Alors que la grogne des joueurs ne désemplit pas face au passage au tout-numérique prévu chez Sony pour 2028, Alanah Pearce apporte un éclairage particulièrement lucide sur la situation. Selon l’ancienne scénariste de Santa Monica Studio, le géant japonais avait tout anticipé et aucune pétition ne parviendra à stopper la fin programmée des jeux physiques.
Le séisme secoue encore la sphère vidéoludique, mais dans les hautes sphères de la firme, pas une goutte de sueur ne coule. Depuis l'annonce officielle de la suppression progressive des jeux au format physique à l'horizon janvier 2028, PlayStation fait face à une vague de contestation d'une virulence rare. Pétitions en ligne fleurissant à la pelle, commentaires rageurs sous chaque vidéo et appels au boycott inondent les réseaux sociaux de la marque. Pourtant, derrière ce maelström médiatique, le géant japonais garde un calme olympien. Une attitude qui n'a absolument rien d'un hasard, comme le révèle avec une franchise rafraîchissante Alanah Pearce.
Ancienne scénariste chez Santa Monica Studio et figure incontournable du paysage tech, la spécialiste dresse un état des lieux sans concession : la révolte des joueurs est un coup d'épée dans l'eau.
Un plan de crise anticipé dans les moindres détails
Sony s'attendait parfaitement à déclencher une tempête médiatique d'une violence inouïe. Loin d'être surpris par la foudre qui s'abat sur ses canaux officiels depuis plusieurs semaines, le constructeur japonais avait verrouillé sa communication bien avant que la nouvelle ne devienne publique.
Alanah Pearce l'a confirmé dans des propos relayés par la rédaction de Gamereactor :
Sony savait déjà que tout le monde allait être furieux. Des personnes travaillant dans les studios first-party de PlayStation m'ont dit que Sony avait publié les directives les plus strictes qu'ils aient jamais vues concernant les réseaux sociaux pour ce sujet précis.
En imposant une omerta médiatique absolue à l'ensemble de ses collaborateurs et studios partenaires, PlayStation s'assure qu'aucune voix dissonante ne vienne alimenter le brasier. Alanah Pearce, qui a pourtant quitté l'entreprise après avoir travaillé sur le très attendu God of War: Laufey, explique être elle-même encore soumise à des protocoles d'expression extrêmement rigides.
Quand la bourse balaye les pétitions
Les pétitions en ligne ne pèsent pas bien lourd face aux mécanismes impitoyables de Wall Street. Tandis que des dizaines de milliers de passionnés signent des appels désespérés pour préserver le droit à la possession physique de leurs galettes, les investisseurs, eux, ont sabré le champagne.
Aucune pétition et aucune réaction négative du public ne fonctionneront ici. Après l'annonce, l'action de Sony a grimpé de 7 %. Malgré toute l'indignation générale, ce fut un succès significatif pour eux.
Même si les protestations font rage sur Internet, les chiffres montrent que les habitudes de consommation penchent très largement vers la commodité du téléchargement. La majorité des utilisateurs étant désormais captifs de l'écosystème PlayStation, le risque financier calculé par la firme reste extrêmement faible.
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La fin inéluctable d'une ère matérielle
Les usines du groupe adaptent déjà leur appareil productif à cette nouvelle ère dématérialisée. C'est notamment le cas du site historique de Thalgau, dont les capacités de pressage de disques sont drastiquement réduites au profit du développement de nouvelles technologies optiques. Si certains jeux très attendus comme God of War: Laufey bénéficieront encore d'un tirage physique en raison d'une sortie prévue avant le couperet de 2028, il s'agira véritablement des derniers vestiges d'un modèle économique en voie d'extinction.