L’attente interminable de la sortie de GTA 6 pousse la communauté à repousser les frontières du possible en matière de bidouillage. Un moddeur de génie vient de créer un véritable multivers connectant GTA III, Vice City et San Andreas via des portails spatio-temporels fonctionnant en temps réel.
L'engouement autour du prochain bébé de Rockstar Games atteint des sommets, mais le temps paraît atrocement long depuis la diffusion de la toute première bande-annonce fin 2023. Pendant que certains joueurs analysent minutieusement chaque pixel disponible ou surveillent les moindres bruits de couloir, d'autres préfèrent mettre les mains dans le cambouis pour faire vivre l'héritage légendaire de la franchise.
La scène du modding sur la saga Grand Theft Auto n'a jamais manqué d'imagination, nous offrant depuis des décennies des créations farfelues, des ajouts scénaristiques ou des refontes photoréalistes. Pourtant, absolument personne n'avait osé briser la barrière interdimensionnelle séparant les différents volets fondateurs de l'ère 3D. C'est désormais chose faite grâce au talent acharné d'un certain Dryxio. Ce créateur extrêmement ambitieux a mis au point une prouesse technique hallucinante : fusionner trois monuments du jeu vidéo des années 2000 en une seule et unique expérience fluide.
Un voyage sans temps de chargement entre Los Santos et Vice City
L'idée de se balader de Grove Street aux plages ensoleillées de Vice City en un simple pas a toujours relevé du fantasme pur pour les fans. Le mod mis au point par ce passionné concrétise ce rêve d'enfant avec une aisance déconcertante. Dans une vidéo de démonstration devenue virale sur les réseaux, on aperçoit Carl Johnson, le célèbre CJ, dégainer son arme et tirer à travers un portail flottant de couleur rose au beau milieu de son quartier. De l'autre côté de cette fenêtre dimensionnelle, les passants virtuels de Vice City réagissent et tombent sous les balles. Le joueur décide alors de franchir le pas, traversant la faille temporelle pour se retrouver instantanément dans la peau de Tommy Vercetti, prêt à semer le chaos sous les néons floridiens. Le cycle se poursuit ensuite jusqu'aux ruelles sombres de Liberty City dans le mythique GTA III.
Ces portails magiques agissent comme de véritables fenêtres interactives sur des mondes parallèles fonctionnant en simultané. L'interaction va d'ailleurs bien au-delà de la simple illusion visuelle, puisque les environnements réagissent activement aux actions menées depuis une toute autre dimension géographique. Bien que les limites exactes de ces échanges restent encore à définir, notamment concernant la possibilité éventuelle de faire traverser des véhicules d'un jeu à l'autre, la fluidité de l'ensemble laisse littéralement sans voix. Le joueur est d'ailleurs totalement libre de placer ces points de passage où bon lui semble sur la carte, créant ses propres raccourcis improbables entre les États virtuels.
La sorcellerie technique derrière l'illusion parfaite
Faire cohabiter trois mastodontes de l'ère PlayStation 2 au sein d'un seul et même processus informatique relève de la véritable haute voltige logicielle. On pourrait légitimement se demander quelle magie noire a été employée pour arriver à un tel résultat sans faire planter la machine, et surtout sans le moindre écran de chargement. Le secret réside dans une exploitation brillante du matériel et des codes sources décompilés au fil des années. Chaque portail que vous apercevez dans les extraits de gameplay n'est pas une vulgaire vidéo préenregistrée pour tromper l'œil, mais bien une texture calculée en direct par la carte graphique de l'ordinateur.
Dryxio, l'architecte derrière cette prouesse inouïe, détaille son processus de création sur sa chaîne YouTube :
Les trois jeux tournent simultanément à l'intérieur d'un seul processus, partageant un unique périphérique Direct3D. La transition vers chaque jeu se fait en temps réel via un échange de moteur.
Lorsque le joueur traverse le portail coloré, le système bascule instantanément sur le moteur du jeu de destination, tandis que les autres mondes continuent de vivre leur vie en arrière-plan. L'intelligence artificielle des piétons, la physique exigeante des véhicules, la densité du trafic urbain ou même les systèmes de sauvegardes conservent leur intégrité totale et native. Pour réussir ce tour de force exceptionnel, le moddeur s'est appuyé sur des projets communautaires bien connus, à l'image de re3 et reVC, qui ont permis par le passé de traduire les codes sources originaux en langage C++ propre et lisible. En utilisant une réécriture open source du moteur graphique RenderWare, baptisée librw, l'ensemble des trois univers a pu être compilé et unifié de manière remarquablement stable.
L'ombre menaçante de Take-Two et Rockstar Games
Si l'exploit technique force logiquement le respect de toute l'industrie vidéoludique, sa pérennité est loin d'être assurée face aux armadas d'avocats de Take-Two Interactive. Ce projet titanesque n'est d'ailleurs pas encore accessible en libre téléchargement pour le grand public, et le moddeur joue très certainement la carte de la plus grande prudence. On se souvient encore amèrement de la violente croisade menée par la maison-mère de Rockstar contre les créateurs des fameux projets re3 et reVC, arguant de violations répétées et inacceptables des droits d'auteur.