Sony abandonne les jeux physiques : un choix lucratif qui suscite la controverse parmi les joueurs

Titre original : Combien Sony va gagner en abandonnant les jeux en boîte ? Un chiffre hallucinant

En annonçant la fin des disques de jeux vidéo pour 2028, Sony a déclenché un véritable séisme. Derrière cet adieu au format physique se cache un calcul financier implacable, soutenu par des marges gonflées et dessinant une voie royale vers la PS6. Pour certains, le rétropédalage est impensable du côté de chez Sony, surtout quand on voit les montants que la société a des chances de gagner grâce à ça.

L'adieu au physique, Sony a trouvé comment toucher le jackpot !

L’annonce par Sony de l’arrêt de la production des disques de jeux vidéo (dès janvier 2028) a provoqué l’un des plus gros tollés de l'histoire du constructeur japonais. Alors que la résistance s'organise chez les joueurs, la firme nippone prouve déjà, en réaffectant l’une de ses usines de fabrication, qu’elle a définitivement tourné la page. Il faut dire que l'opération s'avère particulièrement lucrative : les investisseurs s'en frottent les mains, comme en témoigne la hausse de 3,2 % de l'action Sony après l'annonce, même si la manœuvre envoie un signal désastreux à la communauté.

Selon de récentes analyses, ce choix permettra à Sony de doubler ses gains sur chaque vente numérique d'un éditeur tiers, par rapport à une version physique facturée 70 dollars. Pourtant, le plus surprenant reste à venir : sur le marché dématérialisé de ses propres exclusivités (jeux first-party), le constructeur s'octroie des marges encore plus spectaculaires.

En s'affranchissant des coûts de fabrication, de logistique et des commissions des revendeurs, Sony conserve désormais l'intégralité du prix de vente. Pour un titre affiché à 70 dollars — qui ne rapportait habituellement que 45,50 dollars dans les caisses de l'entreprise —, cela représente un bond d'environ 54 % (53,8 % pour être exact), d’après les calculs de l’analyste Dr Serkan Toto.

« D'un point de vue purement financier, Sony, Microsoft et Nintendo sont davantage incités à fuir les supports physiques, tant sur le plan absolu que relatif », explique-t-il.

Si la part du numérique est incontestablement dominante sur le marché actuel, Sony n’a pas hésité à manipuler les statistiques pour masquer la réalité du terrain. Lors de la présentation des résultats du quatrième trimestre de l’exercice 2025, le géant japonais affirmait que 85 % des ventes de jeux PlayStation étaient dématérialisées. Une statistique en trompe-l'œil, qui omet volontairement une nuance de taille.

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Sony sait comment utiliser ses chiffres pour justifier sa décision la plus révoltante… et préparer le terrain de la PS6

« C'est une orientation naturelle pour Sony Interactive Entertainment afin de s'adapter aux tendances des consommateurs, car la préférence générale pour les médias numériques dépasse largement les disques physiques », a déclaré le directeur de la communication de Sony, Sid Shuman, pour justifier la décision du constructeur. Or, ce que la firme passe sous silence, c'est que ces 85 % englobent pêle-mêle les microtransactions, les DLC, les abonnements PlayStation Plus, ainsi que les titres exclusivement numériques (productions indépendantes et jeux purement multijoueurs).

Malgré cette communication bien huilée, la résistance du format boîte reste bien réelle, particulièrement pour les grosses productions solo des PlayStation Studios. Des fuites de rapports internes révèlent ainsi que des titres comme God of War : Ragnarök ou Sackboy : A Big Adventure se sont écoulés à plus de 76 % en version physique. De son côté, Marvel’s Spider-Man 2 a vu plus de la moitié de ses ventes (54 %) se faire au format physique au Royaume-Uni.

Combien Sony va gagner en abandonnant les jeux en boîte ? Un chiffre hallucinant

Entre la perspective de ne plus rien posséder, la mort programmée du marché de l’occasion et des dérives tarifaires naissantes — des enquêtes révélant le test de prix dynamiques sur le PS Store selon le profil du joueur —, le divorce avec la communauté est consommé. Face à un constructeur en situation de quasi-monopole qui n'a cure des mesures impopulaires, les joueurs ont décidé d'organiser la riposte. Une pétition a été lancée, et le compteur de signatures s'affole de jour en jour.

Malgré cette détermination, un retour en arrière reste hautement improbable. Pour Sony, ce virage prépare méthodiquement le terrain à une PlayStation 6 fortement orientée vers le numérique. Face à une manne financière aussi colossale, les menaces de boycott et les désabonnements au PS Pluspourtant freinés par de grosses promotionsne pèseront pas lourd.

Comme le rappelle à juste titre le Dr Serkan Toto : « Le numérique est tout simplement trop lucratif (...) Sony a plus de 120 millions d'utilisateurs actifs (...) Même si 500 000 personnes annulent pour protester, cela ne représenterait que 1 % de ce marché envolé – ce qui n'est bien sûr pas suffisant pour que Sony remette sa décision en question. »