Alors que Grand Theft Auto 6 se retrouve à nouveau au cœur d’une tempête médiatique après des fuites massives, un bien étrange justicier a fait son apparition. Prétendant se dresser contre les dérives de l’industrie pour défendre les joueurs, ce groupe mystérieux masque pourtant des intentions bien moins nobles. Depuis quelques jours, le danger rôde, et pas seulement pour Rockstar Games : les joueurs peuvent se faire avoir à cause de la hype autour de GTA 6…
Un nouveau « justicier » fait son apparition et s’en prend à GTA 6, mais il semble servir son propre intérêt avant tout…
Depuis quelques jours, Grand Theft Auto 6 défraie la chronique, mais ce n’est pas forcément pour les raisons habituelles, et nul doute que Rockstar Games s’en serait bien passé. Le 18 août dernier, le studio de développement est victime d’un grand nombre de fuites, ce qui n’est pas sans rappeler l’hécatombe qui s’est produite en septembre 2022.
Étant donné qu’il s’agit de GTA 6, la situation est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux, allant jusqu’à prendre une ampleur considérable lorsque les hackers ont démontré qu’il avait plus que de simples extraits sous la main. Dans une vidéo, on a pu voir le personnage de Jason, l’un des héros du jeu aux côtés de Lucia, utiliser une arme à feu… pour inscrire le nom du groupe derrière ce « leak ».

Avec cette séquence, les pirates ont éclairci la situation autour de ces fuites : ils détiendraient une build du jeu, et non des portions du jeu récupérées à la volée. De son côté, Rockstar Games a quasi-instantanément pris le taureau par les cornes en dégainant de manière agressive une tonne de DMCA.
En contrant les fuites de cette façon, le studio a également laissé sous-entendre qu’il s’agissait bel et bien d’une version de Grand Theft Auto 6, que certains ont daté de 2024 ou plus tôt. Donc, le groupe en question, prénommé Cyberleek, ne détient pas la « build » qui sera bientôt déployée auprès de tous les joueurs, mais ça n’atténue pas la gravité de la situation.
Depuis la diffusion, l’effet boule de neige se fait sentir. Certains joueurs sont déçus par ce qu’ils ont vu, d’autres ont annulé leur précommande et l’action en bourse de Take-Two Interactive s’est effondrée au point de perdre 2 milliards de valorisation.

Pour Cyberleek, c’est en quelque sorte une victoire, eux qui se sont positionnés comme étant de fervents défenseurs des droits des joueurs. En complément des leaks, ces derniers ont publié leur manifeste, déclarant au passage :
Les éditeurs vendent des licences et les appellent des achats. Ils livrent des jeux inachevés et les appellent des services évolutifs. Ils verrouillent du contenu sur les disques et l'appellent DLC. [...] Chaque année, l'anti-consumérisme resserre son étreinte.
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Cyberleek, le groupe derrière les fuites de GTA 6, s’en met plein les poches et ça donne des idées aux escrocs
Toutefois, derrière cette croisade contre ce qu’ils considèrent comme des dérives de l’industrie, la façade de Cyberleek s’est effritée et beaucoup ont cherché à savoir ce qui dissimulait les actions de ce groupe, et ce n’est pas vraiment reluisant.
Déjà, ce qui a attiré l’attention, c’est la présence d’un énorme QR Code et de liens sur les fuites diffusées, redirigeant les joueurs vers le site de Cyberleek. Pour les plus curieux, il était même possible d’acheter des memecoins baptisés $CYBERLEEK pour découvrir les prochaines fuites autour de GTA 6, et cette stratégie aurait largement porté ses fruits !

Lors du premier jour des fuites, ce fameux « token » (jeton) a généré 11,8 millions de dollars de transactions, rapportant au passage des dizaines de milliers de dollars de frais de transactions aux pirates de Cyberleek. Face à cette zone très grise dans laquelle évolue Cyberleek, d’autres mouvements de contestation et militantistes ont pris leur distance vis-à-vis de ces fuites, à l’image de Stop Killing Games qui a tenu les déclarations suivantes :
N'envoyez pas votre argent à ces gens, quelle que soit la sympathie que vous éprouvez pour leurs actions. C'est illégal (...) Ce type d'action est destructeur et n'aide personne, pire, il risque de ternir la réputation de nos communautés et nos chances de faire changer les choses (auprès des législateurs).
En parallèle de ce chaos médiatique, d’autres individus malintentionnés ont encore plus semé la zizanie sur les réseaux sociaux. Depuis les actions de Cyberleek, une marée de faux comptes a envahi Discord et X (Twitter) pour propager de fausses rumeurs, voire pire.
En raison de la hype qui gravite autour de GTA 6, les cybercriminels s’en donnent à coeur joie. Ces derniers jours, de faux clones de plateformes réputées émergent, promettant de télécharger une « build jouable » du titre de Rockstar.
Le souci, c’est que les fichiers récupérés sont infestés de logiciels malveillants (malwares, ransomwares ou autres chevaux de Troie) dans l’espoir de récupérer de précieuses informations bancaires. Ce sont même les outils de Rockstar Games qui sont imités pour flouer les joueurs.

Dernièrement, des centaines de fausses pages de connexion, pourtant hébergé sur des plateformes légitimes, ont tenté de reproduire le Rockstar Social Club afin de mettre en place un phishing massif et d’intercepter des identifiants de connexion pour, par la suite, pirate les comptes actifs et les revendre sur le dark web.
Face à cette recrudescence, certains acteurs technologiques, à l’image de NordVPN, ont alerté les internautes sur les pièges qui tentent de se refermer sur eux, expliquant que « les fans qui cherchent des fuites ou des clips supprimés atterrissent sur des sites inconnus et font confiance à ce qu’ils trouvent » et que c’est « cette fenêtre que les pirates exploitent ».
Pour l’instant, Rockstar Games n’a toujours pas communiqué sur la situation, et ce à moins d’une semaine de la diffusion d’un extended look sur Netflix, dans un premier temps, puis sur les autres plateformes, quelques heures plus tard.