Alors que la sortie de Grand Theft Auto VI approche à grands pas, 34 anciens développeurs licenciés par Rockstar lancent un appel inédit aux joueurs : ne boycottez pas le jeu, soutenez plutôt leur bataille juridique.
À quelques mois du lancement le plus massif de la décennie, une tempête secoue Rockstar. Mais alors que l'opinion publique s'échauffe et que des appels au boycott germent sur les réseaux sociaux, les premiers concernés prennent la parole pour apaiser les ardeurs de leur propre communauté de fans.
Un appel au soutien financier plutôt qu'au boycott
Ne boycottez pas GTA 6, achetez plutôt un t-shirt pour financer notre justice. C'est en substance le message transmis par les 34 développeurs mis à la porte par Rockstar Games. Dans une vidéo relayée par le syndicat britannique IWGB (Independent Workers' Union of Great Britain), ces travailleurs expliquent vouloir voir les joueurs profiter de l'univers qu'ils ont contribué à bâtir pendant des années.
Les bénéfices de la vente de ces vêtements serviront intégralement à couvrir les frais de justice du groupe face au géant de l'édition. Jack Hoxby, ancien membre de l'équipe licencié l'an dernier, s'est exprimé sur la situation via IGN :
Nous avons consacré des années de notre vie à participer à la création de ce jeu. Nous ne voulons pas que vous le boycottiez. Nous voulons que vous nous aidiez à lutter pour que justice soit faite.
Don’t boycott GTA VI. Fight for justice for the people who made it: youtube.com/shorts/hhIES...
T-shirt preorders open now!
All proceeds from the t-shirts, which are ethically made and designed by us, will go towards the fired Rockstar workers’ legal funds.
bit.ly/4xLc4IP
— IWGB (@iwgbunion.bsky.social) 2026-08-18T07:19:04.905Z
Au cœur du litige : répression syndicale ou fuites d'informations ?
Le conflit repose sur deux visions diamétralement opposées des événements survenus à l'automne dernier. D'un côté, le syndicat IWGB accuse Rockstar d'avoir procédé à des licenciements abusifs pour étouffer l'organisation syndicale naissante au sein de ses locaux. Trente-et-un employés au Royaume-Uni et trois au Canada auraient été congédiés brutalement, sans possibilité de se défendre ni procédure de recours interne.
De l'autre côté, Rockstar et sa maison-mère Take-Two contestent fermement ces accusations de « union-busting ». L'éditeur affirme que ces départs font suite à des violations graves et répétées des clauses de confidentialité. Selon la firme, des éléments confidentiels et des fonctionnalités non dévoilées de GTA 6 auraient été partagés sur un serveur Discord incluant des tiers.
Un procès historique à l'aube du lancement
L'issue de cet affrontement judiciaire s'annonce cruciale pour l'ensemble de l'industrie vidéoludique. Une dernière audience décisive devant le tribunal du travail doit se tenir en septembre, ouvrant la voie à un procès majeur prévu jusqu'en octobre 2026. Les juges ont d'ores et déjà autorisé le syndicat à présenter ses arguments concernant la création d'une éventuelle liste noire de salariés engagés.
Du côté des dirigeants de Take-Two, la sérénité reste de mise. Le PDG Strauss Zelnick a récemment indiqué ne pas s'inquiéter des répercussions de ce feuilleton judiciaire sur les ventes de GTA 6, qui enregistre déjà des précommandes record à travers le monde.