Alors que Nintendo poursuit sa croisade judiciaire contre Palworld, le Bureau japonais des brevets vient de lui opposer une fin de recevoir cinglante. En s’appuyant sur un fan-game vieux de 13 ans et en usant d’une ironie mordante, l’administration rappelait à la firme de Kyoto qu’on ne brevette pas le bon sens.
C'est une scène digne d'une comédie dont l'industrie du jeu vidéo a le secret. Depuis des mois, Nintendo tente de cadenasser le marché pour protéger sa poule aux œufs d'or contre les créateurs de Palworld, le studio Pocketpair. Mais alors que le titan nippon pensait verrouiller méthodiquement les mécaniques de capture de créatures en étendant ses brevets, il vient de se heurter à un mur inattendu. Et ce mur n'est pas dressé par les avocats de la défense, mais par le Bureau japonais des brevets lui-même. Dans un échange administratif, l'organisme d'État a rejeté une demande clé du constructeur avec une dose de sarcasme qui fait désormais le bonheur du Web.
Un fan-game vieux de 13 ans met des bâtons dans les roues de Big N
Tout commence autour de la demande de brevet enregistrée sous le numéro 2026-077713. Ce document cherche à faire valoir des droits sur une mécanique de jeu particulièrement familière : le fait de sélectionner une sphère en bas de l'écran puis de la lancer sur une cible pour l'attraper.
Face à une tentative d'appropriation d'un principe aussi élémentaire, les examinateurs de l'administration japonaise ont décidé de sortir de la réserve neutre qui caractérise habituellement leur jargon. Pour prouver que le système proposé manquait cruellement de nouveauté, le bureau a cité comme antériorité une vidéo YouTube datant de 2013 illustrant Pokémon: Generations, un projet indépendant et non officiel conçu par des fans. Dans cette vidéo, le joueur sélectionne une Pokéball, la lance sur un Pikachu et le capture une fois le tir réussi.
La section des commentaires de cette vieille vidéo oubliée s'est soudainement remplie de messages hilares saluant ce jeu amateur qui venait, selon les internautes, d'infliger un camouflet à Nintendo et de sauver au passage les créateurs de Palworld.
@Bugmastery :
Tu as sauvé toute l'industrie 🥹
@J0e_Calibur :
Ça a vieilli comme le plus grand des grands crus.
@abbray :
La preuve qu'il y a toujours un intérêt à ne pas supprimer ses anciennes vidéos.
@northwindkey :
Pocketpair te doit de sacrées p*tains de royalties, mec.
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Le Bureau des brevets sort la sulfateuse à sarcasmes
Piquée au vif par ce choix d'exemple, la firme de Kyoto a immédiatement contesté le rejet auprès de l'administration. Dans son recours, Nintendo a qualifié la démarche d'« extrêmement inappropriée », faisant valoir qu'un jeu d'amateur violant le droit d'auteur ne pouvait pas servir de référence juridique légitime.
C'était sans compter sur la répartie tranchante de l'examinateur nippon. Comme le rapporte le média spécialisé GamesRadar+, le Bureau des brevets a balayé l'argument en rappelant que le respect du droit d'auteur n'avait aucune incidence sur l'évaluation de l'inventivité technique.
Dans sa réponse officielle, le Bureau des brevets indique :
Si l'on devait absolument prendre en compte cette préoccupation de droit d'auteur, la notification devrait employer des descriptions lourdes telles qu'un objet sous la forme d'un petit animal au lieu de Pokémon, un objet sous la forme d'un garçon portant une casquette rouge au lieu de Sacha, un objet sous la forme d'un petit animal jaune au lieu de Pikachu, un objet sous la forme d'un petit animal vert au lieu de Bulbizarre, et un objet sphérique avec une moitié supérieure rouge et une moitié inférieure blanche au lieu d'une Poké Ball. Cependant, même avec une telle reformulation, la structure logique des motifs de refus demeure inchangée.
Interrogé par le média Automaton, l'avocat spécialisé Kiyoshi Kurihara a confirmé que l'utilisation d'une telle tonalité cinglante est extrêmement rare dans la pratique légale des brevets au Japon.