Geist Force : l'incroyable démo qui a marqué l'annonce de la Dreamcast mais n'a jamais vu le jour

Titre original : Ce jeu a sauvé l'annonce de la Dreamcast... mais était-il réel ?

Quand SEGA révèle au monde entier la console qui va succéder à sa malheureuse Saturn, la Dreamcast, différentes démos sont présentées. Certains articles de l’époque évoquent la présence d’un shoot qui a laissé “tout le monde bouche bée”. C’est lui qui a redonné foi en la machine quand Sonic était trop timide pour se montrer, mais il finira oublié de tous.

La Dreamcast et la mystérieuse troisième démo

Pendant l’été 1998, plusieurs magazines annoncent l’arrivée d’une future console de jeux confectionnée par SEGA. Son nom ? La Dreamcast. Son objectif ? Nous faire oublier les déboires de la Saturn et s’imposer auprès des consoles PlayStation de Sony. Au mois de mai 1998, le constructeur japonais à qui l’on doit les épisodes de Sonic le hérisson fait le dos rond. Il sait que les péripéties qui l’attendent dans “la guerre des consoles” peuvent se terminer par une conclusion douloureuse. C’est d’ailleurs ce qui arrivera.

En France, ce sont les numéros de juillet-août 1998 des principaux magazines spécialisés qui parlent pour la première fois de la Dreamcast. Si la majorité des professionnels s’accordent à dire que la présentation de la machine par SEGA fut réussie, nous notons tout de même quelques contradictions. Là où Console+ (n°78) parle de deux démos techniques (la tête de Shoichiro Irimajiri et Babylon), Consoles News (n°24), de son côté, parle d’une mystérieuse troisième démo. Il s’agit d’un “shoot them up” qui aurait laissé l’assemblée “bouche bée”. “Tout le monde était scotché à l'écran lors de sa présentation”, lit-on.

Mais alors, pourquoi cet étrange shoot n’apparaît pas dans tous les comptes rendus de l’événement organisé par SEGA au mois de mai 1998 ? La réponse est simple : il n’y a pas eu un événement Dreamcast, mais deux. Le premier s’est déroulé le 21 mai 1998 à Tokyo, tandis que le second a eu lieu moins d’une semaine plus tard à Atlanta, le 27 mai 1998. La différence majeure entre ces deux événements ? La présence de ce fameux shoot them up.

Ce jeu a sauvé l'annonce de la Dreamcast... mais était-il réel ?

Geist Force : trop beau pour être vrai ?

Dans son livre L’histoire de la Dreamcast, la dernière console de SEGA (Third Edition), Oscar Lemaire revient sur le choc causé par la révélation de ce titre. “Ce n’est qu’une vidéo de trente secondes, d’un shoot’em up qui sort de nulle part”, précise-t-il, mais c'est suffisant pour enthousiasmer l’auditoire. Les magazines ne tarissent pas d’éloges : “tout ce qu’il fallait”, pour Next Generation, “un hymne à la joie” pour Joypad… la démo enflamme les pros.

Il faut attendre quelques mois pour enfin pouvoir mettre un nom sur ce mystérieux soft. Développé par SEGA Product Development, Geist Force est effectivement un rail shooter prometteur aux environnements variés qui rappelle à la fois Star Fox et Panzer Dragoon. Cependant, malgré les propos rassurants de Bernie Stolar, boss de SEGA of America à l’époque, la démo montrée à la presse n’était pas en temps réel. Les vidéos diffusées par la suite, basées sur de vraies versions en développement du titre, restaient impressionnantes sans être aussi renversantes que ce qui fut initialement dévoilé pour impressionner la presse.


SEGA appuie sur le bouton, et c’est le crash

Si vous n’avez jamais entendu parler de Gest Force, c’est tout simplement parce que le jeu a progressivement disparu des radars jusqu’à être annulé sans tambour ni trompette. Son histoire est finalement assez classique et comporte tous les éléments d’une catastrophe annoncée, entre les présentations trop belles pour être vraies, une jeune équipe qui n’a pas encore beaucoup d’expérience et les plannings trop serrés imposés par la maison-mère. Face à de multiples reports, SEGA perd patience et supprime le titre en 1999.

Ce jeu a sauvé l'annonce de la Dreamcast... mais était-il réel ?

Depuis, différents prototypes ont été exhumés, notamment par Laurent Comby. De quoi constater que le jeu était bel et bien jouable au moment de son annulation, même s’il manquait beaucoup de contenu. La build du 23 avril 1999 est accessible par ici, accompagnée de différentes informations. Geist Force, ou l'histoire d'un projet qui a sauvé la présentation de la Dreamcast à l’E3 1998… sans parvenir à se sauver lui-même.