L’industrie américaine du jeu vidéo vient de traverser un mois de juillet particulièrement sombre. En enregistrant sa pire chute de chiffre d’affaires depuis quatre ans, le marché paye cash le manque de très gros blockbusters et l’attentisme des consommateurs.
Le carton durant le COVID semble bel et bien rangé au rayon des souvenirs pour le marché du jeu vidéo. Alors que l'industrie pensait avoir trouvé un rythme de croisière stable malgré les vagues de licenciements et les fermetures de studios à répétition, les chiffres du marché américain pour le mois de juillet viennent de porter un coup de froid glacial aux analystes. Selon les dernières données du cabinet de suivi des ventes Circana, le secteur a enregistré l'une de ses pires performances mensuelles de la décennie, accusant un repli inédit depuis 2020.
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Une chute historique des dépenses globales sur le marché du jeu vidéo
Les voyants sont au rouge vif sur le marché américain. Les dépenses globales consacrées au jeu vidéo (englobant le matériel, les ventes de jeux physiques et dématérialisés ainsi que les accessoires) ont chuté de manière vertigineuse par rapport à la même période l'année dernière.
Ce coup de frein brutal s'explique en grande partie par une comparaison très défavorable avec les exercices précédents. Les étés antérieurs avaient été portés par des mastodontes commerciaux ou des lancements de consoles comme la Nintendo Switch 2 qui alimentaient une dynamique d'achat soutenue. En juillet, le chiffre d'affaires global a chuté à un niveau si bas qu'il faut remonter au cœur de l'année 2020 pour trouver une trajectoire aussi morose. Un signal d'alarme d'autant plus inquiétant que la période estivale sert traditionnellement de rampe de lancement avant le rush des fêtes de fin d'année.
Un double décrochage autant pour les jeux que les consoles
Aucun secteur de l'industrie n'a été épargné par cette baisse d'activité. Le marché des consoles de salon souffre particulièrement de ce coup de mou généralisé, la PlayStation 5 et la Xbox Series X|S accusant un retard de ventes marqué par rapport à leurs performances passées, tandis que la Nintendo Switch poursuit son ralentissement naturel en fin de cycle.
Le secteur du jeu physique et numérique n'a pas pu jouer son rôle de moteur de secours. Faute de sorties majeures capables de mobiliser les foules au milieu de l'été, les ventes de jeux neufs se sont effondrées, laissant le catalogue s'appuyer presque exclusivement sur les jeux services établis et les microtransactions récurrentes. L'absence de nouveaux "blockbusters" de l'été a laissé un vide que les productions indépendantes ou de seconde zone n'ont pas réussi à combler sur le plan financier. L'ombre de la sortie de Grand Theft Auto VI prévue au départ pour le mois de mai y est sûrement pour quelque chose.
L'arbitrage serré des consommateurs
Face à l'inflation persistante et à la hausse du coût de la vie, les joueurs revoient clairement leurs priorités budgétaires. Le jeu vidéo, longtemps considéré comme un divertissement de premier choix au ratio coût-temps très avantageux, subit de plein fouet les arbitrages des ménages.
L'attente de nouvelles consoles et l'absence de titres rassembleurs incitent les utilisateurs à prolonger la durée de vie de leur catalogue actuel ou à se tourner vers des expériences gratuites (free-to-play). Pour les éditeurs et les constructeurs, ce mois de juillet raté met en lumière une fragilité structurelle : sans nouveautés majeures ou baisses de prix incitatives, le public n'hésite plus à fermer son porte-monnaie en attendant les grosses cartouches de l'automne.