Franchement, quand on pense à ce cosy game, on imagine tout de suite des petits animaux mignons, des fleurs colorées et une vie paisible sans la moindre prise de tête. Et pourtant, il y a deux décennies, ce petit havre de paix a provoqué une tempête inattendue chez certains parents très remontés.
Au début des années 2000, Nintendo débarque avec un concept totalement inédit pour sa Gamecube : un jeu de simulation de vie en temps réel où l'on emménage dans un village peuplé d'animaux anthropomorphes : Animal Crossing. Sauf que voilà, dans ce cadre idyllique, un élément bien particulier vient perturber le tableau. Devant sa petite maison virtuelle, chaque joueur a droit à une étrange statue appelée gyroïde. Censée servir de boîte aux lettres interactive et de point de sauvegarde, cette statuette va très vite attirer l'attention de parents et déclencher une drôle de panique au service client de la firme nippone.
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Quand un gyroïde « couleur chair » met le feu aux poudres
L'affaire a refait surface grâce à un vieux numéro de magazine de 2004 déterré sur le web. Dans celui-ci, un ancien conseiller téléphonique de Nintendo, Rick Sandbom, raconte les coulisses les plus folles de l'époque. Au milieu des demandes d'astuces très classiques pour débloquer des quêtes, le service client s'est mis à recevoir une avalanche d'appels de parents totalement furieux. Le grand coupable ? Ce fameux gyroïde. De couleur chair et doté d'une forme cylindrique allongée, cet objet bizarre a donné l’impression aux parents de voir un phallus géant et frétillant sous leurs yeux.

Face à cette vision pour le moins suggestive, l'incompréhension et l'indignation ont rapidement laissé place à une véritable vague de panique chez les familles américaines. Les conseillers de Nintendo ont dû gérer des dizaines de coups de téléphone survoltés de parents persuadés que Nintendo avait glissé un accessoire obscène en cachette dans un jeu destiné aux jeunes enfants.
La situation a pris une telle ampleur que la direction de la firme de Kyoto a dû prendre des mesures draconiennes pour encadrer ces conversations très explosives. Nintendo a carrément créé une page spécifique dans la base de données interne de ses téléconseillers, contenant une procédure stricte pour désamorcer la colère des parents embarrassés. Mieux encore, la consigne était si délicate que ces appels n'étaient même pas confiés aux nouveaux arrivants : seuls les conseillers les plus chevronnés du centre d'appel avaient le droit d'y répondre pour éviter le moindre malaise ou dérapage verbal.

Insultes, traumatismes et visages sans yeux : les autres sombres secrets du jeu
Ce drôle de scandale n'était pourtant pas le seul point d'ombre du tout premier Animal Crossing. À commencer par Monsieur Ressetti, cette taupe qui punissait ceux qui éteignaient leur console sans sauvegarder au préalable. Il surgissait de terre en hurlant, tapait du poing, et menaçait même d'effacer définitivement la partie de l'utilisateur. Résultat : de nombreux enfants finissaient en larmes devant leur écran TV. Les parents effarés ont, là aussi, inondé le service après-vente de réclamations.
Un autre phénomène particulièrement flippant a aussi eu lieu à l'époque : le bug du « visage gyroïde ». Si un joueur voyageait dans le village d'un ami via une seconde carte mémoire et coupait subitement le courant sans sauvegarder, le jeu lui infligeait une punition digne d'un film d'horreur. Au redémarrage, le personnage du joueur réapparaissait sans aucun vêtement, dépouillé de tout son inventaire, mais surtout avec des trous noirs béants à la place des yeux et de la bouche, calqués sur le visage effrayant des fameux gyroïdes.


Enfin, impossible de ne pas évoquer la méchanceté légendaire des habitants du jeu original. À l'époque, les animaux du village n'hésitaient pas à insulter le joueur, le traitant de moche, de ringard ou d'incapable à la moindre occasion. Entre un humour noir très décapant et des sous-entendus réservés aux adultes, ce premier opus affichait une noirceur sous-jacente surprenante. Un cocktail détonant qui ferait hurler la bien-pensance d'aujourd'hui, mais qui explique pourquoi ce titre conserve une place si particulière dans le cœur des fans nostalgiques.