Résistance du marché physique en France : Analyse des ventes de Resident Evil Requiem et comparaison internationale

Titre original : Le physique est mort ? Pas en France ! La statistique totalement folle des ventes de Resident Evil Requiem

On nous répète sur tous les tons que le disque en plastique appartient au passé. Pourtant, au pays de Molière et du camembert, les joueurs font une résistance héroïque qui prend toute l’industrie à revers. Les chiffres officiels de ventes de Resident Evil Requiem viennent de tomber, et ils révèlent un fossé entre la France et le reste du monde.

On pensait la messe dite. Depuis des mois, les rumeurs et annonces stratégiques s'accumulent pour sceller le sort des éditions physiques. Sony prépare doucement le terrain pour imposer le tout-numérique sur ses consoles, tandis que Capcom annonçait récemment viser plus de 90 % de ventes dématérialisées sur l'ensemble de son catalogue. Mais c'était sans compter sur un cas d'école capable : la sortie du très attendu Resident Evil Requiem.

Six mois après le lancement du blockbuster de Capcom, les données de ventes régionales arrêtées à la fin juin 2026 viennent bousculer les idées reçues. Et le constat est sans appel : les habitudes de consommation varient de manière vertigineuse d'un continent à l'autre.

Un grand écart culturel entre la France et les États-Unis

Les chiffres révélés par le cabinet Ampere Analysis dessinent une carte du monde plutôt fascinante. Alors qu'outre-Atlantique le marché semble avoir définitivement basculé dans l'ère du téléchargement, l'Europe et l'Asie gardent une affection toute particulière pour les boîtes de jeu.

Le physique est mort ? Pas en France ! La statistique totalement folle des ventes de Resident Evil Requiem

Aux États-Unis, le verdict est sans équivoque : à peine 22 % des exemplaires vendus du jeu de Capcom sont en version physique, laissant 78 % du gâteau aux achats dématérialisés. Un chiffre qui valide l'enthousiasme des éditeurs pour le modèle tout-numérique. Mais dès que l'on traverse l'Atlantique ou l'Océan Pacifique, la tendance s'inverse totalement.

Le cofondateur de The Game Business, Christopher Dring, a partagé cette analyse sur son compte X :

En ce qui concerne la transition vers le numérique, tous les marchés ne sont pas logés à la même enseigne.

La France s'impose en effet comme la grande championne internationale de la résistance physique. Dans l'Hexagone, 55 % des ventes de Resident Evil Requiem ont été réalisées en version boîte, contre 45 % en dématérialisé. Le Japon suit de très près avec un rééquilibrage quasi parfait à 51 % de ventes physiques. Même au Royaume-Uni (40 %) et en Australie (43 %), le disque conserve une part de marché bien plus solide que sur le continent américain.

Une photographie des habitudes d'achat mondiales

Pour bien mesurer l'ampleur du phénomène, les chiffres compilés par Ampere Analysis montrent un écart édifiant de 33 points entre les États-Unis et la France.

Ce grand écart s'explique notamment par des facteurs culturels et logistiques bien ancrés. En France, le réseau de distribution physique reste dense, soutenu par des enseignes spécialisées et de grands hypermarchés qui utilisent le jeu vidéo comme produit d'appel. La culture de la collection, le marché de l'occasion et la possibilité de revendre ou prêter ses jeux continuent d'exercer un pouvoir d'attraction majeur auprès du public français.