Je n’ai jamais regretté l’E3. Entre les deux grands salons occidentaux du jeu vidéo, mon choix a toujours été très clair : je préfère la gamescom, son ambiance, sa proximité et surtout ses opportunités pour jouer aux prochains bangers du 10e Art. Et l’édition 2026 semble bien partie pour me donner une nouvelle fois raison.
Dans quelques jours, Cologne va de nouveau être la capitale mondiale du jeu vidéo pour quelques jours. Du 26 au 30 août, la gamescom 2026 accueillera professionnels et joueurs au cours d'une édition qui affiche déjà complet côté exposants. De quoi confirmer la place très particulière occupée par le rendez-vous allemand dans un calendrier profondément bouleversé depuis la pandémie de Covid-19 et la disparition de l’E3.
L’E3 a disparu, la gamescom a survécu
Pendant deux décennies, l’Electronic Entertainment Expo fut le grand rendez-vous des annonces. Constructeurs et éditeurs se retrouvaient à Los Angeles pour présenter leurs futures machines et multiplier les "World Premiere" devant une presse venue du monde entier. Mais le modèle de l'E3 s’est progressivement essoufflé. À partir de 2017, l’événement, historiquement réservé aux professionnels et aux médias, a tenté de s’ouvrir davantage au grand public. La pandémie, l'avènement des conférences en ligne et la capacité des éditeurs à communiquer en direct avec leurs communautés ont accéléré son déclin. Après une dernière édition physique en 2019, l’ESA a annoncé la fin de l’E3 fin 2023.
Le créneau laissé en juin est depuis occupé par le Summer Game Fest, créé en 2020 par Geoff Keighley et devenu un RDV d’annonces incontournables, avec un événement physique organisé en parrallèle à Los Angeles. Mais pendant que l’E3 disparaissait, la gamescom a conservé ce qui fait sa force : réunir dans un même événement professionnels, médias et grand public. Avec 357 000 visiteurs, plus de 34 000 professionnels et 1 568 exposants en 2025, le salon allemand est l'un des plus grands événements gaming au monde. Le ChinaJoy aurait attiré 410 000 visiteurs en 2025. En 2026, pour la première fois, toute la surface d’exposition du Koelnmesse disponible est réservée.

J’ai toujours préféré Cologne
J’ai fait l’E3 une fois, en 2016. J’ai également couvert trois Tokyo Game Show et je m’apprête à vivre ma sixième gamescom. Je suis donc rôdé pour ce qui est des salons de jeu vidéo. Et même avec toute l’aura qui entourait Los Angeles à l’époque, je n’ai jamais ressenti pour l’E3 l’affection que j’ai pour le rendez-vous allemand. La première raison tient simplement à ce que l’on y fait : jouer. L’E3 était formidable pour les annonces, mais une bonne partie des rendez-vous professionnels consistait à assister à une présentation, parfois suivie d’une courte session manette en main. La gamescom a toujours davantage été, à mes yeux, le salon du gameplay. On passe d’un jeu à l’autre, on teste, on compare, on expérimente.
C’est encore plus vrai lorsqu’on quitte la business area pour les immenses halls accessibles aux visiteurs. La gamescom est un salon grand public, pas un rendez-vous professionnel auquel on aurait progressivement greffé des joueurs. Des centaines de jeux y sont accessibles, des blockbusters aux projets indépendants les plus minuscules. Près de 700 titres sont attendus cette année en comptant l’ensemble des espaces et initiatives du salon. Impossible évidemment de tout essayer, mais cette profusion de titres donne une photographie assez fascinante de l’industrie. On peut commencer sa journée devant un AAA attendu depuis plusieurs années et la terminer devant un jeu développé par trois personnes dont on ignorait encore l’existence le matin même. C’est précisément ce que j’attends d’un salon de jeu vidéo.

Il y a aussi une différence bien plus plus terre à terre entre les deux événements. Cologne est à quelques heures de train de Paris. Los Angeles, c’est une douzaine d’heures d’avion, neuf heures de décalage horaire et une logistique autrement plus contraignante. Surtout, l’expérience ne s’arrête pas aux portes de la Koelnmesse. Pendant la gamescom, Cologne vit au rythme du jeu vidéo. Les visiteurs sont partout, les quais et les restaurants débordent de badges, des animations investissent la ville et le gamescom city festival prolonge la fête en centre-ville. En 2025, environ 80 000 personnes ont participé à ce festival parallèle.
C’est peut-être là que se trouve finalement la plus grande différence. À Los Angeles, mon souvenir de l’E3 reste très concentré autour du Convention Center et de sa périphérie — avec le fameux parking occupé par Devolver comme délicieuse anomalie punk. Cologne, elle, donne l’impression d’accueillir la gamescom tout entière. La ville est plus compacte, les joueurs s’y croisent en permanence et le salon ressemble pendant quelques jours à une immense fête du jeu vidéo. L’E3 était l’endroit où l’industrie présentait son avenir. La gamescom est l’endroit où elle vous laisse le toucher du doigt. Et à choisir, j’ai toujours préféré avoir une manette entre les mains.

Les 12 jeux à ne pas manquer à la gamescom 2026
Avec près de 700 jeux à découvrir dans les différents halls publiques de la gamescom 2026, il sera impossible de tout essayer en quelques jours. Plusieurs productions particulièrement attendues devraient toutefois concentrer une bonne partie de l’attention du public, entre suites de licences majeures, retours de séries emblématiques et nouveaux projets ambitieux. Cette sélection de douze titres permet d’identifier rapidement les rendez-vous les plus importants du salon, sans pour autant résumer à elle seule la richesse d’un line-up particulièrement dense.
- ACE COMBAT 8: WINGS OF THEVE
- Alien : Isolation 2
- DRAGON BALL XENOVERSE 3
- EA SPORTS FC 27
- Fable
- Gears of War : E-Day
- Honkai: Nexus Anima
- METRO 2039
- Persona 4 Revival
- Stranger Than Heaven
- The Blood of Dawnwalker
- Total War : WARHAMMER 40,000
Tous les jeux jouables ou présentés au public lors de la gamescom 2026