C’est indéniablement l’un des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma de science-fiction. Pourtant, pour son réalisateur Steven Spielberg, son film de dinosaures n’est rien d’autre que le prolongement direct d’un monument absolu du septième art.
Steven Spielberg est l’un des réalisateurs les plus aimés de Hollywood et, durant presque toute sa carrière, il a entretenu une idylle couronnée de succès avec le public. Il est vrai que ses derniers longs-métrages n’ont pas très bien fonctionné au cinéma, mais cela n’enlève rien au fait qu’il soit toujours le cinéaste le plus rentable de tous les temps au box-office.
Jurassic Park, la suite spirituelle des Dents de la mer ?
Parmi toute sa filmographie en tant que réalisateur, Jurassic Park, sorti au cours de l'année 1993, reste son œuvre ayant rapporté le plus de recettes en salles. Et lui-même reconnaît que son objectif principal avec ce film était de réaliser la suite de l’un des meilleurs films d’horreur avec un monstre de tous les temps, qui est d’ailleurs également le fruit de sa réalisation. Et pou rbeaucoup, c’est également le meilleur long-métrage que Spielberg ait jamais réalisé.
Les dents de la mer (1975)

Beaucoup d’entre vous auront certainement déjà deviné que nous faisons référence aux Dents de la mer (ou Jaws en anglais) diffusé dans les salles de cinéma en 1975. Cet exceptionnel film est considéré comme le tout premier grand blockbuster estival de l’histoire de Hollywood par de nombreux spécialistes et spectateurs. En fait, il y a même un easter egg dans Jurassic Park qui relie les deux films. Steven Spielberg lui-même a confessé le lien dans les colonnes du New Yorker , quelques mois à peine après la sortie de Jurassic Park :
« Je n’ai pas honte de dire qu’avec Jurassic Park, je cherchais simplement à faire une bonne suite des Dents de la mer. Sur la terre ferme. C'est gonflé, je peux le dire maintenant. »
Il s'avère que Spielberg a bel et bien eu l'opportunité de réaliser une suite officielle des Dents de la mer, mais lorsque Universal le lui a proposé, il a refusé de manière catégorique, estimant qu'il avait déjà fait « le film de requins ultime ». Cela dit, des années plus tard, il a confié au média Entertainement Weekly une autre des raisons de son refus : « J'en avais fini avec l'océan. J'aurais fait la suite si je n'avais pas autant souffert en mer sur le premier film. »
Un tournage difficile, mais ponctué par un succès planétaire !
Il est donc tout à fait logique qu’il ait choisi de changer de décor et de passer de l’océan à la terre ferme en l'occurence pour Jurassic Park. Pour autant, l’expérience de tournage de cette adaptation du livre et best-seller de Michael Crichton ne fut pas non plus de tout repos pour Steven Spielberg. La raison ? Devoir travailler simultanément sur ce projet et sur le film La Liste de Schindler (1993). Voici ce qu’il rappelait à ce sujet au cours de son entretien avec Entertainement Weekly :
« Quand j'ai enfin commencé le tournage de La Liste de Schindler en Pologne, je devais rentrer chez moi deux ou trois fois par semaine et me connecter par satellite avec le nord de la Californie... pour pouvoir approuver les plans du T-Rex. Devoir faire cela me provoquait un profond ressentiment et une immense colère, car je devais passer de la charge émotionnelle de La Liste de Schindler à des dinosaures poursuivant des jeeps, et tout ce que je pouvais exprimer à ce moment-là, c’était de la rage. »
Jurassic Park (1993)

Spielberg qualifie cette expérience de "fardeau", mais il reconnaît que tout a changé lorsque Jurassic Park est sorti en salles en 1993 et qu'il a tout écrasé sur son passage, devenant alors le film le plus rentable de tous les temps au box-office mondial. Un titre qu’il n'a conservé que quelques années, puisque le Titanic de James Cameron a fini par le détrôner au début de l'année 1998. Curieusement, il s'est produit un phénomène similaire avec Les Dents de la mer, dont le règne fut plus court en raison du succès phénoménal du premier film Star Wars de 1977 réalisé par George Lucas, ami et collaborateur de Spielberg. Ce carton historique a d'ailleurs inauguré une tradition à Hollywood, où les cinéastes se félicitent mutuellement lorsque ce record si convoité est battu.