Une esthétique faite d’allumettes et de carton dissimulant un univers impitoyable : Cutout propose un programme tout à fait sympathique entre découpage de membres et dilemme moral. Un projet dévoilé durant le live FYNG tenu aujourd’hui.
Le paysage du jeu indépendant regorge toujours de propositions audacieuses, ou au minimum étonnantes, et celle-ci ne fait pas exception. Cutout, c'est le pari pris par le studio 906 Games et l'éditeur Big Blue Sky Games. À première vue, le projet ressemble à un diorama artisanal imaginé dans une chambre d'enfant. Pourtant, sous cette enveloppe fragile façonnée de papier, de fil et d'objets du quotidien se cache un hack'n slash en défilement horizontal à l'ambiance particulièrement poisseuse.
Dans cet univers oppressant, nous incarnons Lena, une créature faite de papier et dernière-née de la forêt mourante de Learwood. Rejetée par son village qui la considère comme un mauvais augure, l'héroïne se lance dans une quête désespérée pour s'emparer du sceptre d'un roi tyran décédé. Ce précieux artefact, façonné en volant le cœur même de son bois natal, représente sa seule chance de sauver son foyer ou de forcer le respect d'une communauté qui l'a bannie. Un périple amers aux accents de conte fantastique où le rapport à l'identité et la cruauté systémique occupent une place centrale.

Le cut & paste : quand le corps devient un arsenal mobile
La véritable singularité de Cutout réside dans son système de combat viscéral baptisé "Cut & Paste". Ici, l'anatomie des protagonistes comme des antagonistes sert de ressource stratégique principale. Lena a la capacité de trancher les bras et les jambes de ses adversaires pour les greffer directement sur son propre corps. Chaque membre volé modifie la palette de mouvements, les attaques et le style d'exploration de l'héroïne.
Des jambes équipées de bandes Velcro permettent par exemple de grimper aux murs, tandis que des bras surpuissants débloquent des combos. L'expérience invite à une expérimentation constante pour façonner des archétypes sur mesure. Cependant, la créativité a un prix. Les ennemis obéissent exactement aux mêmes règles et peuvent parfaitement mutiler Lena pour lui dérober ses éléments les plus précieux en plein affrontement.

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Un diorama fait de bric et de broc
Les décors et les créatures combinent 2D et 3D en réutilisant des objets familiers dénichés au fond d'un tiroir. Les vis deviennent des armes mortelles, les allumettes se changent en ressources tactiques rares, tandis que l'allure faussement enfantine des personnages accentue par contraste la violence feutrée des situations. Le titre reste visuellement accessible en décomposant ses monstres comme des figures d'origami plutôt que par du sang réaliste.
Actuellement listé sur sa page Steam, Cutout ne dispose pas encore de date de sortie définitive. Les joueurs curieux peuvent d'ores et déjà ajouter ce conte macabre à leur liste de souhaits pour suivre l'évolution du développement de cette intrigue en papier maché.