La Neo Geo AES+ débarque en fin d’année et, franchement, j’étais prêt à craquer direct. Mais là, c’est la douche froide totale. Apprendre que l’un de mes jeux préférés sur la console ne fait pas partie de la sélection d’offres de lancement me dégoute au plus haut point.
La rumeur courait depuis un moment, mais l’annonce officielle de cette Neo Geo AES+ avait de quoi faire rêver tous les amoureux de retrogaming. On nous promettait une sélection de cartouches aux petits oignons, un bel hommage à l'époque 16-bits ultime. Sauf qu’en épluchant la liste des jeux intégrés ou réédités pour le lancement, l'incompréhension a vite laissé place à une vraie frustration. Oublier un titre aussi culte et recherché pour une machine qui se veut la version définitive de l'AES, c'est une faute de goût monumentale.
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Une claque visuelle qui méritait son retour sur le devant de la scène
Graphiquement, Nightmare in The Dark est tout simplement l’un des plus beaux jeux jamais sortis sur Neo Geo, point barre. On parle d’une direction artistique gothique somptueuse, poussée dans ses retranchements avec un souci du détail qui force le respect encore aujourd'hui. Les décors d'un cimetière embrumé ou de châteaux hantés regorgent de nuances sombres, d'effets de lumière saisissants et d'une atmosphère macabre ultra léchée. Se passer d'un tel chef-d'œuvre visuel sur un écran moderne via l'AES+, c’est un gâchis tout simplement incompréhensible pour les yeux.

Au-delà des simples arrière-plans, c’est tout le charadesign qui impose une identité visuelle folle à ce titre. Les boss géants occupent une partie énorme de l'écran avec des sprites monumentaux, typiques de la Neo Geo. Les effets de flammes, quand vous enflammez vos ennemis, explosent avec des couleurs vives qui ressortent de la pénombre ambiante. Ignorer une telle démonstration de force visuelle pour le lancement de la nouvelle console, c'est vraiment ne pas comprendre ce que les fans recherchent en priorité.
L'esprit Castlevania revisité à la sauce arcade décapante
Côté gameplay, le titre mélange habilement l’ambiance d’un Castlevania au dynamisme pur du Beat’em All arcade. Vous incarnez un fossoyeur armé de sa lanterne, évoluant dans un univers gothique peuplé de zombies, de squelettes et de gargouilles. Le jeu vous demande d'immobiliser les monstres avec vos flammes pour les rouler en une énorme boule de feu que vous balancez pour faire encore plus de dégâts. On retrouve cette aura sombre et fascinante propre aux aventures des Belmont, mais condensée dans des tableaux fermés à la Bubble Bobble très nerveux.

Cette boucle de gameplay est d'une efficacité redoutable et n'a pas pris une seule ride en 26 ans. Les mécaniques sont simples à prendre en main, mais la difficulté typée arcade demande un vrai sang-froid et des réflexes aiguisés. Retrouver cette sensation d’action frénétique dans cette ambiance gothique si particulière aurait apporté une variété bienvenue au catalogue de lancement. C’est vraiment dommage d'avoir manqué l'occasion de faire redécouvrir une telle pépite du Beat’em All à toute une nouvelle génération.
L'espoir de voir débarquer les autres oubliés du catalogue par vagues
Maintenant que le coup de massue est passé, j'essaie de garder un espoir pour la suite. Si cette AES+ veut vraiment s'imposer sur la durée, ils vont devoir rapidement corriger le tir avec des vagues de rééditions régulières. Il y a tout un pan de la ludothèque qui mérite de sortir de l'oubli comme Neo Drift Out ou Ganryu. Mais il va falloir des promesses claires et un calendrier solide. On ne peut pas laisser dormir de telles pépites dans les tiroirs alors qu'un public passionné attend impatiemment de pouvoir les acheter.
Neo Drift Out / Ganryu


J'attends donc de voir si cette Neo Geo AES+ saura construire sur la durée une offre digne de ce nom. La Neo Geo a toujours été une machine de passionnés, une console d'épicuriens du jeu vidéo prêts à mettre le prix pour l'excellence. Les développeurs de cette version "+" doivent comprendre que la nostalgie ne suffit pas : il faut aller chercher ces chefs-d'œuvre méconnus qui font la vraie richesse de la marque. J'observe ça de loin pour l'instant, la carte bleue au chaud, en espérant très fort une bonne surprise dans les prochains mois.