques émises à l'encontre de l'ultime boss de la mise à jour 1.1, le studio a revu sa copie. L'accent est désormais moins mis sur les réflexes purs que sur le sens de l'observation, la mémoire et l'élaboration d'une stratégie fine face aux comportements des monstres.

De fait, contrairement à mes souvenirs du jeu de base, les affrontements majeurs de cette extension dépendent moins de la pure vitesse d'exécution. Ils gagnent ainsi en accessibilité, notamment grâce à de nouvelles options tactiques autrefois indisponibles dans les modes les plus corsés. Pour autant, n'y voyez pas une baisse de difficulté : Endless Ragnarok apporte simplement un second souffle bienvenu et une réelle profondeur aux affrontements.
Outre l'arrivée de six nouveaux visages qui viennent étoffer un casting déjà généreux, l'introduction d'un système d'invocations — exclusivement réservé aux quêtes de rang Chaos — transcende la mise en scène des combats. Sous conditions, ces créatures titanesques prennent temporairement le relais sur le terrain. Une mécanique hautement stratégique, puisqu'un déclenchement minuté permet d'annihiler les assauts les plus dévastateurs des boss.

De plus, Lyria s’invite désormais dans les assauts groupés (Primal Burst) en matérialisant une entité en fin de combo. À l'image du jeu de base, les affrontements constituent indéniablement le cœur vibrant de l'expérience, magnifiés par le soin méticuleux apporté au style de combat unique de chaque héros. Sur ce point, Beatrix et Fraux se révèlent particulièrement convaincantes. Mention spéciale à cette dernière, dont le style de combat offre un cocktail détonnant entre les enchaînements vifs d'une Tifa de Final Fantasy 7 Remake/Rebirth et la grâce dévastatrice de Bayonetta.
Il convient toutefois de rappeler que la licence exige un investissement colossal dès qu'il s'agit d'optimiser ses combattants favoris. Multiplier les statistiques implique inévitablement de longues sessions de farm pour récolter des composants rares, poussant à refaire en boucle les mêmes quêtes pour décrocher le rang le plus élevé indispensable. Fort heureusement, si cette extension ne renie pas ses racines, elle introduit un mode inédit bienvenu pour rompre la monotonie.
Le Néant chaotique : un virage rogue-lite (trop) classique mais efficace pour briser la routine
C'était l'un des constats majeurs lors du lancement de l'opus initial : la production de Cygames ne révèle sa véritable nature qu'une fois le générique de fin passé. Les joueurs s'attendant à un action-RPG linéaire à la Final Fantasy XVI se retrouvent en réalité face à un titre profondément calqué sur l'ADN d'un Monster Hunter. C'est une formule exigeante qui peut diviser, particulièrement lorsque les exigences du endgame imposent de longues sessions de grind susceptibles d'engendrer une certaine lassitude.

Pour pallier cet écueil, les équipes ont mis sur pied le mode Néant chaotique, accessible dès la fin du chapitre 6. Une excellente manière d'injecter de la nouveauté au cœur même de la campagne initiale, de nouvelles boucles se débloquant au fil de votre progression vers les modes de difficulté supérieurs. Si l'initiative s'avère payante pour briser la monotonie et s'affranchir de la dépendance au matchmaking multijoueur, le choix de la formule rogue-lite manque toutefois d'originalité.
Les amateurs du genre, et en particulier du diptyque Hades, navigueront en terrain conquis. Le principe reste classique : nettoyer une zone, choisir sa prochaine destination générée aléatoirement et glaner des bonus temporaires au passage. Si les affrontements purs restent la norme, le mode se dote de salles alternatives plutôt bien pensées. L'une d'elles sollicite ainsi votre sens de l'observation en vous demandant d'identifier l'élément modifié dans une copie miroir de la pièce, tandis qu'une autre se transforme en course-poursuite effrénée contre une petite créature gorgée de récompenses.

Sans transfigurer en profondeur les fondations du jeu, ce mode apporte une diversité bienvenue. Il constitue de surcroît un excellent levier de progression permanente grâce au système de Traits de Maîtrise : chaque tentative dans le Néant chaotique permet de ramener de précieuses ressources à investir sur vos personnages avant de repartir de plus belle. Dès sa sortie, Cygames affichait son ambition de pérenniser son titre à la manière d'un jeu-service. C'est précisément ce que concrétise cette extension, la dimension financière agressive en moins.
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Conclusion
Points forts
- Une belle porte d’entrée pour ceux qui n’ont pas essayé le jeu de base
- Des combats toujours aussi jouissifs, et même plus !
- Une difficulté « Chaos » intelligemment pensée
- De nouveaux personnages qui valent le détour
- Un système d’invocation qui dynamise les combats
- Un mode rogue-lite sympathique (même si on aurait aimé plus original)
Points faibles
- Une expérience à la structure toujours rigide
- Une narration qui pourrait être mieux mise en avant
- Un petit manque de visibilité qui persiste en combat
- Une boucle d’optimisation qui peut devenir lassante
Note de la rédaction
Un peu plus de deux ans après la sortie du jeu, Granblue Fantasy Relink : Endless Ragnarok s'impose comme un modèle de générosité et une extension incontournable pour les amateurs d'action-RPG. En ajustant intelligemment sa difficulté et en intégrant le mode Néant chaotique, Cygames prouve qu'il sait écouter sa communauté pour tenter de gommer les défauts de l’expérience originale. Certes, l'extension n'efface pas les rigidités structurelles du titre initial, ni sa narration en retrait ou ses affrontements qui surchargent parfois l'écran. Mais avec son casting XXL et son contenu colossal proposé à prix doux, ce retour à Zegagrande rappelle combien Granblue Fantasy Relink est un titre sous-côté. Bref, une valeur sûre pour les fans de la première heure comme pour les nouveaux venus !