L'influence de Flash Gordon sur la création de Star Wars : Comment George Lucas a transformé son rêve d'adaptation en une saga légendaire

Titre original : Star Wars n'aurait jamais existé sans ce héros de science-fiction que George Lucas voulait amener au cinéma

George Lucas était un simple et jeune Californien passionné de voitures, de courses automobile et de bande dessinée. Quand il a voulu adapter une de ses oeuvres favorites au cinéma, il s’est confronté à Hollywood et ses vices, qui lui a donné l’opportunité de créer Star Wars.

Petit, George Lucas (le papa de Star Wars) rêve davantage de vitesse que de cinéma. Et comme de nombreux jeunes américains de son âge, nés en plein baby boom, il lit les comics, pulp magazines et se fascine pour l’univers des super héros, fascination qui ne le quittera jamais.

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La guerre et la tête dans les étoiles

Mais une oeuvre a tout particulièrement attiré son attention : Flash Gordon. Le héros aussi rapide que l’éclair résonne particulièrement chez lui. Une ébauche dans l’univers de la science fiction que Lucas admire. C’est qu’en plus de sa passion pour les BD, les courses automobiles sont dans son viseur. Et il rêve davantage de vitesse, de motos, de rock’n’roll que de cinéma ; il souhaite même devenir pilote de course professionnel, malgré l’opposition de son père qui trouve que ce ne sont pas des ambitions sérieuses (Lucas a plus tard raconté avoir détesté son enfance à cause du harcèlement scolaire et de ses parents très luthériens).

Tout bascule en 1962 quand il vient d’avoir 18 ans. Lors d’un trajet en voiture, cette dernière se retourne et il est éjecté contre un arbre à pleine vitesse. Deux semaines de soins intensifs plus tard, Lucas se rend à l’évidence : il ne peut plus aller aussi vite en voiture sans se mettre en danger. Qu’à cela ne tienne, il se contentera de filmer les courses auto désormais.

Fi de son intérêt pour la vidéo, il se tourne alors vers les écoles de cinéma, malgré l’opposition farouche de son père. Lors de ses études entre 1963 et 1968 à l'University of Southern California, il devient ami avec Francis Ford Coppola et réalise quelques films étudiants pour lesquels il remporte un stage à la Warner Bros. Pas mal. Coppola croit beaucoup en Lucas et les deux hommes fondent le studio American Zoetrope car ils souhaitent s’émanciper de Warner.

Les deux hommes dans les années 1970.

Star Wars n'aurait jamais existé sans ce héros de science-fiction que George Lucas voulait amener au cinéma

Mais Lucas a vite été confronté à un problème auquel bien des étudiants font face à la sortie de l’école : il ne connaît personne dans le cinéma ! Il se doit donc de faire ses preuves. Il commence par American Graffiti en 1973, inspiré de sa jeunesse. Et il marche. Avec le budget dérisoire de 777 777$ précisément, il remporte l’Oscar du Meilleur film en 1974.

Extrait d'American Graffiti : Lucas y a filmé de nombreuses scènes de voitures

Star Wars n'aurait jamais existé sans ce héros de science-fiction que George Lucas voulait amener au cinéma

Maintenant qu’il a un peu de bouteille et de crédibilité, c’est avec nostalgie qu’il va réclamer les droits de son comics d’enfance : Flash Gordon. Entre voyages spatiaux, empereurs sans pitié et civilisations extraterrestres, il faut bien avouer que Lucas avait bien un type de cinéma à remettre au gôut du jour. Mais il est vite heurté à un souci : le réalisateur Dino De Laurentis vient tout juste de s’intéresser à un projet de film sur Flash. Donc les droits lui sont passés sous le nez. Mais c’est là que notre histoire devient un peu plus croustillante.

Fais le, ou ne le fais pas

Au lieu de batailler dix ans entre les tribunaux comme les Américains savent si bien le faire, il va plutôt choisir de faire un petit remix de l’histoire afin de passer sous les radars. Un peu comme Friderich Murnau avec le cultissime Nosferatu : saviez -vous qu’il souhaitait adapter Dracula en film en 1922 mais n’avait pas eu les droits ? Alors il a changé quelques éléments et a réalisé Nosferatu, grand classique du cinéma gothique et d’horreur.

Il aurait pas une légère ressemblance ?

Star Wars n'aurait jamais existé sans ce héros de science-fiction que George Lucas voulait amener au cinémaStar Wars n'aurait jamais existé sans ce héros de science-fiction que George Lucas voulait amener au cinéma

Du coup, il garde ce qui lui est essentiel de Flash Gordon et va les assaisonner à sa sauce. Le Bien et le Mal, les grands voyages et grosses machines, l’empereur Ming devenu Dark Vador, la princesse Aura en Princesse Leia etc. En fait, il s’est inspiré de tout son patrimoine personnel en y ajoutant des éléments de western, des films de samouraï (le masque de Vador) et il va même jusqu’à donner son nom de famille au protagoniste Luke Skywalker que nous connaissons tous (la légende raconte même qu’il aurait écrit son personnage en miroir à la relation qu’il entretenait avec son père, l’émancipation du héros pour ne pas finir comme lui).

La Force était avec lui

A l’époque où l’univers est en pleine construction, personne ne sait encore ce que Star Wars est en train de devenir. Sans les effets spéciaux et la musique, les acteurs étaient souvent surpris des scènes qu’ils devaient jouer (et on les comprend, parce qu’un combat de sabre laser sans laser est assez loufoque.) Seul Alec Guinness était un acteur reconnu à l’époque ; et les principaux acteurs Carrie Fischer, Mark Hamill et Harrison Ford étaient plutôt inconnus au bataillon…

Les têtes d'affiche en détente

Star Wars n'aurait jamais existé sans ce héros de science-fiction que George Lucas voulait amener au cinéma

Lucas s’est donc investi sans faille et ses efforts ont fini par payer - nul besoin de vous préciser que l’oeuvre a connu un succès intergalactique et restera la saga la plus culte de la pop-culture de tous les temps (bien que je soit fan du Seigneur des Anneaux, je ne veux pas être de mauvaise foi…)

L’histoire a le mérite d’être accessible à tous les âges et elle est si bonne qu’elle plait aussi à un public peu habitué ou qui n’aime pas spécialement la science fiction. Grâce à ce public extrêmement élargi, c’est aussi ainsi que Star Wars a pu fonctionner et devenir le film le plus rentable ayant jamais existé à l’époque (et a détrôné Les Dents de la Mer, sorti deux ans plus tôt.)

La première diffusion de La Menace Fantôme au Chinese Theater de Los Angeles. Ca donne le ton.

Star Wars n'aurait jamais existé sans ce héros de science-fiction que George Lucas voulait amener au cinéma

Lucas n’aura donc jamais réalisé son Flash Gordon, finalement sorti en salles en 1980 par Mike Hodges … mais il aura créé un univers qui l’a largement dépassé, jusqu’à lui rapporter une fortune personnelle estimée à 6,4 milliards de dollars. Sans doute le refus le plus rentable du cinéma.