Connu pour Elden Ring ou Dark Souls, FromSoftware n’a pas toujours produit des chefs-d’œuvre. Si les joueurs pensent aujourd’hui à The Duskbloods, la mystérieuse exclusivité Switch 2 du studio, son passé sur consoles Nintendo est bien plus mitigé. Entre casse-têtes opportunistes sur DS et RPG bancals sur GameCube, retour sur les exclusivités Nintendo développées par FromSoftware qui sont très loin de la masterclass.
The Duskbloods (Nintendo Switch 2)
C'est évidemment le titre auquel tout le monde pense aujourd'hui. Annoncé comme une exclusivité majeure pour la Switch 2 et chapeauté par Hidetaka Miyazaki en personne, The Duskbloods suscite autant de curiosité que de méfiance. S'éloignant des grands RPG solos exigeants qui ont fait la renommée moderne de la firme, le studio s'aventure encore sur le terrain du jeu d'action axé sur le multijoueur. Comme Elden Ring : Nightreign.
Malgré une direction artistique poisseuse et gothique fidèle à la patte du studio, ce parti pris du tout-en-ligne divise une partie des fans historiques. S'il est encore trop tôt pour crier au naufrage, le jeu aura fort à faire pour prouver qu'il n'est pas une simple expérimentation secondaire de plus dans le catalogue du studio.
Nanpure VOW (Nintendo DS)
Tout en bas du panier, on retrouve Nanpure VOW, l'une des bizarreries les plus incongrues de l'histoire du studio. Sorti en 2007 uniquement au Japon, ce titre n'est ni plus ni moins qu'un simple jeu de Sudoku sur Nintendo DS. À une époque où la console portable de Nintendo cartonnait avec le Programme d'Entraînement Cérébral du Dr Kawashima, FromSoftware a peut-être tenté de surfer sur la vague du casual gaming sans la moindre conviction. Le jeu ne propose absolument aucune originalité visuelle ou mécanique pour se démarquer de la concurrence. Une production à mille lieux des univers sombres qui feront plus tard la renommée internationale de la firme.
Iraroji VOW (Nintendo DS)
Dans la même veine que son jumeau sorti la même année, Iraroji VOW vient enfoncer le clou de la période opportuniste de FromSoftware sur DS. Cette fois-ci, les développeurs s'attaquent au genre du picross et des nonogrammes, toujours à destination exclusive du marché japonais. Si la formule du casse-tête logique fonctionne sur le papier grâce au stylet, le titre manque cruellement de personnalité et d'enrobage. Rien dans la direction artistique ou la bande-son ne laisse deviner la patte des créateurs d'Armored Core.
Yatsuhaka-mura (Nintendo DS)
En 2009, FromSoftware retente sa chance sur DS en s'attaquant au genre du visual novel et du jeu d'enquête textuel avec Yatsuhaka-mura. Adapté du roman policier japonais Le Village aux huit tombes, le jeu plonge le joueur dans une sombre histoire de meurtres familiaux. Bien que l'atmosphère intrigue davantage que les jeux de réflexion du studio, la réalisation reste paraît-il extrêmement rigide et paresseuse. Le titre souffre d'un rythme poussif, de phases d'investigation très limitées et d'une austérité visuelle qui a peiné à séduire, même les amateurs du genre. Une expérience narrative anecdotique qui n'a logiquement jamais traversé les frontières de l'archipel.
Inugamike no Ichizoku (Nintendo DS)
Sorti la même année et construit sur le même moule que le titre précédent, Inugamike no Ichizoku adapte un autre monument de la littérature policière nippone, La Malédiction des Inugami. Le studio y affine légèrement sa formule d'aventure textuelle en proposant des illustrations plus travaillées et une ambiance poisseuse un peu plus marquante. Malheureusement, le gameplay reste réduit à sa plus simple expression, se résumant à faire défiler du texte et à cliquer sur quelques indices évidents. Sans être une catastrophe industrielle, le titre manque cruellement de punch et de modernité pour l'époque.
Lost Kingdoms 1 et 2 (GameCube)
En tête de ce classement des exclusivités Nintendo de FromSoftware, le premier Lost Kingdoms reste probablement la tentative la plus intéressante, bien qu'imparfaite. Débarqué en 2002 au lancement de la GameCube, le jeu posait les bases d'un univers dark fantasy déjà très reconnaissable, agrémenté d'un gameplay hybride mêlant action et gestion de cartes. Si l'ambiance sombre et le concept d'invocation pouvaient séduire à l'époque, le jeu était plombé par une durée de vie famélique, des graphismes austères et une répétitivité marquée. On y aperçoit les premiers balbutiements de la formule qui fera le succès futur du studio, mais le titre reste aujourd'hui bien trop bancal pour prétendre au statut de classique.
Lire notre test du jeu Les Royaumes Perdus (13/20)
Suite directe du premier opus sur GameCube, Lost Kingdoms II (connu sous le nom de Rune II au Japon) tente de corriger les défauts de son grand frère en enrichissant son système de combat. Ce jeu d'action-RPG propose un concept original où l'héroïne invoque des créatures en temps réel à l'aide d'un deck de cartes à collectionner. Malheureusement, malgré une exploration plus vaste et un bestiaire étoffé, le titre souffre d'une réalisation technique très datée et d'une lourdeur générale pénible. La caméra souvent aux fraises et le manque de punch des affrontements gâchent une idée de gameplay pourtant prometteuse. Un titre moyen qui n'a pas su transformer l'essai.
Les cas particuliers à ne pas confondre
Tenchu: Dark Secret (Nintendo DS, 2006) : Bien que FromSoftware soit le propriétaire de la franchise Tenchu et ait édité le titre au Japon, le développement effectif de cet opus portable extrêmement médiocre a été confié au studio externe Polygon Magic.
The Adventures of Cookie & Cream (Nintendo DS, 2007) : Ce jeu d'action/plateforme mignon et coopératif a bien été développé par FromSoftware, mais la version DS n'est qu'un portage adapté d'un titre originalement sorti sur PlayStation 2 en 2000.