Après avoir sublimé Spider-Man sur PS4 et PS5, les studios hollywoodiens d’Insomniac Games s’intéressent à un super-héros de la Maison des Idées bien plus bestial et brutal en la personne du mutant James “Logan” Howlett. Marvel’s Wolverine est-il le jeu vidéo d’action-aventure tant attendu par les fans ? Voici nos impressions après deux heures sur PlayStation 5.
Lors d’un événement organisé par Sony dans les locaux d’Insomniac Games situés à Burbank en Californie, la rédaction de JV a eu l'occasion de prendre en mains Marvel’s Wolverine durant une session de deux heures sur PlayStation 5 couvrant la première heure ainsi que la fin de l’Acte 1. Nous nous sommes par la suite entretenus 30 minutes avec le directeur artistique Grant Hollis et le directeur de l’animation Bryan Wyser afin d’en apprendre davantage sur le projet.
Une histoire originale de mutants
L’histoire couchée sur papier et mise en scène par Insomniac Games s’inspire bien évidemment des comics produits par l’écurie Marvel au cours de 50 dernières années (Wolverine apparaissant pour la première fois en 1974 dans The Incredible Hulk 180), mais s’en émancipe afin de proposer un récit original reposant sur un postulat de départ intrigant et osé. Dans cet univers, les X-Men n’existent pas. Les mutants sont bel et bien présents, mais aucun groupe ne défend leurs intérêts, exception faite de la Team X dirigée par Nathaniel Essex et composée de Dents de Sabre, Mystique, Jean Grey et bien entendu Wolverine.
Les scénaristes plongent les joueurs au cœur de l’action sans aucun préambule, à l’image de ce qui avait été fait sur la saga Spider-Man. L’aventure débute in media res avec un Logan qui n’a pas le temps de niaiser pour notre plus grand plaisir. Les premières séquences de gameplay, qui servent de tutoriels, se veulent intenses et brutales, et nous immergent pleinement dans un univers super-héroïque bien moins enjoué et léger que pouvait l’être celui de Peter Parker (du moins en apparence). Cette noirceur est représentée à l’écran par plusieurs personnages, notamment Oméga Red, Bolivar Trask et les Industries Trask qui tiennent les rôles d’antagonistes anti-mutant, et les supposés héros ne sont pas reste dans ce registre.

Sans grande surprise, les cinématiques réalisées avec soin par Insomniac Games sont dignes des aventures sur grand écran de Wolverine. Il n’y a absolument rien à redire tant ces dernières assurent le spectacle entre deux séquences de gameplay survitaminées tout en explorant des facettes plus intimes de Logan et de ses compagnons d'infortune. L’histoire se focalise sur les personnages, leurs motivations, leur passé, et non uniquement sur l’action, ce qui rend l’expérience bien plus prenante et touchante. Un style de caméra “in game” fut même spécialement conçu afin d’appuyer la dimension cinématographique de l’oeuvre.
La narration passe également par des instants plus posés, dont des discussions à choix multiples qui n’impactent pas directement l’aventure, mais dévoilent des pans entiers de la vie de Logan, un personnage qui pour rappel est amnésique. Enfin, la version originale (VO) est un petit bijou. Il serait tout bonnement inconvenant de ne pas saluer les performances des acteurs de doublage et de motion capture tant le résultat est à la hauteur des enjeux. Nous pensons surtout à Liam McIntyre, un acteur australien ayant joué dans la série Spartacus, qui campe un Wolverine à la fois humain et bestial.

La toute puissance de la linéarité
A l’ère des mondes ouverts, Insomniac Games a pris une décision radicale, mais ô combien judicieuse… revenir à l’essence même du jeu vidéo d’action-aventure. Marvel’s Wolverine est une aventure linéaire, à l’image de la franchise Uncharted développée par Naughty Dog, ce qui convient parfaitement au personnage. Il n’est pas question ici de déambuler dans un open world, mais de vivre une expérience rythmée et pensée pour nous en mettre plein les yeux.
Les jeux vidéo Spider-Man étaient magnifiques, de par la précision de leurs animations, la modélisation des personnages et l’immensité de New York. Cette nouvelle exclusivité PlayStation se veut tout aussi bluffante visuellement parlant avec sa direction artistique “filmique” à mi-chemin entre réalisme et comics modernes. Les artistes apportent un soin tout particulier aux petits détails et aux finitions permis par la linéarité de l’aventure afin de bâtir des environnements crédibles et partiellement destructibles entre Telambang, Madripoor, Tokyo, etc.

