Il y a un an, j’attendais la Switch 2 comme le messie en piétinant devant un Fnac parisienne. Douze mois plus tard, la poussière s’accumule sur ma console entre deux sessions d’Hadès 2, et mon âme de fanboy a pris un sérieux coup de froid.
Je suis Hadrien Leclercq, mais les plus anciens d'entre vous me connaissent depuis 6 ans sur jeuxvideo.com sous le pseudonyme de Warial. L'été dernier, j'étais ce qu'on appelle communément un "N-Sex" pur jus, prêt à défendre la firme de Kyoto contre vents et marées. L'annonce de la Nintendo Switch 2 correspondait exactement à mes fantasmes de joueur, et j'ai passé des heures à batailler avec vous, en rédigeant de longs papiers et en vous répondant dans les coms pour justifier les choix techniques du constructeur. Aujourd'hui, en ce mois de juillet 2026, l'heure est au bilan. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la lune de miel a été de courte durée.
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Me voici face à la réalité de ce qu'est la Switch 2
L'annonce de la machine avait ravivé une flamme que je croyais éteinte depuis des années. Pour moi, Nintendo avait fait de bons choix techniques comme merketing, et j'y croyais. Je faisais même partie de ceux qui défendaient corps et âme le choix de l'écran LCD, persuadé que l'intégration d'un HDR de grande qualité compenserait largement la profondeur des noirs de la technologie OLED.

Pour tout vous dire, le soir de la sortie de la console, j'ai fait la queue des heures devant la Fnac pour une nocturne exceptionnelle. L'excitation était telle que j'avais fait le pied de grue pour récupérer mon nouveau joujou, accompagné de Mario Kart World. J'ai lancé ma première partie vers 2h30 du matin avec des étoiles plein les yeux, convaincu que cette nouvelle génération allait marquer la décennie. Et puis, au fil des mois, mon enthousiasme s'est effrité face à une offre ludique qui n'a pas su maintenir la cadence.
Un catalogue exclusif qui manque de génie
Une console n'est rien sans ses jeux, et c'est bien là que le bât blesse. Sur les douze derniers mois, le seul véritable coup de cœur exclusif que j'ai pu avoir s'appelle Pokémon Pokopia. C'est un comble quand on sait à quel point la machine était censée repousser les limites des licences historiques de Nintendo. Le très attendu Donkey Kong Bananza m'a laissé un profond goût amer : développé par l'équipe derrière le magistral Super Mario Odyssey, le titre manque cruellement de l'étincelle créative de son aîné. Même constat glaçant pour Mario Kart World, qui n'arrive absolument pas à la cheville de l'indéboulonnable Mario Kart 8 Deluxe en termes de sensations de conduite et de fun immédiat.

Les développeurs indépendants sauvent heureusement les meubles de mon temps de jeu nomade. J'ai pris un plaisir immense à parcourir Hadès 2 au fond de mon canapé, mais bon, j'aurai aussi très bien pu apprécier la nervosité du titre de Supergiant Games sur une autre machine. Avec un peu de recul, je me rends compte qu'une simple Switch OLED m'aurait amplement suffi pour ce type d'expérience. Tous les autres jeux indépendants qui m'intéressent tournent parfaitement sur la première Switch, quand ils ne sont pas sublimés sur ma PS5 ou mon PC. Résultat des courses : la dernière-née de Nintendo reste éteinte la majeure partie du temps.
Aucun regret financier, mais un horizon bien sombre
Paradoxalement, je ne regrette absolument pas mon passage à la caisse le jour de la sortie. En observant l'inflation galopante du marché mondial de la tech, c'est une triste réalité à admettre : le prix de la console a beaucoup plus de chances de grimper que de bénéficier d'une baisse tarifaire. Sachant que j'aurais fini par craquer un jour ou l'autre pour jouer aux futures exclusivités (un bon Zelda par exemple), autant avoir sécurisé la machine au tarif de lancement pour en profiter plus longtemps sans surcoût.
Mon regard de joueur est désormais résolument tourné vers l'automne et d'autres écosystèmes. Je garde ma Switch 2 précieusement pour les prochains jeux Pokémon, par pure nostalgie, même si je sais pertinemment que la licence n'est plus ce qu'elle était techniquement parlant.
Bref, ma ferveur des premiers jours est définitivement retombée. C'est sur ma PS5 que je m'amuse véritablement en ce moment, et cette tendance ne risque pas de s'inverser avec le tsunami GTA 6 qui s'abattra sur nous à l'automne.