Le secret oublié de la manette NES : comment un micro permettait de vaincre des ennemis dans Zelda grâce à un simple cri

Titre original : Il y a 40 ans, on pouvait tuer des ennemis en hurlant dans sa manette : voici le secret de Zelda sur NES

Imaginez un instant : vous êtes posé tranquillement dans votre salon, manette en main, et pour battre un ennemi dans le jeu, celui-ci vous demande tout simplement de lui hurler dessus. Ça semble fou, non ? Pourtant, il y a 40 ans, c’était une vraie réalité pour les joueurs japonais.

En 1983 au Japon, Nintendo sort sa toute première console de salon mythique, la Famicom, la version originale de notre NES européenne. À l'époque, Masayuki Uemura, l'ingénieur de génie derrière la machine, veut ajouter un petit côté gadget rigolo mais pas cher. Résultat ? Il colle un véritable petit microphone avec un curseur de volume directement sur la deuxième manette. Et les développeurs de la firme de Kyoto, toujours aussi inventifs, se disent rapidement qu'il y a un coup de génie à jouer avec cet accessoire improbable. Et c'est là que le talent de Shigeru Miyamoto va entrer en scène.

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Un coup de gueule magique contre les monstres d'Hyrule

Quand The Legend of Zelda sort en 1986, les joueurs découvrent un monstre nommé Pols Voice. Ce truc ressemble à un lapin géant avec de grandes oreilles et il résiste à presque toutes vos attaques d'épée classiques. Le manuel d'utilisation japonais donnait un indice très mystérieux en expliquant que cette créature détestait les bruits forts. Si vous aviez le réflexe d'attraper la deuxième manette et de pousser un bon gros cri dans le micro, paf ! Tous les Pols Voice présents à l'écran mouraient sur le coup, nettoyant la pièce en une fraction de seconde. Vous n'aviez même pas besoin d'articuler un mot magique : un simple souffle puissant ou un hurlement bien aigu suffisait à déclencher le capteur de la manette.

Il y a 40 ans, on pouvait tuer des ennemis en hurlant dans sa manette : voici le secret de Zelda sur NES

Évidemment, Zelda n'était pas le seul titre à exploiter ce petit micro totalement décalé. Dans Kid Icarus, par exemple, vous pouviez carrément négocier les prix dans les boutiques en hurlant sur le marchand pour qu'il vous fasse un rabais. Dans d'autres jeux plus loufoques comme Takeshi's Challenge, le micro devenait carrément un instrument de torture interactive. Le joueur devait chanter pendant trois minutes non-stop dans le microphone pour pouvoir enfin progresser dans l'histoire. Si vous vous arrêtiez de chanter ou si vous faisiez une fausse note, il fallait tout recommencer depuis le début.

On retrouvait aussi cette fonctionnalité dans des jeux de sport ou d'aventure comme Doraemon, où crier permettait de paralyser les ennemis ou de déclencher des attaques secrètes. Techniquement, il faut savoir que le micro ne reconnaissait pas du tout les mots que vous prononciez. C'était simplement si le signal dépassait un certain seuil de décibels, et la console interprétait alors ça comme une pression sur un bouton virtuel. Mais qu'importe la simplicité de la puce, l'immersion était magique et donnait l'impression de contrôler le jeu par la pensée ou par la voix.

Kid Icarus / Doraemon

Il y a 40 ans, on pouvait tuer des ennemis en hurlant dans sa manette : voici le secret de Zelda sur NESIl y a 40 ans, on pouvait tuer des ennemis en hurlant dans sa manette : voici le secret de Zelda sur NES

Rendez-nous le micro : le rendez-vous manqué du marché occidental

Alors, pourquoi diable n'a-t-on jamais eu droit à ce fameux micro sur notre NES en Europe et aux États-Unis ? Quand Nintendo décide d'exporter sa console en Occident en 1985, le marché américain sort tout juste du fameux krach du jeu vidéo de 1983. Pour vendre la console chez nous, Nintendo retravaille complètement son look pour qu'elle ressemble à un magnétoscope haut de gamme plutôt qu'à un jouet rouge et blanc.

Il y a 40 ans, on pouvait tuer des ennemis en hurlant dans sa manette : voici le secret de Zelda sur NES

Pour réduire les coûts de fabrication au maximum et éviter les pannes inutiles, les ingénieurs décident de supprimer plusieurs gadgets jugés secondaires, dont le micro de la manette 2. Le problème, c'est que des jeux comme Zelda avaient été conçus avec cette mécanique en tête. Les développeurs ont donc dû s'adapter en urgence pour la version occidentale.

Dans la version américaine et européenne de The Legend of Zelda, la faiblesse du monstre Pols Voice a été modifiée silencieusement. Le manuel mentionnait toujours que le monstre détestait le bruit, mais en réalité, sur nos consoles, il fallait utiliser la flûte magique ou tirer une flèche pour le tuer en un coup. On se demandait alors tous pourquoi le manuel parlait de bruit alors qu'aucun accessoire ne permettait de faire du son mais c’était en fait juste le résultat direct d'un choix justifié de la part de Nintendo.

Il y a 40 ans, on pouvait tuer des ennemis en hurlant dans sa manette : voici le secret de Zelda sur NES

Il aura fallu attendre de très nombreuses années pour que les constructeurs retentent l'aventure du microphone directement intégré aux manettes ou aux consoles en Occident. Nintendo réinsérera un micro en 2004 avec la Nintendo DS, permettant de souffler sur des bougies ou de crier dans Mario Party DS. Mais à l'époque de la NES, cette idée folle est restée une exclusivité réservée au public japonais, laissant aux Occidentaux des souvenirs remplis d'incompréhension face à certains manuels de jeux. Mais l’Histoire retiendra que Nintendo, grâce à ce petit ajout sur leur Famicom, avait bien 40 ans d'avance sur son temps.