Le savoir-faire technique et visuel d’Insomniac Games se retrouve également dans la création et l’animation des personnages, qui se veulent plus vrais que nature et plus vivants que jamais. Les expressions faciales sont criantes de vérité. Les animations leur donnent vie avec maestria. Mention spéciale aux dégâts subis par Wolverine dont la peau et la chair s'arrachent et se régénèrent en temps réel selon son état de santé. Cependant, bien que les ennemis soient violemment malmenés, nous regrettons l’impossibilité de les transformer en sashimis humains. Les fans de Metal Gear Rising : Revengeance comprendront la référence.
Marvel’s Wolverine n’est pas qu’une succession de couloirs, mais s’articule autour de zones semi-ouvertes laissant aux joueurs le choix de l’approche. Séduisantes sur le papier, elles doivent encore faire leurs preuves, trop peu d’entre elles ayant été explorées durant notre session. Puis, à l’heure de donner nos premières impressions, quelques bugs mineurs sans conséquences sur la progression demeurent présents, mais nul doute que les développeurs les feront disparaître incessamment sous peu.

Un gameplay bestial
Il est temps de passer au plat principal… le gameplay et Insomniac Games n’a plus rien à prouver en la matière. Les jeux vidéo Spider-Man étaient des modèles du genre, à la fois fidèles au personnage et jouissifs à prendre en mains, et Marvel’s Wolverine promet d’être encore plus percutant. Les studios troquent naturellement l’agilité et la dextérité de l’Homme-Araignée pour une brutalité et une bestialité cathartiques. Les combats de Marvel’s Wolverine se veulent bourrins, sanglants, techniques et surtout “grounded” (ancrés) afin de faire honneur au personnage principal.
Logan n’est pas pour autant cloué au sol. Au contraire, le mutant est plus bondissant que jamais, mais sans perdre cette lourdeur et cette puissance animales qui le caractérisent. Wolverine est un anti-héros qui ne fait pas dans la denetelle et Insomniac Games l’a parfaitement compris en concevant un arsenal d’attaques, parades, esquives qui met en lumière ses aptitudes guerrières et sa férocité. Pour ce qui est de ses capacités de régénération, elles sont liées au gameplay afin de rendre l’expérience ludique. En toute logique, Wolverine n’est pas invincible, mais peut compter sur diverses compétences et un système de Rage pour reprendre du poil de la bête et gagner temporairement en puissance.

Les studios californiens ont également intégré une dimension light RPG afin de donner un sentiment de progression aux joueurs. Au gré de l’aventure, Logan débloque des techniques, des techniques spéciales et des adaptations génétiques qui permettent d’affiner le gameplay selon notre style de jeu. Cela permet entre autres d’accentuer sa régénération, la puissance de ses coups, sa mobilité, etc. Et ce ne sera pas de trop pour affronter les sbires de Trask Industries ou encore de La Main, mais aussi des boss dont le premier n’est autre qu’une Sentinelle. L’affrontement fut épique et violent.
Wolverine ne serait que l’ombre de lui-même s’il se contentait de découper à tout, va et Insomniac Games l’a bien compris. Au-delà des combats fort plaisants, Logan sait faire preuve de discrétion, s’infiltre sans se faire repérer et traque ses ennemis à l’aide de son odorat avant de les éliminer. Des phases de “plateforme” sont également présentes, bien qu’anecdotiques sur les premières heures, histoire de varier les plaisirs et de montrer toute l’étendue des talents de Wolverine.
Petit plus et non des moindres, plusieurs portes cauchemardesques à trouver dans les environnements donnent accès à des défis avec pour récompenses des souvenirs perdus de Logan. Et que les amateurs de cosmétiques se rassurent, Insomniac Games a ajouté des dizaines de costumes et de griffes iconiques et/ou inédits à débloquer, permettant ainsi de modifier l’apparence du héros le plus bestial de La Maison des Idées.

Wolverine est une lettre d’amour adressée à James “Logan” Howlett et à ses fans. Insomniac Games est sur le point de délivrer une nouvelle master class, respectueuse du personnage, mais sachant s’émanciper des comics pour proposer une aventure originale. Le titre est brutal à souhait avec son système de combat savamment orchestré, rythmé de par sa structure linéaire et magnifique avec ses visuels réalistes/comics. L’aventure de Logan s’annonce épique et il nous tarde de la poursuivre sur PlayStation 5 à la rentrée 2026.