Il y a des jeux auxquels on joue et que l’on clôture une fois pour toute, puis il y a ceux dont on ne parvient jamais vraiment à s’éloigner. Après 10 ans et plus de 1 000 heures passées sur The Witcher 3: Wild Hunt, je pensais pourtant avoir suffisamment arpenté le Continent… mais l’annonce de sa version remasterisée vient sérieusement remettre cette certitude en question.
Sorti en 2015, The Witcher 3: Wild Hunt fait partie de ces rares jeux auxquels je suis revenue encore et encore, jusqu'à dépasser largement le millier d'heures (je ne saurais même pas vous dire le nombre exact). Quêtes principales et secondaires, contrats de sorceleur, chasses au trésor, tournois de Gwynt (jeu de carte), nids de monstres, combats à main nue, courses de chevaux… après autant de temps, on pourrait raisonnablement penser que je n'ai plus grand-chose à découvrir.
C'était sans compter sur CD Projekt RED, qui vient d'annoncer une nouvelle version Remastered pour le 29 septembre. Et le problème, c'est qu'elle me donne déjà une excellente excuse pour tout recommencer et jouer un millier d'heures supplémentaires... et c'est bien ça qui m'inquiète !
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The Witcher 3 Remasterd, une annonce plus efficace qu'un appât à monstre
Car dépasser les 1 000 heures sur The Witcher 3 ne signifie pas simplement avoir parcouru plusieurs fois la même aventure. Le RPG de CD Projekt RED repose sur un monde suffisamment dense pour que chaque nouvelle partie puisse prendre une couleur différente. Blanchefleur, Velen, Novigrad, Skellige ou Toussaint sont remplis de quêtes que l'on peut manquer, résoudre différemment ou simplement redécouvrir des années plus tard. Et malgré toutes mes parties, il suffit parfois d'une rencontre oubliée, d'un dialogue différent ou d'un chemin jamais emprunté pour avoir l'impression que le jeu possède encore quelque chose à montrer.
Crédits : CD Projekt RED

À cela s'ajoutent évidemment les choix. Certaines décisions prises plusieurs dizaines d'heures auparavant peuvent modifier le destin d'un personnage, l'issue d'une quête ou certains événements ultérieurs. Changer ses réponses, construire Geralt autrement ou simplement choisir une autre manière d'aborder le monde suffit donc à justifier, du moins à mes yeux, une nouvelle partie. C'est précisément ce qui rend le jeu aussi dangereux pour ceux qui ont déjà tendance à y revenir : The Witcher 3 ne donne jamais vraiment l'impression d'être définitivement terminé.
Une excuse parfaite pour jouer 1000h de plus...
J'aurais pourtant pu m'arrêter là. Sauf que cette nouvelle version ne se contente pas d'augmenter la résolution, comme le veut généralement l’usage. CD Projekt RED promet des améliorations des graphismes et des performances, mais également du gameplay. Textures retravaillées, végétation améliorée, nouveaux effets pour les Signes, perfectionnement du ray tracing (rendu de la lumière et des ombres) : le Continent que je connais presque par cœur devrait suffisamment changer pour provoquer cette curiosité du « juste pour voir ».
Le studio promet également de revoir en profondeur plusieurs systèmes de jeu. Les combats doivent gagner en précision et en fluidité, avec de nouveaux finishers (attaques permettant d’achever un ennemi) et une caméra adaptative capable de se rapprocher ou de s'éloigner selon le nombre d'ennemis à l'écran. Les déplacements et la maniabilité d'Ablette ont eux aussi été retravaillés, tandis que les monstres bénéficieront de nouveaux comportements. Mais l'un des plus gros changements concerne l'arbre de compétences : entièrement repensé, il accueillera de nouvelles capacités, modifiera certaines compétences existantes et offrira davantage de liberté dans la création des builds.
Crédits : CD Projekt RED

Surtout, CD Projekt RED a supprimé un dernier argument de poids : le prix. Le Remaster sera proposé gratuitement aux possesseurs de The Witcher 3 sur les plateformes éligibles, tandis que Hearts of Stone et Blood and Wine deviennent également accessibles sans supplément aux propriétaires du jeu de base. Autrement dit, je sais parfaitement comment tout cela risque de se terminer : lancer le remaster « quelques heures pour regarder » le 29 septembre, et soudainement me demander pourquoi c’est bientôt Noël.
The Witcher 3 Remastered va-t-il corriger les défauts du jeu original ?
Mais au-delà du plaisir de retrouver le Continent, je me demande jusqu'où CD Projekt RED a profité de ce remaster pour gommer les défauts que l'on finit forcément par connaître par cœur après autant d'heures. Au hasard : l'océan de « ? » au nord de Skellige aura-t-il été allégé ? Les déplacements maritimes seront-ils plus efficaces, avec davantage de points de voyage rapide ? Mais surtout, même si cela est promis par le studio, Ablette acceptera-t-il vraiment de suivre une route sans se coincer contre la première barrière venue ? La mise à jour next-gen avait déjà tenté de rendre la carte moins étouffante en masquant certains marqueurs par défaut et avait fortement réduit les fameux dégâts de chute de Geralt, mais il reste largement de quoi moderniser l'expérience.
Crédits : FilippusRex (via Reddit)

Et puis il y a toutes ces petites choses qui ne gênent pas forcément lors d'une première partie, mais qui deviennent terriblement visibles après plusieurs centaines d'heures. J'aimerais que l'exploration soit davantage récompensée, histoire de ne plus ouvrir un coffre pour y trouver une 517ème épée longue de Velen (dont il convient de rappeler qu’il s’agirait d’un “objet rare”), bonne à revendre. Et encore. Mais ceci impliquerait de trouver un marchand ayant encore suffisamment de couronnes pour me l'acheter, sous peine de devoir méditer 5 jours d’affilée en attendant que sa bourse se remplisse.
J'aimerais aussi découvrir davantage de comportements et de réactions chez les PNJ, dont les routines et animations finissent inévitablement par se répéter. Ce sont des détails, certes, mais quand on connaît presque chaque recoin du jeu, ce sont précisément ces détails qui pourraient donner l'impression de reprendre la Voie pour la première fois.