Impossible ou presque d’avoir grandi sur PC sans avoir lancé une partie de ce jeu culte. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est qu’il n’a jamais été exactement le même partout dans le monde, pour des raisons légitimes
L’Italie a très longtemps fabriqué de lourdes armes, y compris les mines antipersonnel. Pourtant après leurs conséquences lors des guerres au Moyen-Orient et en Afrique, le pays a radicalement changé de direction.
Pourquoi l'Italie ne plaisante pas avec les mines antipersonnel
Au début des années 1990, les ONG commencent à dénoncer les conséquences dramatiques de ces armes. Mutilations et mort d’enfants, d’agriculteurs et d’habitants qui reviennent sur leurs terres après être déplacés pour faits de guerre… et contrairement aux armes classiques, les mines antipersonnel peuvent agir même des dizaines d’années après la fin du conflit armé, pour peu qu’elles soient restées enfouies dans les sols. De plus, les mines en plastique ne peuvent pas être détectées aux rayons X, ce qui rend leur déminage compliqué.
Alors l’Italie a décidé de s’investir, en finançant en plus des opérations de déminage en Afrique, Asie et aux Balkans, à partir de 1994, elle a complètement interdit toute production, usage et exportation de l’arme. La guerre en ex-Yougoslavie et les crimes commis en Bosnie à la même époque, seulement à kilomètres du territoire Italien, de l’autre côté de la mer Adriatique ont contribué à ce revirement.
Campagne internationale pour l'interdiction des mines antipersonnel (ICBL) et l

En 1997, le débat sur cette arme était houleux. L’International Campaign to Ban Landmines a même été lauréate du prix Nobel de la Paix pour leur travail et combat en faveur de l’interdiction de ce genre d’arsenal de guerre. Ensuite, l’Italie a signé la Convention d’Ottawa en 1997 qui entre autres, interdit la production, distribution, utilisation des mines, oblige la destruction des stocks existants et l’assistance aux régions concernées par cette arme (prévention, aide aux survivants…). 160 pays ont signé la convention depuis.
Démineur est devenu un "champ de fleurs"
Et L’international Campaign to ban Windmine (inspirée de l’association précédente) a été fondée à Milan, en 1999. Au début, l’association souhaitait totalement interdire le petit jeu préinstallé sur les ordinateurs Microsoft, notifiant qu’il constituait une “offense envers les victimes des mines ainsi que ceux qui risquent leur vie pour les opérations de déminage.” Ils avaient comme argument respectable et véridique que les mines antipersonnelles représentent une grave menace pour les civils dans les zones de conflit et ne sont que symboles violents. Selon eux, la représentation d’une mine est davantage une cause de mort qu’un ressort dans un jeu de guerre.
Ouvrières irakiennes aidant au déminage

L’ICBW a donc encouragé le... déminage du Démineur sur un maximum d’ordinateurs, jusqu’à plus de 1500 en août 2001, avec le slogan “Semez des fleurs, pas des mines”. Même si cela ne constitue pas un si gros nombre de PC, Microsoft a pris les choses en main et développé une version alternative pour son système d’exploitation Windows ME, puis Windows Vista. Le jeu mis à jour s’appelle donc “Prato Fiorito” (parterre fleuri) et représente une pelouse aux fleurs cachées (les mines) qu’il ne faut pas écraser (exploser). Après, le principe reste le même.
Il y avait tout de même quelques critiques à cette décision, comme l’altération inutile d’un classique du jeu PC, en rappelant qu’il ne fait l’apologie d’aucune guerre. Il ne s’agit donc pas d’un ordre du gouvernement, mais plus d’une adaptation de Microsoft envers le public italien, très peu favorable à ce genre de munition, même pour un simple jeu vidéo. Mais pour une vraie histoire de censure gouvernementale : la Chine et certains territoires de Sibérie ont imposé la version “Jardin Fleuri” à partir de 2012.