George Lucas explique que Star Wars n'est pas de la science-fiction mais un conte de fées spatiales, souvent mal compris par le public

Titre original : George Lucas affirme que des millions de personnes ont mal compris Star Wars : « Je voulais simplement faire abstraction de la science »

Pensiez-vous regarder une vraie saga de science-fiction en découvrant Star Wars ? George Lucas remet les pendules à l’heure. D’après le cinéaste américain, des millions de fans sont complètement à côté de la plaque quant aux intentions originelles de la saga et de sa mythique galaxie lointaine.

C'est le genre de débat éternel qui anime les forums spécialisés depuis près de cinquante ans. Entre les bruits d'explosions retentissants dans le vide spatial et les voyages à hypervitesse, Star Wars a toujours entretenu une relation très distante avec la physique théorique ou réaliste. Et pour cause, George Lucas lui-même n'a jamais cherché à faire de la science-fiction au sens strict du terme avec ses films.

La science-fiction ? Très peu pour lui

Dans des propos tenus dès les débuts de la saga et régulièrement rappelés par le créateur au cours de ses productions, l'ambition de base était bien différente des exigences de ce qu'on appelle « la SF hard-science ». Face aux amateurs du genre qui s'inquiétaient à l'époque du manque de cohérence scientifique de son univers, le réalisateur américain a fait le choix d'assumer une démarche radicalement opposée. Il s'agissait avant tout de s'émanciper des contraintes du réel pour façonner un tout autre type de récit, plus libre et surtout plus attractif auprès du grand public.

George Lucas affirme que des millions de personnes ont mal compris Star Wars : « Je voulais simplement faire abstraction de la science »

C'est notamment ce que George Lucas explique dans un entretien accordé au média Rolling Stone :

« J'avais un vrai problème parce que j'avais peur que les fans de science-fiction et tous les autres disent des choses comme : "Vous savez qu'il n'y a pas de son dans l'espace." Je voulais juste oublier la science. [...] Stanley Kubrick a réalisé le film de science-fiction ultime et il sera très difficile pour quiconque de faire mieux, à mon avis. Je voulais simplement faire abstraction de la science. [...] Dès l'apparition de la bombe atomique, tout le monde s'est passionné pour les monstres, la science et les conséquences de telle ou telle chose. Je pense que la fiction spéculative est parfaitement valable, mais les gens ont oublié les contes de fées, les dragons, Tolkien et tous les vrais héros. »

En évitant sciemment la comparaison avec le film de Stanley Kubrick sorti en 1969, 2001 : L'Odyssée de l'espace, George Lucas a fait le choix de glisser vers de la "fantasie spatiale" (ce que la pop-culture moderne qualifie plus volontiers de space opera). Un univers où la science s'efface totalement au profit du mythe, du conte de fées et de l'aventure initiatique.

Quand la fantasy enfile une combinaison spatiale

Si l'on décortique la structure de Star Wars, épisode IV : Un Nouvel Espoir, la mécanique utilisée est très claire. Les vaisseaux spatiaux remplacent les destriers, le sabre laser se substitue à l'épée en acier, et la Force agit ni plus ni moins comme une forme de « magie cosmique ». Le tout est enveloppé dans un univers artistique inspiré de serials comme Flash Gordon ou des récits d'Edgar Rice Burroughs. D'après la vision de son auteur, Star Wars s'adresse d'abord à l'imaginaire d'un public jeune, situé autour de douze ans, plutôt qu'aux ingénieurs de la NASA ou aux vétérans des sciences pures friands d'explications techniques sur le fonctionnement d'un hyperpropulseur.

George Lucas affirme que des millions de personnes ont mal compris Star Wars : « Je voulais simplement faire abstraction de la science »

C'est précisément ce décalage qui explique pourquoi des millions de spectateurs continuent de débattre sur les prétendues incohérences de la saga, qui n'ont au final pas du tout lieu d'être. En cherchant de la rigueur scientifique là où George Lucas n'a posé que des décors de fable morale, on passe tout simplement à côté du projet d'origine et de la vision du créateur. Ironiquement, c'est cette liberté créative totale qui a permis à la franchise de traverser les générations sans prendre une ride. Car les mythes ne vieillissent jamais, contrairement aux théories scientifiques d'époque qui, elles, accusent sérieusement le coup avec le temps.