Si l’on vous dit The Martian, E.T. l’extraterrestre ou encore Zodiac, votre cœur de cinéphile bat sans doute un peu plus fort. Jusqu’à présent, Apple, avec sa plateforme Apple TV, avait fait le pari de l’exclusivité absolue en abreuvant ses abonnés de séries saluées par la critique comme Ted Lasso, Silo ou Severance. Mais l’industrie du streaming est une guerre d’usure, et pour conserver l’attention de son public, la firme de Cupertino semble prête à sortir une nouvelle carte de sa manche : celle de la douce nostalgie.
Une cure de jouvence à base de vieux classiques
Un mouvement rare vient d'être repéré chez le plus grand géant américain de la tech : près d'une vingtaine de films incontournables ont fait une apparition remarquée dans la section des nouveautés de l'application Apple TV ! Habituellement, ces œuvres sont strictement cantonnées à la boutique classique d'Apple, où il faut sortir le portefeuille pour les louer ou les acheter à l'unité. Désormais, elles s'affichent fièrement avec la mention fraîchement ajoutée, signifiant qu'elles sont accessibles sans le moindre surcoût pour les possesseurs d'un abonnement actif. En France, si vous avez un abonnement Canal, vous devriez être bon !
Parmi les têtes d'affiche, on retrouve des monuments qui parleront forcément aux trentenaires et aux passionnés de culture pop. Du frisson psychologique avec Sixième Sens et Gone Girl, de la science-fiction pure avec Premier Contact (Arrival) et Looper, ou encore du grand spectacle avec Mission Impossible : Protocole Fantôme. Les amateurs de comédies et de drames historiques ne sont pas en reste puisque des pépites comme 21 Jump Street, Zoolander, Un Homme d'Exception ou encore Titanic font également partie de cette impressionnante charrette.
Pour les curieux qui voudraient replonger dans ces univers, rappelons que l'abonnement mensuel coûte aujourd'hui 9,99 €, et qu'une période d'essai de sept jours reste disponible. L'application est par ailleurs omniprésente, accessible nativement sur les smartphones, les tablettes, les ordinateurs et bien sûr, les boîtiers multimédias de la marque.
Le modèle Netflix en ligne de mire
L'objectif derrière cette manœuvre inattendue est limpide : booster l'engagement quotidien et limiter la fuite des abonnés. Le marché impitoyable de la vidéo à la demande le prouve tous les jours, les productions originales et exclusives attirent de nouveaux clients, mais ce sont les programmes de fond de catalogue dit "de confort" qui les empêchent de résilier. Son grand rival Netflix l'a parfaitement assimilé depuis des années, en s'appuyant massivement sur des licences cultes comme Friends ou The Office pour maintenir ses audiences au sommet.
En injectant cette sélection minutieuse de films dans son offre de base, Apple s'offre non seulement une vitrine de prestige transversale couvrant de multiples genres, mais tente aussi de fidéliser une audience mature qui aime revoir ses classiques entre deux épisodes de nouveautés.
Quid du public français ?
C'est la question épineuse qui brûle les lèvres des spectateurs de l'Hexagone. Si la presse américaine s'en fait l'écho avec un certain enthousiasme, le transfert de ces longs-métrages sur le sol français n'est pas systématique ni immédiat. Le marché mondial des droits de diffusion est un véritable labyrinthe, particulièrement en France où la législation sur la chronologie des médias et les accords exclusifs passés avec d'autres diffuseurs dictent la disponibilité des catalogues.
Il faudra donc faire preuve de patience et scruter les mises à jour de votre application locale dans les jours à venir pour vérifier si E.T. ou La Mémoire dans la Peau (The Bourne Identity) feront le voyage jusqu'à chez nous. Quoi qu'il en soit, cette décision confirme que pour gagner la guerre du streaming, même les plus réfractaires aux contenus sous licence finissent par céder aux sirènes des œuvres de notre enfance !