Avec son habillage digne des meilleurs animes des années 80 et son programme 100% coop, Orbitals a tout pour séduire sur le papier. Mais que vaut vraiment ce voyage spatial à deux sur le terrain ?
Ça fait toujours un bien fou de voir débarquer des propositions comme Orbitals sur nos machines. Dans un paysage saturé par les débats autour de l'IA et du DLSS, la nouvelle production coopérative éditée par Kepler fait le pari d'une direction artistique rétro-animée, entièrement réalisée à la main, pétrie de bons sentiments et sublimée par un doublage français intégral (une denrée rare par les temps qui courent ?). Dès les premières minutes, l'impression d'immersion dans un anime des années 80/90 est immédiate, et la présence de la voix iconique de Brigitte Lecordier accentue ce doux sentiment de nostalgie.
Outre cette esthétique aguicheuse et son doublage chevronné, le titre s'appuie sur une bande-son fantastique truffée de morceaux chantés, parfaitement ancrée dans la science-fiction d'époque. On croirait parcourir une véritable déclaration d'amour à Cowboy Bebop, Sailor Moon ou parfois aux productions du Studio Ghibli. Visuellement, le soin du détail s'étend jusqu'à l'intégration d'un léger grain de pellicule, tandis que les animations sont volontairement calées sur du 12 ou 24 images par seconde pour restituer le charme de l'animation traditionnelle. On a qu'une envie : plonger dedans.

Une formule Hazelight sauce anime
Digne héritier d'un It Takes Two ? Derrière Orbitals se trouve le réalisateur Jakob Lundgren, ancien level designer de chez Hazelight Studios, justement (A Way Out, It Takes Two, Split Fiction). On retrouve immédiatement cette griffe dans la structure de l'aventure, intégralement fondée sur la coopération et la résolution de puzzles environnementaux.
C'est l'un des points forts du jeu : Seul l'hôte a besoin d'acheter le jeu complet. Il lance la session GameShare pour inviter son partenaire.
- Compatibilité multi-consoles : Fonctionne en local (même avec une Switch classique ou Lite qui reçoit le flux) ou à distance en ligne via le système GameChat.

Le joueur y incarne Maki, une exploratrice intrépide, et Omura, son partenaire extraterrestre plus flegmatique. Amis d'enfance ayant survécu à la destruction d'une précédente colonie, le binôme doit évacuer sa station spatiale vieillissante frappée par une tempête cosmique afin de trouver des secours pour une poignée de rescapés (tout autant veillissants...).
Contrairement aux productions de Josef Fares où chaque joueur conserve des capacités fixes, Orbitals permet d'échanger sacs à dos et gadgets entre chaque mission, une excellente idée pour renouveler le gameplay. Les énigmes s'articulent autour d'outils bien pensés comme le grappin à débris, le canon à métaux ou le pistolet à eau.
Côté prise en main, si l'absence d'axe vertical facilite les déplacements pour les néophytes, le level design exige une observation constante de l'environnement. Notez d'ailleurs que l'aventure se jouant entièrement en écran splitté, il vaut mieux privilégier un bon grand écran pour garder une lisibilité optimale de l'action en duo. Les casse-têtes demandent un réel sens de l'analyse, un timing rigoureux et une bonne dextérité, rendant l'expérience plus exigeante qu'il n'y paraît. La solution étant rarement explicite, il faudra régulièrement se creuser les méninges : alors que je pensais l'expérience plus abordable qu'un It Takes Two en début de partie, il n'en fut rien.

Rythme et difficulté : un niveau d'exigence inattendu
Il y a quand même quelques couacs. Malgré ses qualités, le jeu n’est pas suffisamment bien proportionné et accuse un souci de rythme. Bien que l'aventure se boucle en moins de dix heures, ce qui permet de petites sessions bien calibrées à deux, je n’ai cessé de compter les allers-retours déboussolants entre les mêmes portes, les tâches de maintenance et les réparations de moteurs avec, en toile de fond, un scénario qui peine à s'affirmer vraiment. Il faut attendre le troisième acte pour que l'aventure décolle enfin réellement, offrant alors quelques moments sublimes, une longue séquence animée et une poignée de combats de boss particulièrement réussis. Une régularité que l’on aurait aimé retrouver bien plus tôt.
Malgré ces écueils de construction, le charme opère et le plaisir de jeu reste intact d'un bout à l'autre. Une proposition imparfaite mais généreuse, qui prouve que la coopération conçue avec passion a encore de beaux jours devant elle.
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Conclusion
Points forts
- Direction artistique au top
- Bande-son immersive
- Gameplay coopératif inventif et équilibré
- Un vrai défi d'analyse
- Pass ami très avantageux
Points faibles
- Soucis de rythme et répétitivité
- Un scénario qui peine parfois à briller
Note de la rédaction
En dépit de ses errements de rythme et d'une narration qui manque parfois d'envergure, Orbitals s'impose comme une proposition généreuse et incarnée. Visuellement somptueuse et habitée par une véritable amour de l'animation à l'ancienne, cette aventure coopérative réserve un vrai défi de réflexion et de coordination à deux, bien plus corsé que son enrobage réconfortant ne le laisse deviner. Une belle expérience à partager sur grand écran pour tout duo d'explorateurs en quête de nostalgie et de méninges en surchauffe.